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Quand le social et l’écologique se rencontrent : Recup’kitchen

Chaque année en Belgique l’équivalent de 33 millions d’assiettes finit à la poubelle, de quoi nourrir 30 000 personnes pendant un an. Face à ce gaspillage, un groupe de bénévoles Bruxellois décide d’agir en établissant une cuisine dans une caravane. Celle ci servira des plats végétariens, cuisinés à partir de surplus alimentaires et de produits locaux et/ou bio.

12-02-2016
Les bénévoles de Recup'kitchen récupèrent les invendus sur les marchés bruxellois. CC Mike Copleston/Flickr.

Par Ondine Amrouche, stagiaire.

Chaque année en Belgique l’équivalent de 33 millions d’assiettes finit à la poubelle, de quoi nourrir 30 000 personnes pendant un an. Face à ce gaspillage, un groupe de bénévoles bruxellois décide d’agir en établissant une cuisine dans une caravane. Celle ci servira des plats végétariens, cuisinés à partir de surplus alimentaires et de produits locaux et/ou bio.

Le principe du projet est simple : récupérer les invendus des marchés bruxellois afin de leur donner une seconde vie et de réduire le gaspillage. Les bénévoles serviront ensuite ces plats à petit prix en se déplaçant grâce à un foodtruck dans les espaces publics de Bruxelles. Ce projet a été lancé par certains participants du potager Latinis, situé sur le site de l’ancienne gare Josaphat, à Schaerbeek. « Notre initiative n’est pas marchande. Nous sommes tous bénévoles », explique Quentin Fabri, membre du projet.

Des objectifs bien précis

Ces bénévoles ont trois objectifs. Il s’agit premièrement de faire en sorte qu’une petite partie des aliments destinés à la poubelle finisse dans nos assiettes. Ensuite, ils souhaitent permettre à la population de s’approprier les espaces publics dans leurs quartiers. « Il y a dans la ville beaucoup d’espaces inoccupés et oubliés que nous pouvons revaloriser », ajoute Quentin Fabri. Leur « Recup’kitchen » sera aussi un point de rencontre et de discussion. Ils souhaitent en faire un outil pour créer des liens et réfléchir sur plusieurs sujets. « Malgré le fait que notre initiative soit petite, nous voulons montrer qu’il est possible de vivre ensemble de manière écologique et sociale dans notre ville » souligne Hanne Van Reusel, l’une des porteuses du projet.

Afin d’acheter le matériel nécessaire à leur projet, Recup’kitchen a récolté 7530 euros grâce à une campagne de financement participatif. Ces dons leur permettront d’acheter la caravane, les meubles et d’aménager un espace agréable. « L’idée est d’aménager la cuisine comme à la maison afin d’amener le coté convivial du lieu », nous explique Quentin Fabri.

Mais en attendant…

En attendant, bien qu’ils ne soient pas encore établis dans leur « cuisine mobile », ce groupe de bénévoles se rend déjà dans les marchés bruxellois à la quête de produits alimentaires invendus. Ils cuisinent ensuite ces aliments et se déplacent à l’aide de vélos. Ils sensibilisent ainsi une plus grande partie des citoyens en partageant leur cuisine, vendue à prix libre. « Le principe du prix libre est que le client donne ce qu’il veut. Vous payez donc en fonction de votre satisfaction », détaille Quentin Fabri.

La nourriture servie varie selon les fruits et légumes récupérés sur les marchés : soupe, quiche et desserts en tout genre. Vous ne trouverez par contre pas de viande dans cette cuisine entièrement végétarienne. « Nous récoltons nos produits sur les marchés, ce sont donc des fruits et légumes locaux ce qui explique que la nourriture que l’on présente dépend aussi des saisons », conclut Quentin Fabri.

Au niveau mondial :

  • 1/3 de la nourriture produite pour la consommation humaine est jeté ;
  • 1,3 milliard de tonnes d’alimentation jetées chaque année tout au long de la chaine de production ;
  • ¼ de cette alimentation permettrait de nourrir les 870 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde.

A Bruxelles :

  • Pour les ménages : 15 000 tonnes de produits alimentaires jetées chaque année (équivalent de 15 kg par personne) ;
  • Pour les entreprises : 10 000 tonnes de produits alimentaires ;
  • Les produits alimentaires représentent 12 % du volume de nos poubelles blanches.

Source : Bruxelles environnement

Voir aussi : “Déchétarien, ah bon ?”, paru dans l’Alter Échos n°344 du 19.09.2012.

Agence Alter

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