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"Jobcoaching : nouvelle approche et appel à projets pour le placement et le maintien dans l'emploi"

02-07-2001 Alter Échos n° 101

Le 19 juin, la ministre Arena et la Fondation Roi Baudouin organisaient à Namur une matinée de travail sur le jobcoaching. Il s’agissait d’un débat préparatoire aux sixexpériences pilotes qui seront lancées à la fin de l’année en la matière1.
De quoi parle-t-on ?
Le jobcoaching « consiste en une intervention auprès du travailleur et de l’employeur, pendant la recherche d’emploi ou de personnel, au moment de l’embauche et au début de lapériode d’emploi. Dans une perspective d’insertion socioprofessionnelle, le jobcoaching complète d’autres actions favorisant l’insertion ». C’est donc une démarche plus globale etplus soutenue que l’aide à la recherche d’emploi, que l’accompagnement de stage en formation en alternance, que le tutorat ou que le parrainage en entreprise, même s’il peut lescompléter.
Pour Françoise Pissart, directrice à la Fondation Roi Baudouin, cette approche est intéressante pour plusieurs raisons.
> Elle permet d’envisager un accès plus direct à l’emploi pour les chômeurs de longue durée, etc., qui constituent le « noyau dur » persistant du chômage.
> Elle laisse entrevoir la possibilité de dépasser certaines limites des actions actuelles. En effet, d’après une étude en cours pour l’Agence FSE, deux ansaprès leur formation, 22 % des ex-stagiaires seraient toujours en situation précaire (dont cinq fois plus de femmes que d’hommes). Un stagiaire qui a au plus terminé ses primairesn’aurait que 32 % de chances d’avoir trouvé un emploi deux ans après sa formation.
> Les critères de recrutement utilisés par les employeurs sont souvent inappropriés : leurs attentes portent avant tout sur la flexibilité, la personnalité et laculture d’entreprise, ce qui contribue à un roulement significatif du personnel nouvellement engagé.
> ÷’accompagnement individuel demande de l’investissement mais donne des résultats. Ainsi, dans le cadre d’un précédent projet en matière d’outplacement(« Perspectives »), la Fondation a noté plus qu’un doublement des chances de retrouver un emploi.
Discussion et illustration
Le débat a fait ressortir deux positions pas nécessairement contradictoires :
> d’une part que l’approche du jobcoaching permettrait de valoriser et de structurer le travail que les différents opérateurs font en fin de formation ou de mise à l’emploi, »une phase où tout le monde bricole » ;
> d’autre part que du jobcoaching, « tout le monde a déjà l’impression d’en faire peu ou prou ».
La ministre Arena a confirmé cette perspective en rassurant les participants qui étaient nombreux à afficher leur crainte de voir débarquer un acteur de plus dans le champde l’insertion, alors que les créations les plus récentes, comme les maisons de l’emploi, n’ont pas encore acquis de contours délimités. Pour la ministre, les six projetspilotes qui sont attendus doivent clairement consister en renforcements d’acteurs et de fonctions déjà existants. La méthodologie qui sera formalisée sur la base d’uneévaluation de ces six expérimentations pourra alors être proposée « pour améliorer la qualité de toutes les actions d’insertion ».
Autre argument pour Marie Arena, une telle approche du placement est aussi « un moyen d’accompagner le responsable de l’entreprise, le DRH ou le chef d’équipe », puisqu’il permet auxprofessionnels de l’insertion de mettre un pied dans l’entreprise, d’en voir la réalité concrète de l’intérieur, et donc de pouvoir y proposer des solutions aux multiplesproblèmes rencontrés par les nouveaux travailleurs, dans les toutes premières semaines après l’embauche. Problèmes de relation entre nouveaux et ancienscollaborateurs, ou de rapports à la hiérarchie, questions de garde d’enfants ou de mobilité entre le domicile et le travail, aspects plus psychosociaux, le jobcoaching permet des’attaquer à une multiplicité de facteurs qui fragilisent le maintien dans l’emploi.
L’appel à projets
La ministre et la Fondation proposent donc à six organismes d’insertion de se lancer dans le jobcoaching2ý Le soutien est important : par projet, une subvention qui couvre unéquivalent temps plein et 800.000 francs de frais de fonctionnement de décembre 2001 à décembre 2002. Avec comme contrepartie l’accompagnement individuel de 20 stagiaires(chômeurs de longue durée, etc.) et la participation à l’évaluation de l’action.
1 Cabinet de la ministre de l’Emploi et de la Formation, Cristina Gonzalez, rue Moulin de Meuse 4 à 5000 Namur, tél. : 081 23 47 11, fax : 081 23 47 78. FRB, Paul Maréchal, rueBrederode 21 à 1000 Bruxelles, tél. : 02 511 18 40, fax : 02 511 52 21, e-mail : infonet@kbs-frb.be
2 Le compte rendu de la matinée de travail et les documents relatifs à l’appel à projets (candidatures à rentrer pour le 15 septembre) sont disponibles à la FRB ousur son site Web : http://www.kbs-frb.be

Thomas Lemaigre

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