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Journée des insertions : Le partenariat bénévole/professionnels – services publics/associations

Les bénévoles, on en parle beaucoup actuellement, puisque leur statut fera prochainement l’objet d’une loi d’application à parti du 1er août 2006. Mais sileur aide s’avère souvent précieuse, l’articulation avec les professionnels peut s’avérer parfois problématique.

19-05-2006 Alter Échos n° 209

Les bénévoles, on en parle beaucoup actuellement, puisque leur statut fera prochainement l’objet d’une loi d’application à parti du 1er août 2006. Mais sileur aide s’avère souvent précieuse, l’articulation avec les professionnels peut s’avérer parfois problématique.

Ainsi, cette expérience du Casu (centre d’action sociale d’urgence à Bruxelles)1, qui a sa création, a disposé d’un nombre conséquent debénévoles, parfois plus nombreux que l’équipe permanente. “Nous avions des bénévoles de bonne volonté mais qui n’étaient pas formés ets’investissaient trop ou mal avec les personnes qui fréquentaient le Casu, allant jusqu’à héberger certains ou à donner des rendez-vous en dehors des murs du Casu, il n’yavait plus de limites, explique Pascale Perreita, directrice du Casu. Il y avait clairement dérive dans la méthode de travail et si certains ont obtenu des résultats fabuleux,pour d’autres, les situations sont devenues catastrophiques. Il manquait à ces bénévoles une formation à la rencontre avec l’autre. Nous avons dû mettre leholà et avons continué à travailler avec des bénévoles “professionnels”, c’est-à-dire des médecins et spécialistes de Médecins du mondepour nos permanences médicales et des bénévoles de la Croix-Rouge pour la maraude qui eux sont formés au secourisme mais à qui nous donnons également uneformation.” Une réalité rencontrée par d’autres associations présentes au débat.

De l’action coordonnée à l’action concertée

Quant au partenariat public/associations, il semble se répandre de plus en plus, d’abord par nécessité, parfois plus si affinités. “Le CPAS ne peut faire face àtout, constate David Lambert en charge du dispositif d’urgence sociale du CPAS de Charleroi2 nous avons donc commencé par un partenariat de fait ; puis nous avons étéamenés à nous rencontrer au sein du Relais social de Charleroi, il a fallu apprendre à se connaître ; ensuite encore, on a développé des projets ensemble, nousavons maintenant une équipe nocturne mixte, c’est-à-dire que notre équipe se rend la nuit dans la rue avec des éducateurs de Charleroi Rue. Les services se sontcoordonnés pour aller voir sur le terrain les personnes qui ne se rendent pas dans les abris de nuit. Nous sommes passés petit à petit d’une action coordonnée à uneaction concertée. Certes, chacun garde ses spécificités mais il y a des débats qui se font ensemble. Par exemple : quel type d’infos s’échange-t-on sachant que lesCPAS ont aussi dans leur mission un objectif de contrôle, ce qui n’est pas le cas de l’associatif mais que le CPAS peut aussi se ménager une petite marge d’indépendance ?”

Pour Josette Deltour du dispositif d’urgence du CPAS de Liège3, le partenariat, s’il s’avère difficile, comporte aussi énormément de richesse. “Notre serviced’urgence est basé au CPAS car nous avons à disponibilité un local, un GSM, un véhicule mais nous avons autour tout un partenariat associatif qui s’est construit. Audépart, par le biais de conventions et puis le Relais social est arrivé pour coordonner l’ensemble.” Une mise en place du Relais social qui a permis, selon Brigitte Collard, directricede la Maison d’accueil des sans-logis, de faciliter les choses sur le terrain.

Des regrets aussi de la part de ce bénévole de Saint-Vincent de Paul souvent confronté à l’envoi de personnes qui avaient sollicité une aide du CPAS : “Il n’estpas rare que le CPAS mette parfois jusqu’à un mois à répondre à une demande d’intervention. En attendant la décision sur un dossier, vu l’urgence de la situation,ils nous envoient les personnes pour un colis alimentaire, mais sans aucune concertation préalable. Il est communément admis, apparemment, au CPAS, que nous pallions le manque derapidité de l’institution publique, et on ne trouve même plus normal de nous contacter auparavant. Là, il y a clairement un manque de partenariat et de concertation.”

Une contamination saine

Yvon Henry, responsable du Relais social liégeois4, souligne quant à lui les différences dans la manière de concerter entre public et privé. “Dans lepublic, pour être caricatural, les décisions sont souvent pyramidales, imposées du haut vers le bas. Dans les situations d’urgence, il est difficile de travailler comme cela. Onne peut attendre des décisions d’en haut. On se concerte, le fait de construire des réseaux amène à prendre des décisions qualifiées d’horizontales. Un deseffets induits actuellement des partenariats public-privé, c’est que les services publics et les grosses associations sont petit à petits contaminés. Mais le passage du terrainvers les décideurs reste un enjeu important. Souvent le courant passe entre travailleurs mais ça bloque au-dessus.”

Pour Michelle Maréchal, du service “aide locative” du Fonds du logement des familles nombreuses de Wallonie, il existe aussi un autre obstacle au partenariat : “Il n’est pas toujoursévident que les travailleurs sociaux sur le terrain soient convaincus du partenariat. On l’est dans la hiérarchie mais pas au niveau des assistants sociaux par exemple. S’ils ne sontpas intégrés, informés, alors, on reste dans l’individuel et le partenariat demeure une coquille vide.”

Enfin, à noter qu’en marge du sujet, un appel pressant a été lancé pour obtenir plus de chiffres sur l’action sociale. Une absence de chiffres qui selon PascalePerreita, directrice du Casu, ne permet pas d’évaluer les évolutions, ni d’avoir de vision prospective. Un appel relayé par Christine Ruyters de l’Iweps (Institut wallon del’évaluation, de la prospective et de la statistique) qui témoigne du manque de coordination et de partenariat, – on y revient, entre le fédéral, le régional et lescommunes pour communiquer leurs chiffres et par là permettre des évaluations dans le cadre du plan d’inclusion social européen.

1. Casu, rue du Petit Rempart, 5 à 1000 Bruxelles – tél. : 0800 99 340.
2. CPAS de Charleroi, Urgence sociale, bd Zoé Drion, 21 à 6000 Charleroi – tél. : 071 32 12 12 – site : http://www.cpascharleroi.be/
3. CPAS de Liège, place Saint-Jacques, 13 à 4000 Liège. Urgence sociale, rue du Vertbois 86 à 4000 Liège – tél. : 04 221 13 13.
4. Relais social de Liège, rue Lonhienne, 2 à 4000 Liège – tél. : 04 223 78 73.

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