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Regard critique · Justice sociale

La Belgique va accueillir des réfugiés irakiens victimes de la guerre

Début septembre, la Belgique accueillera pour la première fois cinquante réfugiés irakiens séjournant actuellement dans des camps de réfugiés enSyrie et en Jordanie.

14-07-2009 Alter Échos n° 277

Début septembre, la Belgique accueillera pour la première fois cinquante réfugiés irakiens séjournant actuellement dans des camps de réfugiés enSyrie et en Jordanie.

La réinstallation ou resettlement vise les personnes qui, fuyant leur pays d’origine, échouent dans un premier pays d’accueil qui ne peut leur offrir la protectionadéquate. C’est l’UNHCR (le Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU) qui propose de réinstaller ensuite ces personnes dans un autre pays prêt à leuroffrir un accueil permanent. La décision d’entamer la réinstallation de réfugiés irakiens en Belgique a été prise par le gouvernement fédéralau mois de février 2009. Un tel engagement, certes après de longues tergiversations, semble en soi une petite révolution vu le contexte actuel de la politique d’asile. Le cadreplus large est un projet européen visant une approche commune pour les réfugiés irakiens  ; il s’agit d’en accueillir 10 000 dans l’Union. Une aide financière estprévue via le Fonds européen des réfugiés.

Dans une interview accordée au Soir, la ministre de la Politique de migration et d’asile, Annemie Turtelboom (Open VLD), indiquait que l’expérience pourrait aussis’étendre à terme à d’autres nationalités  : « Les Pays-Bas ont ainsi réinstallé des réfugiés en provenance de Thaïlande,du Népal, de Somalie. Nous pourrons à l’avenir décider si on se limite aux réfugiés irakiens ou si on noue une collaboration avec d’autres pays, sur lesrecommandations du HCR. »

Actuellement, onze pays dits « de réinsertion » ont développé une expertise sur cette question  : Australie, Canada, Danemark, Finlande, Irlande,Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Norvège, Suède, Royaume-Uni et États-Unis. La procédure de réinstallation a ceci de particulier qu’elle peut êtreanticipée dans le détail. Une fois sélectionnés, les candidats du camp de réfugiés peuvent se préparer à la vie du pays tiers qui sera leurdestination, ceci avec la collaboration de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations). Les modalités d’accueil varient d’un pays à l’autre.C’est ainsi qu’au Royaume-Uni, après une brève période introductive, les réfugiés sont accueillis dans le logement qui leur est destiné. Ilsbénéficient également d’une aide pour l’apprentissage de la langue, la vie quotidienne, l’administration personnelle, la recherche d’emploi, etc. AuxPays-Bas, par contre, les réfugiés commencent par résider dans un centre d’accueil spécialisé avant de passer, après 4 à 6 mois, à unlogement individuel1.

L’accueil en Belgique

Du 2 au 14 mai, une délégation de Fedasil2 et du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA)3 s’est rendue en Syrie eten Jordanie. Les réfugiés irakiens sélectionnés (des femmes seules ou avec enfants) ont été interviewés et informés de ce qui les attend enBelgique. Selon Fedasil, chargé de l’accueil de ces réfugiés, ils seront hébergés dans un premier temps dans deux centres d’accueil, Saint-Trond etPondrôme (Beauraing). « Ils seront logés séparément des autres résidents et recevront une préparation à la vie en Belgique et à lascolarité, explique Benoît Mansy, porte-parole de Fedasil. Ensuite, une fois sortis, ils seront accompagnés par des organisations qui s’occuperont de leur encadrement et deleur intégration, mais celles-ci ne seront désignées par le comité de sélection du Fonds européen des réfugiés que vers lami-juillet. » En ce qui concerne la recherche de logements après le séjour en centre, rien n’est encore précisé au stade actuel.

Quant au statut de séjour, le porte-parole du CGRA, Damien Dermaux, apporte les précisions suivantes  : « Les gens réinstallés se verront octroyer lestatut de réfugié, avec tous les droits que cela comporte, comme le permis de séjour permanent. Pour travailler, en tant que réfugié reconnu, un permis de travailn’est pas nécessaire. »

Par ailleurs, Fedasil mettra en place un comité de pilotage pour suivre et évaluer l’accompagnement et l’intégration des réfugiés.

1. Extrait du communiqué de Bon, « Intégration et réinstallation  : appel à la vigilance », consultable sur le site www.bonvzw.be/
2. Fedasil :
– adresse :rue des Chartreux, 21 à 1000 Bruxelles
– tél. : 02 213 44 11
– courriel : info@fedasil.be
– site : www.fedasil.be
3. CGRA (Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides) :
WTC II
– adresse : bd du Roi Albert II, 26 A à 1000 Bruxelles
– tél. : 02 205 51 11
– courriel : cgra.info@ibz.fgov.be
– site : www.cgvs.be

catherinem

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