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Sainte-Marguerite résiste encore et toujours à Bpost

La perte du bureau de poste du quartier serait un coup dur pour les 15 000 habitants (dont 50 % sont victimes de la facture numérique), mais aussi pour les acteurs publics etéconomiques locaux.

07-03-2011 Alter Échos n° 311

Bpost a annoncé la fermeture pour le 28 mars, dans le quartier liégeois de Sainte-Marguerite, du bureau de poste rue Saint-Séverin1, en sursis depuis 2007. Uneplate-forme locale2 multiculturelle et de diverses couleurs politiques se mobilise pour le maintien du service de proximité.

Le bureau de poste de la rue Saint-Séverin à Sainte-Marguerite dessert les 15 000 habitants du quartier, et à proximité Sainte-Walburge, Glain, Burenville, Ans-bas– soit au total plus de 30 000 personnes. Bpost a annoncé la fermeture pour le 28 mars. « Touche pas à ma poste », a répliqué la« plate-forme des forces vives du quartier de l’ouest de Sainte-Marguerite » en placardant une banderole sur la façade du bureau et en occupant symboliquementle local. La plate-forme a été constituée le 22 février pour riposter à Bpost via un front commun de conseillers communaux PS, Ecolo et MR, de représentantsd’associations et du comité de quartier, et du PTB Liège-Ouest. Le samedi 26 février, le PTB a ensuite rassemblé 70 personnes en assemblée populaire sur lesujet, et a peaufiné une manifestation pour le 15 mars. Et ces 1er mars et 2 mars, les « forces vives » se sont réunies pour organiser des actionscommunes le 18 mars  : manifestation dans le quartier en présence des géants symboles du quartier Hubert et Marguerite, défilé, fanfare et fermeture à lacirculation de la rue Saint-Séverin, et interpellations politiques.

Il y a 0,9 km entre Saint-Séverin et la Grand-Poste au centre-ville – soit « 15 minutes à pied pour une personne valide, comptent les “forces vives” et le doublepour une personne âgée ou à mobilité réduite (PMR) ». Et en voiture  ? Le président du CPAS, Claude Emonts (PS), est riverain du quartieret PMR  : de coutume discret lors des actions publiques, il a rejoint le 22 février la conférence de presse des « forces vives » pour s’exprimer« personnellement en tant que porte-parole, a-t-il dit, des personnes à mobilité réduite, car les places PMR à la Grand-Poste sont souvent squattées parles valides ». La plate-forme fait aussi état du profil sociologique de Sainte-Marguerite en ZIP/QI de 15 000 habitants « dont 50  %, invalidés par lafracture numérique, ne disposent pas d’Internet et ont besoin d’aide pour réaliser certaines opérations bancaires. »

Par ailleurs, Sylvianne Kech, chef de projet de la ZIP/QI également présente à la conférence de presse, compte « 12,225 millions d’euros publicsinvestis depuis 2004 pour la requalification du quartier (logement, mairie de quartier, relais emploi…), le futur hôtel 5 étoiles, l’installation du siège socialde Lampiris… Dans ce contexte, la fermeture va à l’encontre des investissements ». Mais le bail du bureau n’a pas été renouvelé  : lafermeture semble scellée. Jacques Van de Weerdt, président de la coordination socioculturelle des associations de Sainte-Marguerite (17 associations et 7 organismes publics), escomptequ’une « mobilisation citoyenne incitera les hommes politiques à faire pression sur Bpost ». D’ici… un mois  ? « Ce n’est pasparce qu’on ferme une porte le 28 mars que tout s’arrête, rétorque-t-il. Le bureau a été conçu pour la poste, il pourra rouvrir. Sinon, il y a assez derez-de-chaussée vides, ici. Mais sans mobilisation, il n’y aura pas de pression politique. »

Boycott des commerçants

La fermeture, déjà prévue en 2007, avait alors été contrecarrée par le boycott des commerçants, appuyé de deux pétitions lourdeschacune de 2 500 signatures, à l’ouverture d’un point poste dans le quartier  : un point poste est la condition prévue dans le contrat de gestion pour cautionner lafermeture. « Soyez assuré que Bpost reste attentive à toute opportunité future pour l’ouverture d’un point poste dans le quartier deSaint-Séverin », a répondu l’administrateur délégué de Bpost Johnny Thijs le 17 février à un courrier du PTB Liège. Lespétitions de 2007 avaient été emmenées par le conseiller communal MR Raphaël Miklatzki et par François Ferrara, porte-parole du PTB Liège-Ouest. Le PTBse prononce contre la libéralisation, sans écho du MR. Mais malgré les divergences et des soupçons de récupération politique lancés en coulisses, laplate-forme est… au poste pour la poste. « Les frictions éclateront après analyse du résultat, suppose François Ferrara. Mais tant qu’àprésent, plus il y a d’actions, mieux c’est, car le but commun est le maintien du bureau. »

1. Les bureaux des rues Saint-Gilles et de la Régence fermeront aussi cette année. Il restera à Liège 8 bureaux de poste, contre 34 en 2004.
2. La plate-forme compte 9 riverains du quartier, tous impliqués dans divers comités, associations et partis politiques.

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