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Santé

Un plan bruxellois contre le suicide

Malgré des chiffres en baisse, Bruxelles est l’une des villes d’Europe où l’on commet le plus de suicides.

19-09-2010 Alter Échos n° 301

Malgré des chiffres en baisse, Bruxelles est l’une des villes d’Europe où l’on commet le plus de suicides. Le ministre bruxellois de la Santé, Benoît Cerexhe(CDH)1, a présenté son plan de prévention. Il insiste entre autres sur la collaboration entre les services sociaux, de santé mentale et médicaux.

On recense à Bruxelles plus de 150 suicides par an. Sur l’ensemble de la Belgique, 2 000 personnes mettent volontairement fin à leurs jours chaque année. Et elles sontdix ou vingt fois plus nombreuses à y avoir pensé un jour. La journée internationale de prévention du suicide était l’occasion de rappeler ces chiffres troublants.Et pour la Cocof de présenter son Plan de prévention.

Trop souvent, le suicide est présenté comme le résultat d’une cause unique. Untel s’est suicidé parce qu’il a perdu son boulot, parce que sa petite amie l’aplaqué, entend-on. Or les raisons qui président à cet acte brutal sont toujours multiples. En introduction, le Plan bruxellois de prévention rappelle que le suicide est unphénomène extrêmement complexe, multidimensionnel, dont les déterminants sont à la fois d’ordre biologique, psychologique, social, économique et culturel.

Parmi les facteurs de stress, la Région pointe, entre autres, la précarité, l’isolement sur les lieux de travail et dans les grands ensembles de logements, ainsi que lesattitudes stigmatisantes de la société vis-à-vis des personnes qui ne cadrent pas avec la norme. Le plan d’action souligne aussi que la façon d’aborder le suicide, et plusgénéralement la mort, varie en fonction des cultures. Ce dont il faut tenir compte dans le contexte bruxellois.

Selon certaines études, la moitié des personnes qui se suicident ont eu un contact avec un généraliste dans le mois qui précède cet acteirréversible. Certains suicides pourraient certainement être évités si les médecins étaient mieux outillés pour détecter les patients àrisque et les orienter vers les services adéquats. Une des actions imaginées dans le Plan bruxellois de prévention est de créer un poste de« délégué en prévention suicide ».

De la même façon qu’un délégué médical, celui-ci fera le tour des cabinets. Mais au lieu d’une mallette remplie de médicaments, il présenterala nouvelle brochure financée par la Cocof sur la prévention du suicide. Un projet pilote similaire sera également monté à destination du milieu scolaire, desmaisons de repos…

Le Plan bruxellois prévention s’intéresse aussi de près aux personnes qui ont déjà fait une tentative. « Selon des études, 40  % despersonnes qui se suicident ont tenté au moins une fois de mettre fin à leurs jours précédemment », rappelle Benoît Cerexhe. Un groupe de travail plancheradonc sur une possible structure permettant d’accueillir, 24h sur 24, les personnes ayant tenté de mettre fin à leurs jours.

Santé mentale et services sociaux

Selon le Plan bruxellois de prévention du suicide, augmenter l’offre en soins de santé mentale ne réduira pas le taux de suicide. En revanche, on peut sans doute faire mieuxavec ce qui existe déjà. « Une meilleure intégration des services de santé mentale dans l’ensemble des services sociaux et de santé permettraitqu’ils participent plus efficacement à la prévention », peut-on y lire. « Cela signifie qu’il faudrait renforcer les liens entre, d’une part, lamédecine générale, les services d’urgence des hôpitaux, les services préventifs et les services sociaux et, d’autre part, les services de santémentale pour que les personnes à haut risque identifiées par les premiers puissent être prises en charge par ces services spécialisés. »

Pour ce faire, le ministre bruxellois de la Santé entend approfondir le travail déjà amorcé pour rapprocher le social et la santé, deux secteurs entre lesquelsles relations n’ont pas toujours été au beau fixe. Pour rappel, lors de la précédente législature, le décret ambulatoire a été adoptépour améliorer la transversalité entre la santé et l’action sociale. Un des enjeux de cette législature sera de jeter les bases d’un centre social de santé globale.Dorénavant, ces chantiers devront tenir compte de la problématique du suicide.

Un pass dans l’impasse

En Région wallonne également, la journée mondiale de prévention du suicide était aussi l’occasion de mettre en avant quelques nouveautés. Le Centre deprévention du suicide et d’accompagnement « Un pass dans l’impasse » a inauguré son site web et ses nouveaux locaux du n° 166, chaussée deWaterloo à Namur. Afin d’offrir un service de proximité, le Centre a aussi des antennes en province de Liège, du Luxembourg, du Hainaut et du Brabant wallon.
www.suicide.be

1. Cabinet du ministre Benoît Cerexhe :
– adresse : rue Capitaine Crespel, 35 à 1050 Bruxelles
– tél.  : 02 508 79 11
– courriel : info@cerexhe.irisnet.be

Sandrine Warsztacki

Sandrine Warsztacki

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