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Vers une amélioration du système flamand d'allocations loyer ?

L’Union des villes et communes flamandes (VVSG) demande un élargissement du système des allocations loyer. Mais souhaite également revoir la philosophie du système.

11-09-2009 Alter Échos n° 280

L’Union des villes et communes flamandes (VVSG) demande un élargissement du système des allocations loyer. Mais souhaite également revoir la philosophie du système.

Actuellement, quelque 9 000 personnes bénéficient d’allocations loyer mais, selon une étude du Steunpunt Ruimte en Wonen, ce sont pas moins de 103 207personnes qui ont soit des problèmes pour payer leur loyer, soit des problèmes d’adéquation (taille, salubrité, etc.) de leur logement. Dans une lettre à lanouvelle ministre flamande du Logement, Freya van den Bossche (SP.A), la Vereniging van Vlaamse Steden en Gemeenten demande qu’à partir du 1er janvier 2010, toutes lespersonnes figurant depuis plus de cinq ans sur une liste d’attente pour un logement social – soit 7 000 personnes supplémentaires – puissent bénéficier dusystème. Mais à plus long terme, les municipalistes flamands souhaitent également changer la philosophie de ce système. Actuellement, les allocations sont octroyéespour une période maximale de 9 ans (sauf en ce qui concerne les handicapés et les personnes âgées, pour lesquels il n’y a pas de limitation dans le temps) et seulementà des personnes qui quittent un logement inadapté (trop petit ou insalubre, par exemple)  : on parle parfois d’allocations de déménagement. Les montantsversés peuvent aller de 60 à 200 euros, suivant les revenus (qui doivent en tout cas être inférieurs à 15 530 euros, plus 1 390 euros par personne àcharge) et le nombre d’années : le système est dégressif. Et la VVSG souhaiterait précisément supprimer la dégressivité pour les plus basrevenus.

Le cas d’Anvers

La situation est particulièrement préoccupante à Anvers. Les appartements les moins chers coûtent actuellement entre 400 et 450 euros dans la Métropole – on netrouve plus rien pour 350 euros – alors qu’un isolé sans enfants reçoit pour vivre environ 700 euros du CPAS. Pour de tels candidats-locataires, supposés bouclerleurs fins de mois avec 300 euros, la question ne se pose souvent même pas. Ce sont les propriétaires eux-mêmes, de peur d’être confrontés à des loyersimpayés et à des locataires insolvables, sans aucune garantie de l’État, qui refusent de louer. Ces personnes n’ont plus alors comme seul recours que lesdifférents foyers d’accueil, à l’origine prévus pour accueillir des personnes à titre provisoire, mais qui comptent de plus en plus de résidentspermanents.

De plus, les logements les moins chers sont le plus souvent petits, en mauvais état, voire présentant des problèmes d’humidité. Monique Gauquie, coordinatrice duCluster Habitat et Santé du Centrum Algemeen Welzijnswerk (CAW ou Centre général d’aide sociale) Metropool, estime que la crise du logement a denombreuses conséquences sociales auxquelles on ne pense pas toujours. « Tensions familiales dues à la promiscuité dans un logement trop petit, problèmes desanté et psychologiques, isolement social dû à la honte d’inviter d’autres personnes dans un logement dégradé, etc. » Pour elle, il fautimpérativement élargir l’offre de logements sociaux  : « Les enquêtes montrent que pour les bas revenus, c’est l’accès, ou non, à unlogement social qui fait la différence entre ceux qui sombrent dans la pauvreté et ceux qui parviennent à y échapper. » On considèregénéralement qu’il est périlleux de consacrer plus de 30  % des revenus au logement. Or, si 17,1  % des propriétaires et 12,2  % des locatairesd’habitations sociales étaient dans le cas en 2005, pour les locataires du privé, la proportion montait à… 39,2  %.

Selon le groupe de travail Huursubsidies, les 10  % les plus démunis de cette dernière catégorie auraient besoin en moyenne de 195 euros par mois pouraccéder à un logement adéquat sans dépasser cette limite des 30  %. Pour les 10  % de la catégorie immédiatement supérieure, ce serait 130euros par mois. Bref, il faudrait ajouter 180 millions aux… 15,4 millions actuellement dépensés dans ce cadre pour résoudre les problèmes des plus mal lotis. Dansles limites budgétaires que le gouvernement de Kris Peeters s’est fixées (retour à l’équilibre dès 2011  ; réduction de 8  % desdépenses régionales), ce n’est pas gagné.

D’après De Morgen et De Standaard.

Pierre Gilissen

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