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"Grâce au théâtre, l'exclu n'est plus "Persona non grata""

07-05-2001 Alter Échos n° 97

Parce que l’on est ou que l’on se sent “exclu”, il est parfois difficile de s’exprimer voire de trouver une oreille attentive. Contrairement aux apparences, ces exclus ont deschoses à dire. “Et il faut que la société le sache !”, lance Giuseppe, agent de prévention et de sécurité à Mons (APS, employé en ALE, agencelocale pour l’emploi). Membre du Théâtre du Mercredi1, il a émis le souhait, ou plutôt s’est lancé le défi, voici trois ans, de monter unepièce sur le thème de l’exclusion.
Dans un premier temps, il parvient à réunir un petit groupe composé d’autres APS, d’étudiants du conservatoire, mais aussi de personnes au statut socialprécaire (chômeurs, minimexés) placées ou non en ALE. L’équipe de huit ou neuf personnes, ainsi constituée, commence les répétitions enmars 2000 sous la supervision de l’asbl à vocation théâtrale Novembre Flou2 et des animateurs extérieurs3. Des propositions de textes sur l’exclusion, descompositions musicales, les visions des comédiens eux-mêmes fournissent la base du travail4.
En octobre, le projet prend une autre direction : redynamiser le groupe dans la perspective d’un travail théâtral représentable mais non définitif. Le spectacle,intitulé Persona Non Grata, sera joué en mai 2001 à la Fabrique de Théâtre5.
“L’accueil du spectacle par la Fabrique, c’est la première étape d’un travail beaucoup plus long. La première étape était centrée plus surla valorisation des acteurs, individuellement et collectivement, que sur un aboutissement de la démarche théâtrale. S’arrêter à Persona Non Grata, ce seraitamputer une partie du travail”, confie Jean-François Lermusieau, de l’asbl Novembre Flou.
Michel, un des comédiens, conclut : “Nous souhaitons contribuer à faire sortir les gens de l’ombre, de l’isolement total. Nous avons le droit d’être un peu dansla lumière, sans qu’aucun critère de race, de statut, d’État ou de culture ne vienne freiner notre aventure. Et c’est là que nous avons pris plaisirà participer…”
1. Un groupe de personnes qui se réunissent le mercredi pour faire du théâtre.
2. Jean-François Lermusieau, tél. : 065 33 51 09.
3. De mars à décembre 2000, le groupe reçoit une aide exceptionnelle du Fonds social européen afin de payer les stagiaires (à raison de 40 F/heure) et lesanimateurs. La Direction générale des affaires culturelles du Hainaut prendra la relève de janvier à mai 2001. Le projet reçoit également le soutien duCentre culturel de Mons.
4. Avec la découverte d’autres formes d’exclusion que le chômage ou la misère urbaine : la manipulation mentale, le sentiment d’être apatride ou ledeuil…
5. À la Bouverie, les 17, 18 et 19 mai, il s’agira d’une vraie première pour certains d’entre eux, qui n’ont jamais joué sur une scène dethéâtre. 100 F pour le 3e âge, les handicapés, les chômeurs et les minimexés. 200 F pour les autres. La société Age d’Or Service propose unaccompagnement gratuit aux personnes du 3e âge qui le souhaitent

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