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Regard critique · Justice sociale

Logement

Se former pour mieux se loger à Tintigny

Tintigny et des entreprises œuvrant dans le domaine du social et de l’environnement s’associent dans un projet de logements « basse énergie » destinés aux jeunes travailleurs de ces mêmes entreprises.

28-09-2012 Alter Échos n° 346

La commune de Tintigny (Province du Luxembourg) et des entreprises œuvrant dans le domaine du social et de l’environnement s’associent dans un projet de logements « basse énergie » destinés aux jeunes travailleurs de ces mêmes entreprises. Ces travailleurs participeront également à la construction de ces habitations grâce à des formations organisées sur le chantier.

Ces entreprises sociales et opérateurs de formation permettent à des jeunes de suivre un parcours de réinsertion socioprofessionnelle. Ils proposent par exemple des ateliers sur les enduits et la construction, des formations sur les bardages, les menuiseries intérieures, le soufflage, etc. Mais certains éléments constituent un obstacle à l’accès aux formations destinées aux jeunes. « L’insuffisance d’offre de logements, les loyers élevés (proximité avec le Grand-duché du Luxembourg) et l’absence de moyens de mobilité (accès aux formations, horaires variables) privent parfois certains jeunes de formation », constate Nathalie Monfort, chargée de mission éco-construction pour l’asbl Cuestas, groupe d’action local actif sur le territoire des communes d’Etalle, Meix-devant-Virton et Tintigny.

Quatre des huit logements prévus à Han (commune de Tintigny) sont subsidiés par l’appel à projet 2010 « habitat durable » du cabinet du ministre wallon en charge du Logement et de l’Energie, Jean-Marc Nollet. Les quatre logements subsidiés appartiendront à la commune et seront notamment loués au CRIE d’Anlier (Centre Régional d’Initiation à l’Environnement), au CDR Han Tintigny (Centre de développement rural) et à l’entreprise sociale Les Pépinières La Gaume (Breuvanne et Tintigny). Le CDR souhaite également acquérir deux logements, l’IMP La Providence d’Etalle (Institut médico-pédagogique) un seul ainsi que Les Pépinières. « Une convention de gestion devrait être mise en place pour gérer l’occupation du bâtiment et fixer des critères de sélection pour les futurs locataires afin d’empêcher les abus », explique Nathalie Monfort.

Des formations théoriques et pratiques

La commune et les entreprises ont saisi l’opportunité d’organiser des formations pratiques sur le terrain. Ces formations seront donc intégrées au planning du chantier. « Elles constituent le projet leader d’éco-construction de l’asbl Cuestas et seront financées par le budget « formations ». L’asbl sera également responsable de leur bon suivi », précise la chargée de mission. Elles seront également obligatoires pour les ouvriers du chantier. Dans deux logements, les participants travailleront notamment l’étanchéité à l’air pendant que des entreprises de menuiserie extérieures poseront les châssis. D’autres thèmes comme l’isolation, les nœuds constructifs, la vapeur d’eau, le phasage des matériaux et l’enduit à l’argile seront abordés.

Les cahiers des charges viennent de partir à la tutelle pour approbation. Le démarrage du chantier est prévu pour début 2013. Les travaux devront être terminés pour novembre 2013. Le coût pour quatre logements est de 440 000 euros, soit 1 800 euros le m2.

Des logements non énergivores

Les logements seront modulables. Plusieurs modules pourront être regroupés pour ne former qu’un seul grand logement. Les cloisons intérieures sont légères et pourront être déplacées en fonction des nécessités. Les surfaces vitrées favoriseront un apport solaire apprécié par temps froid tandis que les balcons et pergolas offriront un ombrage naturel afin d’éviter des températures trop importantes par temps estival. Le projet réunit les avantages de deux types de construction : maçonnerie traditionnelle pour les murs mitoyens et dalles, ainsi qu’une construction à ossature en bois pour l’enveloppe de l’immeuble. Les faibles besoins en énergie seront assurés par une pompe à chaleur géothermique. Une « fausse toiture » à deux versants accueillera quant à elle les panneaux solaires photovoltaïques. Un jardin naturel devrait aussi voir le jour grâce à des prés fleuris, une mare, un aménagement pour chauves-souris dans la toiture et des nichoirs à martinets et hirondelles.

Nathalie San Gil Coello

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