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"Boutique Club Emploi : bientôt un "Néo café" à Braine-le-Comte"

24-07-2000 Alter Échos n° 79

La Boutique Club Emploi de Braine-le-Comte 1 a fêté sa première année d’existence ce 6 juillet 2000. L’occasion pour la commune brainoise d’accueillir les VIIerencontres inter-Boutiques Club Emploi. « Inter » étant compris ici au sens le plus restreint du terme puisqu’il n’existe des boutiques qu’en France (7 en île-de-France et 6 dans lesrégions) 2 et une seule en Belgique. Mais des projets similaires seraient actuellement à l’étude en Grèce, au Portugal et en Italie. Le concept, emprunté auxCanadiens (les « Clubs emploi »), connaît un succès croissant en France depuis 1993 (voir AE n°35 du 31 août 98, p. 7. et n° 55 du 21 juin 99, p. 9). A la tête duréseau : Thierry Benoît, le premier à avoir lancé les Boutiques emploi en France. « Les boutiques reposent sur des principes très simples, explique le concepteurfrançais : l’entrée libre pour toute personne sans aucune distinction, une gratuité et une complémentarité des services pour fournir toute la logistiquenécessaire à la recherche d’emploi et l’implication des entreprises, des collectivités locales, des administrateurs, des salariés, des retraités et des chercheursd’emploi. » Quant aux objectifs :
> Changer la perception du chômage en resituant cette question au coeur des préoccupations de la Cité.
> Développer des pratiques diversifiées (techniques de recherche d’emploi, mais aussi mobilisation des personnes et actions collectives) en vue de combiner développementlocal, insertion et cohésion sociale.
« En final, ajoute Thierry Benoît, notre objectif est de rendre aux chômeurs leur place comme citoyens ».
En Belgique, l’initiative revient aux Facultés économiques de Mons et aux CPAS de Mons et de Braine-le-Comte. Démarré officiellement en juin 99, le projet pilote de laBoutique brainoise affiche aujourd’hui un bilan plus que positif : 400 personnes ont bénéficié de ses services sur une population de +/- 1.100 demandeurs d’emploi. Six clubs ettrois réseaux ont été organisés. En 99, plus de cinquante personnes ont retrouvé un travail après un passage à la Maison de l’emploi, et pour 2000,ils étaient jusqu’à juin, plus d’une vingtaine.
En perspective, la création d’un café de l’emploi ou « Néo-Café ». « Fondé sur les mêmes principes que les cafés citoyens, il s’agit de rencontres entrechômeurs et non chômeurs, autour d’un verre, où l’on débat, l’on discute, l’on réfléchit, sur un thème précis ayant ayant trait àl’emploi », explique Claire Houart, coordinatrice du projet. Tout le monde est mis à contribution : les personnes intégrées dans le monde du travail, les retraités, lesfemmes au foyer, les jeunes, les chercheurs d’emploi, les travailleurs, les directeurs d’école, les responsables politiques. Ce Néo-café où travaillerai(en)t un ou deuxanimateurs, pourrait démarrer aux environs de 2001 à la faveur des résultats de la Campagne « 100 idées pour l’emploi ». Une campagne qui consiste en des urnesplacées dans les grandes surfaces et les lieux publics et destinées à accueillir les réflexions de chacun en matière de création d’emploi. Lesrésultats seront dépouillés fin août et un grand débat-forum devrait se tenir en septembre.
Mais à la faveur des rencontres inter-boutiques, un premier Néo café a déjà été organisé à Braine. En témoinsprivilégiés : Jean-Carmel St Juste, membre de « Jobs with Justice », une association américaine de défense des travailleurs et des sans emplois, Bernard Van Asbrouck,responsable de l’offre de services aux particuliers du Forem et Matéo Alaluf, sociologue de l’ULB. Jean-Carmel St Juste s’est longtemps attardé sur le système desécurité sociale made in USA, l’absence de protection et de syndicat, entre autres pour les travailleurs immigrés, et la main d’oeuvre bon marché que constituent lesprisonniers américains pour les grandes entreprises. De son côté, Bernard Van Asbroeck a dénoncé le discours de certaines entreprises sur le manque de main d’oeuvre : « C’est une vue de l’esprit. Les entreprises sont en fait très contentes qu’il y ait beaucoup de chômeurs, cela leur permet de continuer à exercer une pression sur l’embauche. »Et Matéo Alaluf de surenchérir : « Il y a même inversion du discours, ce n’est plus le chômeur qui souffre, c’est l’entreprise : manque de main d’oeuvre, cotisations socialestrop élevées, et on en passe. De plus en plus les pauvres et les chômeurs sont mis sous tutelle. On ne supporte pas que les chômeurs ou les minimexéss’auto-organisent. On a activé les jeunes, maintenant ce sont les vieux qui vont y passer… » Quant à l’emploi, Matéo Alaluf constate une certaine accélérationde sa « temporalité » : « on engage le travailleur que lorsqu’il est à son niveau le plus rentable, même chose pour la territorialité : on finit par importer desinformaticiens indiens. »
1 Maison de l’Emploi, rue Ferrer 11 à 7090 Braine-le-Comte, tél. : 067 55 05 00, fax : 067 55 05 01, e-mail : maison.emploi@wanadoo.be
2 La Boucle, association des Boutiques Club Emploi, 157, rue Marcadet à F-75018 Paris, tél. : +33 1 4257 07 00, fax : +33 1 42 57 07 60, e-mail : lesbce@club-internet.fr

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