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« Accueil et suivi des primo-arrivants à la Maison de la solidarité de Bruxelles-Ville »

02-07-2001 Alter Échos n° 101

Créée depuis peu grâce aux subsides accordés par le pouvoir fédéral, la Maison de la solidarité de Bruxelles-Ville a ouvert ses portes en janvier dernier1. Financé par la « politique des grandes villes » à concurrence de 100 millions reconduits pour quatre années, ce projet doit mener une politique spécifique dans le périmètre des programmes européens d’« Objectif 2 ». Il ne s’agit pas en l’occurrence d’une asbl mais bien d’un prolongement des services que l’administration communale propose déjà. La MS occupe, selon les termes de Carine Vyghen, l’échevine des Affaires sociales2, « une case inoccupée » dans ce secteur de Bruxelles-Ville. Son but est d’aider les primo-arrivants à s’insérer, grâce à une maîtrise minimale de la langue française, mais également d’aider des demandeurs d’emploi et des femmes d’origine étrangère, soucieuses de suivre la scolarité de leurs enfants.
À terme, les finalités affichées devraient permettre :
> « d’annuler les effets pervers de l’exclusion sociale, de l’isolement, de l’oisiveté, de l’ennui et permettre à ces personnes de (re)prendre une place dans la société en leur (re)donnant confiance en elles ;
> de comprendre l’individu dans sa globalité et éviter ainsi de le retrouver un temps plus tard en plus grande détresse, car on n’aura pas pris le temps del’entendre ;
> enfin, d’encourager les personnes à reprendre leur vie en main mais surtout à leur donner les moyens moraux d’y arriver. Créer avec elles des liens de confiance et établir des relais avec d’autres intervenants sociaux, médicaux, voire psychologiques qui existent dans leur quartier », explique l’échevine.
Si la structure d’aide traite diverses difficultés vécues par ces publics, elle considère toutefois que la langue constitue le pivot des services et activités qu’elle propose. Une chose qui semble assez normale car la plupart des 90 adultes entrés en formation cette année – dont une grande partie de demandeurs d’asile– ne maîtrisent pas le français. Les origines sont nombreuses : le Proche-Orient (principalement l’Iran), l’Afrique, l’Asie, l’Europe de l’Est etl’Amérique du Sud.
La prise en charge du public tient ainsi en :
> « des cours de français-langue étrangère pour des personnes déjà alphabétisées dans leur propre langue ;
> des cours d’informatique, vu la présence importante et croissante de l’informatique dans la société et les métiers d’aujourd’hui ;
> des cours de néerlandais, afin d’augmenter les possibilités d’insertion socioprofessionnelle ;
> des activités (dans le futur) permettant de pratiquer le français et/ou le néerlandais de manière différente. Par exemple par des tables de conversation ;
> une aide sociale et juridique : nous accompagnons et aidons les primo-arrivants lors de leurs démarches administratives et juridiques et pour toutes sortes de problèmes liés au logement. Une AS et un juriste sont donc affectés à cette tâche. Ici, les formateurs en français-langue étrangère jouent un rôle important de relais et de guide vers l’AS et/ou le juriste, étant donné le barrage de la langue », complète Gisèle Servais, coordinatrice de la MS.
Un des rôles de la MS tient aussi dans l’aiguillage des personnes vers des services dont le travail spécifique couvre les demandes que la MS ne sait prendre en compte : soins de santé, PMS ou autres. « La MS aiguille les personnes qui ne sont pas alphabétisées notamment vers le réseau Lire et Écrire. Nous avons donc un rôle d’aiguillage et nous dépendons de l’aiguillage : en effet, nous accueillons des gens provenant de toutes sortes d’organismes sociaux tels que les foyers, le PetitChâteau, les CPAS, les services des Affaires sociales des communes », ajoute Gisèle Servais.
Plus tard, des « formations à la participation citoyenne » seront mises sur pied, dans le but de « participer à la réflexion quant au sentiment, ou à l’éveil du sentiment d’appartenance à la société, en vue de combattre l’exclusion sociale. Donc, il s’agirait de parvenir à susciter une prise de conscience pour éveiller ou accroître l’idée selon laquelle, dans une société, un individu a des droits mais aussi des devoirs. Il doit pouvoir se comporter dans la vie sociale de manière adulte et responsable », poursuit la coordinatrice.
Enfin, des activités culturelles démarrent progressivement. En effet, la MS « organise pour la première fois, pendant l’été 2001, à l’adresse des élèves qui participent à ses cours, des activités de groupe dont le but sera la découverte de Bruxelles et de certains lieux en Belgique. Sont aussi prévues des activités centrées sur des activités de la vie quotidienne ; par exemple la visite des studios de la RTBF et une animation autour de l’euro, notre future monnaie. À cette occasion, les élèves pourront mettre en pratique leurs connaissances en français dans un cadre plus décontracté », achève-t-elle.
1 Maison de la solidarité, rue des Six Jetons, 70 à 1000 Bruxelles – tél. : 02 512 00 82 – fax : 02 503 56 37. Contact : Gisèle Servais.
2 Cabinet de l’échevine des Affaires sociales, des Finances, de l’Emploi et du Personnel, bd Anspach, 6 à 1000 Bruxelles – tél. : 02 279 46 10 – courriel : cabinet.c.vyghen@brucity.be

Olivier Bailly

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