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Regard critique · Justice sociale

Réflexions autour du décret "Insertion sociale"

Ce 18 septembre, les Services d’insertion sociale (SIS)1 wallons se sont réunis à Spy, en vue de se faire entendre en tant que sous-secteur travaillant avec le public sansdoute le plus précarisé. Face aux contraintes décrétales, les SIS ont fait part de la difficulté de réaliser les objectifs assignés àl’insertion sociale. Le nouveau ministre wallon de l’Action sociale, Paul Magnette2, les a invités à lui envoyer leurs propositions.

21-09-2007 Alter Échos n° 236

Ce 18 septembre, les Services d’insertion sociale (SIS)1 wallons se sont réunis à Spy, en vue de se faire entendre en tant que sous-secteur travaillant avec le public sansdoute le plus précarisé. Face aux contraintes décrétales, les SIS ont fait part de la difficulté de réaliser les objectifs assignés àl’insertion sociale. Le nouveau ministre wallon de l’Action sociale, Paul Magnette2, les a invités à lui envoyer leurs propositions.

Une septantaine de personnes ont participé à la journée d’études « L’insertion sociale : enjeu de société ! ». Au nombre de 22, les SIS sontagréées par la Région wallonne à travers le décret du 17 juillet 2003. Elles mènent un travail de resocialisation avec les personnes les plusfragilisées de notre société. Une aide qui permet de reprendre pied à nombre de personnes.

Insertion = mise à l’emploi ?

Si depuis les années 1980, l’insertion a toujours été perçue à travers la lorgnette de l’insertion socioprofessionnelle, certaines associations se sontinquiétées du sort des personnes non réinsérables professionnellement. « Pour de multiples raisons : peu ou pas de qualifications professionnelles,déstructuration, problèmes familiaux, sociaux, psychologiques… des personnes ne peuvent prétendre à une insertion professionnelle », observent David Praile, deSolidarités nouvelles, et Vinciane Van Opstal, de « Bâtissons notre avenir ». Au cours des débats, des questions sont revenues plus d’une fois : l’insertion socialeest-elle un marche-pied vers l’insertion socioprofessionnelle ? Que faire avec les personnes qui ne pourront jamais se réinsérer sur le marché de l’emploi ? Dès lors,qu’est-ce que l’insertion sociale ?

C’est pour s’entendre sur une définition, pour échanger des pratiques, comparer des modes d’action, que les SIS ont depuis décembre 2006 décidé de seréunir pour réfléchir en commun car il n’existe pas de lieu de concertation. Ni entre SIS, ni entre le secteur, d’une part, et les décideurs politiques etl’administration, d’autre part. Bien qu’un tel lieu, le Forum wallon de l’insertion sociale, ait été spécifiquement prévu par le décret, il n’a jamaisété mis en place. Enfin, à l’heure du renouvellement des agréments, les SIS s’interrogent sur les moyens, les conditions d’agrément et l’arrivée dessubsides, d’autant que les agréments en cours s’arrêtent à la fin 2007.

Quid du décret sur l’insertion sociale ?

Présent à la journée, le ministre wallon de l’Action sociale a tenu à rassurer les SIS. Les renouvellements d’agréments seront accordés dans les temps.Quant à une éventuelle refonte du décret, il s’est montré plus circonspect. Il a invité les associations à lui envoyer le texte avec leurs annotations. Apriori, le ministre pense qu’il suffira de procéder à quelques ajustements.

Concernant la réinsertion socioprofessionnelle, Paul Magnette s’est montré nuancé : « Je crois qu’il doit y avoir un lien entre l’insertion sociale et le Forem etl’insertion socioprofessionnelle, mais cela ne doit pas forcément être un lien contraignant. Maintenant, est-ce pour autant qu’on doit faire de l’insertion sociale à vie ?Personnellement, je suis contre l’assistanat. » Il a toutefois rappelé qu’il était convaincu de « l’utilité sociale » des SIS. Ajoutant : «Malheureusement ce n’est pas le discours dominant de la société. »

À propos du décret, David Praile souligne que « le problème n’est pas que les finances sont insuffisantes, mais que les exigences sont énormes par rapport auxfinancements ». Il a aussi posé à nouveau la question du sort des non-réinsérables, « si les SIS ne doivent s’occuper que des « réinsérables »». Et d’insister sur le fait « qu’une réinsertion sociale ne se mesure pas en mois, mais en années »…

La discussion reste ouverte… Et elle pourra se poursuivre d’autant plus aisément que le ministre a signalé qu’il y avait des budgets pour organiser des journéesd’études comme celles-ci.

1. Une vingtaine de SIS ont été les organisateurs de la journée.
La SIS accueillante était le Gabs (Groupe d’animation de la Basse-Sambre) :
– adresse : rue des Glaces nationales, 142-144 à 5060 Auvelais
– tél. : 071 78 42 71
– courriel : citoyennete@gabs.be
2. Cabinet de Paul Magnette,
-adresse : rue des Brigades d´Irlande 4 à
5100 Jambes
– tél : 081 32 34 11
– courriel : paul.magnette@gov.wallonie.be

Baudouin Massart

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