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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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Logement et territoires

Gratuité des transports en commun, un système qui roule?

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La gratuité des transports, notamment des bus, est expérimentée dans plusieurs villes du monde, dont une vingtaine en France. Elle ne fait pas l’unanimité. 

À Aubagne ou Châteauroux, on peut entrer dans un bus ou dans un tram sans devoir poinçonner ou montrer son abonnement. Ces villes, de droite ou de gauche, font partie de la vingtaine de municipalités en France passées à la gratuité des transports. À Aubagne, le maire communiste, sorte de Jules Ferry des transports, a imposé en 2008 cette mesure dans l’agglomération de 100.000 habitants pour assurer à tous «le droit au transport». À Châteauroux, c’est un élu UMP en 2001 qui a pris cette décision pour remplir les bus et redynamiser les transports en commun trop faiblement fréquentés. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Aubagne a vu, en trois ans de gratuité, les passagers augmenter de 178%. À Châteauroux en dix ans, la fréquentation est passée de 21 à 61 voyages par an et par habitant (pour une moyenne nationale de 38 voyages par an et par habitant dans les villes de moins de 100.000 habitants). Selon une étude menée par la communauté d’agglomération castelroussine à l’occasion des dix ans de la gratuité[1], il ressort que les principaux bénéficiaires de la gratuité sont les personnes les moins favorisées (bénéficiaires de la Couverture maladie universelle ou de l’Aide médicale d’État, femmes, jeunes, demandeurs d’emploi…)

«Ce n’est pas gratuit pour tout le monde»

Malgré ces résultats positifs sur les plans quantitatifs et qualitatifs, la gratuité ne fait pas l’unanimité. «Le modèle gratuit est pervers dans tous les cas», s’insurge Bruno Marzloff, sociologue et animateur du groupe Chronos, cabinet d’études et de prospectives sur la ville et la mobilité dans une carte blanche de 2012[2], visiblement énervé contre un «prétendu» triomphe de la gratuité». Selon lui, «ce n’est pas gratuit pour tout le monde», puisque dans des proportions diverses, les transports publics sont subventionnés par l’entreprise et le contribuable. Les Villes d’Aubagne et Châteauroux ont mis en place un versement transport, taxe qu’acquittent les entreprises pour financer la gratuité.

Plusieurs études démontrent que la majorité des «nouveaux usagers» ne sont pas des automobilistes mais d’abord des piétons et des cyclistes.

Même son de cloche du côté de l’UITP, l’Union internationale des transports publics, qui regroupe des autorités politiques, des exploitants de sociétés de transport public, des instituts scientifiques et des prestataires de services et de l’industrie du transport public. «La gratuité n’est pas une option durable, explique son porte-parole Andrew Canning. À long terme, sans rentrée d’argent de l’usager, la qualité des transports publics sera fortement dégradée.» Pour l’association, «la demande est plus sensible à l’augmentation de la qualité qu’à la diminution de prix». Un argument qui revient souvent. D’où la nécessite de coupler la mise en place de la gratuité avec l’augmentation de la qualité, comme l’ont fait Aubagne, Châteauroux ou encore Hasselt en son temps.

Des critiques s’élèvent par rapport à l’affectation de la gratuité. Plusieurs études démontrent que la majorité des «nouveaux usagers» ne sont pas des automobilistes mais d’abord des piétons et des cyclistes. Pour Bruno Marzloff, la gratuité induit une situation paradoxale où «l’on excite la consommation de transports publics au moment où on en vient à réfléchir à réduire la pratique des déplacements motorisés». Avec des conséquences dommageables pour l’environnement et la santé publique. 

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