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Fonds du logement wallon : des partenariats croissants sur le terrain

Ce 22 juin, le Fonds du logement wallon (FLW)1 organisait une journée de rencontres entre tous les organismes de logement à finalité sociale (OFS). Collaborationsexistantes et potentielles étaient à l’honneur. Il s’agissait de voir comment améliorer les synergies entre les OFS entre elles et avec le Fonds.

02-07-2006 Alter Échos n° 211

Ce 22 juin, le Fonds du logement wallon (FLW)1 organisait une journée de rencontres entre tous les organismes de logement à finalité sociale (OFS). Collaborationsexistantes et potentielles étaient à l’honneur. Il s’agissait de voir comment améliorer les synergies entre les OFS entre elles et avec le Fonds.

Sous la précédente législature, le FLW s’était vu attribuer de nouvelles missions. Il s’était vu ainsi confier celle d’agréer les OFS lesquels regroupenttrois types d’asbls : les AIS (agences immobilières sociales) qui réintroduisent des logements salubres privés dans le circuit locatif au bénéfice de ménagesà revenus modestes ; les APL (associations de promotion du logement) qui ont pour but de « contribuer à la mise en œuvre du droit à un logement décent »par le biais de la mise à disposition de logements, d’assistance administrative, technique ou juridique, ou encore en développant des projets expérimentaux ; et les RDQ(Régies de quartier) ayant pour objectif « l’amélioration des conditions de vie à l’intérieur d’un ou de plusieurs quartiers d’habitations, par la mise enœuvre d’une politique d’insertion intégrée. »

Une logique de réseau

Cette réforme a permis au Fonds de devenir un acteur de premier plan dans le cadre d’une logique de réseaux. Il a mis sur pied un forum – baptisé Elis – pourfavoriser les échanges. Il regroupe 29 Régies de quartier, 21 AIS, 9 APL et le Fonds. Pour Vincent Sciarra, directeur général adjoint du FLW en charge des OFS, lesobjectifs de la journée visent à permettre aux OFS d’une même région de mieux se connaître en vue de créer des partenariats. En effet, des AIS sont membres desRDQ, des entretiens de logements peuvent être réalisés par des Régies. Ces dernières peuvent encore réaliser des chantiers de formation sur des logementsd’AIS, d’APL ou du Fonds pour des stagiaires locataires de ce type de logement. Le Fonds peut octroyer aussi des prêts et des subventions à la rénovation. Enfin, 130 logements duFLW ont été confiés en gestion aux OFS.

Témoignages AIS et RDQ

Vinciane Nyssen, gestionnaire de l’AIS Ourthe Amblève, pointe la difficulté de trouver des partenaires en milieu rural où il n’existe ni APL, ni RDQ. Le seul partenariatconcret que l’Aisoa a pu monter est avec l’Aide locative du FLW de Liège via le Plan HP (Plan d’action pluriannuel relatif à l’habitat dans les équipements touristiques), quipermet au Fonds d’acquérir des logements dans une région où elle n’en compte aucun – plus précisément à Aywaille et Sprimont. Une maison de troischambres est gérée par l’AIS et 10 logements sont en cours de rénovation.

À Mouscron, la Régie de quartier a développé un partenariat avec la branche montoise de l’Aide locative du Fonds. Il s’est développé dans le contexte del’émergence d’une ZIP (zone d’intervention prioritaire) pour la rénovation d’un quartier. Ici, le partenariat valorise la RDQ en lui offrant une palette d’activités. Il permetégalement aux stagiaires « de participer activement à la rénovation de leur quartier et participe ainsi à la reconnaissance des stagiaires au sein de leur quartier» ou encore de se faire connaître par des entrepreneurs. La RDQ invite l’AIS de Mouscron à se joindre au partenariat.

Pour leur part, la Régie d’Enghien et l’AIS de Soignies ont construit leur partenariat tout naturellement, leur complémentarité leur semblant couler de source. D’une part,Enghien a besoin de logements pour les jeunes, les loyers étant de plus en plus inabordables compte tenu de la proximité de Bruxelles. Quant à l’AIS, la seule personne ytravaillant peut maintenant compter sur l’appui de la Régie. Elle ne doit pas non plus multiplier les déplacements entre Soignies et Enghien, le personnel de la RDQ pouvant intervenirdans cette dernière commune.

Expériences d’APL et du Fonds

De son côté, Michèle Maréchal de la branche liégeoise de l’Aide locative du FLW, souligne la plus-value apportée par les partenariats : « Ils sontutiles parce qu’on peut se retrouver face à des situations familiales complexes ou face à des situations de logement complexes. » Les deux pôles de l’Aide locative,architecture (création de logement) et activité locative (accompagnement technico-social personnalisé), sont complémentaires des activités des OFS. Il y a desplus-values en termes quantitatifs, puisque cela permet d’avoir plus de logements, ou encore qualitatifs, en stimulant à bien faire. « Il est clair que certaines choses n’ont pas pris,parce que certains ont peur de perdre du temps, alors que bien souvent le partenariat permet de gagner du temps par la suite. Certains ont aussi peur de perdre leur autonomie ou de devoir sedévoiler. » Pour réussir, il faut donc des objectifs communs, de la complémentarité et respecter les acteurs. Les partenariats peuvent aussi êtreétendus à d’autres acteurs de l’insertion socioprofessionnelle par exemple.

L’APL Droits Quotidiens a pour objet social de rendre l’information juridique plus accessible aux plus fragilisés, y compris en ce qui concerne le logement. Dès lors, elle chercheà établir des collaborations avec d’autres OFS en ce domaine. Enfin, l’APL Relogeas fait partie du groupe Partenariats logement de Charleroi, au même titre que l’AIS locale, leCPAS, l’Aide locative du FLW, Solidarités nouvelles (une autre APL), des maisons d’accueil, l’échevinat du Logement ou encore le Relais social. Le fait de se mettre autour de la tablefavorise l’émergence de solutions de logement adéquates aux différentes situations de candidats-locataires. Avec d’autres associations, Relogeas fait partie d’un groupe porteureuropéen sur la dynamique d’accompagnement social en matière de logement, qui s’avère de plus en plus indispensable.

Inciter au partenariat

Un débat avec la salle a permis d’échanger d’autres idées, d’apporter des réponses ou encore de souligner les possibilités de montage de partenariats.L’après-midi, la centaine de participants inscrits s’est répartie au sein d’ateliers géographiques pour discuter plus avant des collaborations potentielles entre OFS d’unemême région.

1. Fonds du logement, rue de Brabant 1 à 6000 Charleroi – tél. : 071 20 77 11 – fax : 071 20 77 56.

Baudouin Massart

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