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L'actualité sociale avec le décodeur

Transfert de compétences : « Y a-t-il quelqu’un à bord » ?

16-11-2012 Alter Échos n° 349

Il a fallu attendre 541 jours pour avoir un gouvernement. Combien de temps faudra-t-il pour y voir un peu plus clair dans le processus de régionalisation et de communautarisation dont celui-ci a (difficilement) accouché ? A l’issue de la période troublée de formation d’une majorité au niveau fédéral, Alter Echos s’était réjoui du fait qu’on allait enfin pouvoir avoir des politiques à se mettre sous la dent, qu’on les aime ou pas. C’était déjà au moins quelque chose, après la longue période de gestion « en bon père de famille » des affaires courantes qui, il faut bien l’avouer, laissait tout le monde dans l’expectative malgré les blagues de certains comme quoi « ça marche presque mieux sans gouvernement ».

Néanmoins, un peu moins d’un an après l’entrée en fonction de celui-ci, ce n’est plus l’absence de capitaine pour diriger le bateau qui inquiète, mais l’apparente inexistence d’une carte pour l’amener sans trop de dégâts à bon port : celui d’une régionalisation et d’une communautarisation réfléchie, concertée, articulée. Seule la date d’arrivée, et une série d’objectifs, sont connus. Il s’agit de 2014, pour plusieurs matières bien définies. Mais pour le reste, bien malin qui, à l’heure actuelle, pourrait être en mesure de deviner la manière dont l’on va voguer et ce qui se passera une fois à terre. Et de nouveau, les mêmes discours font surface, les mêmes qu’il y a un an et demi. Car rappelez-vous cette période où, à chaque question concernant les politiques à mener en matière d’emploi, de social, d’environnement, ou même de sport, la réponse systématique renvoyait au futur gouvernement. « Il faudra voir ce qu’il nous réserve », nous disait-on.

Aujourd’hui, la Belgique a un gouvernement et surtout un accord de gouvernement qui aborde notamment la question des transferts de compétences. Mais en l’absence de précisions et d’idées sur la manière dont ceux-ci vont se dérouler, sur la manière dont les Régions et les Communautés vont s’emparer de leurs nouvelles compétences, la réponse aux questions des journalistes d’Alter Echos est à peu près la même qu’à la période des affaires courantes. Il suffit de supprimer (en plus de rajouter) quelques mots, et le tour est joué. « Il faudra voir ce que la régionalisation (ou la communautarisation, faites votre choix selon les matières) nous réservera », s’entend-t-on répondre régulièrement. L’attente, encore et toujours. Une attente qui commence à faire long car, si l’on prend la date des élections fédérales du 13 juin 2010, elle dure depuis deux ans et demi. En 2014, cela fera près de quatre ans. Dans une Belgique en crise, membre d’une Union européenne en crise, elle même partie d’un monde en ébullition (pour l’échelle suivante, demandez à la NASA), cela ressemble à une éternité…

Julien Winkel

Julien Winkel

Journaliste (emploi et formation)

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