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Environnement/territoire

Jacques Teller : « Avec le changement climatique, il est fort probable que les inégalités environnementales liées aux inondations s’exacerbent »

En 2005, l’ouragan Katrina, dont les principales victimes furent les plus pauvres et les minorités ethniques, mettait en lumière de façon criante les inégalités face aux catastrophes naturelles. À l’Université de Liège, on se penche sur la question de l’exposition des populations moins favorisées au risque d’inondations. Catastrophes qui devraient augmenter en nombre et en intensité en raison du changement climatique. Interview de Jacques Teller, professeur d’urbanisme et directeur du laboratoire LEMA (Local Environment Management and Analysis).

Alter Échos: Le concept de justice environnementale est né aux États-Unis dans les années 80, mettant en évidence la surexposition des minorités ethniques aux risques environnementaux. Depuis quand y a-t-il des recherches sur le sujet en Europe et en Belgique?

Jacques Teller: Dans les pays anglo-saxons et en particulier aux États-Unis, cette notion d’Environmental Justice est liée à tout le mouvement autour des droits des minorités ethniques. En Europe, on parle davantage d’inégalités environnementales. Depuis une bonne vingtaine d’années, des recherches sont menées dans les champs de la géographie, de la sociologie, des sciences politiques sur la question du cumul des handicaps, autrement dit le fait que des populations plus fragiles sont aussi soumises à un plus grand risque en matière environnementale. En Belgique, le logement reste un facteur très déterminant en matière d’inégalités environnementales. Le logement précaire est associé aux populations les plus défavorisées, avec une forme de compensation entre mauvaise qualité du logement et bonne accessibilité au réseau de mobilité. 

AÉ: Dans son travail de fin d’études1, Clémence Poussard a cherché à objectiver l’exposition au risque d’inondation par débordement en fonction du niveau socio-économique de la population dans la province de Liège. Comment s’y est-elle prise?

JT: Pour analyser les inégalités environneme...

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Alter Échos: Le concept de justice environnementale est né aux États-Unis dans les années 80, mettant en évidence la surexposition des minorités ethniques aux risques environnementaux. Depuis quand y a-t-il des recherches sur le sujet en Europe et en Belgique?

Jacques Teller: Dans les pays anglo-saxons et en particulier aux États-Unis, cette notion d’Environmental Justice est liée à tout le mouvement autour des droits des minorités ethniques. En Europe, on parle davantage d’inégalités environnementales. Depuis une bonne vingtaine d’années, des recherches sont menées dans les champs de la géographie, de la sociologie, des sciences politiques sur la question du cumul des handicaps, autrement dit le fait que des populations plus fragiles sont aussi soumises à un plus grand risque en matière environnementale. En Belgique, le logement reste un facteur très déterminant en matière d’inégalités environnementales. Le logement précaire est associé aux populations les plus défavorisées, avec une forme de compensation entre mauvaise qualité du logement et bonne accessibilité au réseau de mobilité. 

AÉ: Dans son travail de fin d’études1, Clémence Poussard a cherché à objectiver l’exposition au risque d’inondation par débordement en fonction du niveau socio-économique de la population dans la province de Liège. Comment s’y est-elle prise?

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Marinette Mormont

Marinette Mormont

Coordinatrice web, contact freelances, journaliste (social, santé, logement).

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