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Pour devenir un vrai journaliste, faut-il être indépendant et bénévole ?

Les journalistes indépendants Pierre Jassogne et Anne Löwenthal ont décodé les médias lors de Bruxitizen. Tous les deux bloggeurs et très actifs sur les réseaux sociaux, ils ont fourni un constat critique de l’état actuel du métier de journaliste. Billet d’humeur inspiré par ce qui s’est dit au cours de l’atelier.

30-11-2012 Alter Échos n° 350

Les journalistes indépendants Pierre Jassogne et Anne Löwenthal ont décodé les médias lors de Bruxitizen. Tous les deux bloggeurs et très actifs sur les réseaux sociaux, ils ont fourni un constat critique de l’état actuel du métier de journaliste. Billet d’humeur inspiré par ce qui s’est dit au cours de l’atelier.

Les technologies Internet ont permis le développement du journalisme citoyen et entraîné par la même occasion le déclin des médias traditionnels. De nombreux exemples dans l’actualité démontrent que certains sujets sont parfois mieux couverts par de simples citoyens, via les réseaux sociaux. Les printemps arabes, le mouvement « Occupy » et les événements en Syrie ont été filmés et commentés par des professionnels-amateurs engagés et présents sur le terrain. Les journalistes professionnels se sont servis de cette information pour la relayer sur leurs canaux. Le thème presse traditionnelle vs journalisme citoyen a été longuement débattu aussi bien sur la blogosphère que dans les colonnes de nombreux quotidiens et magazines.

La particularité est qu’aujourd’hui, des journalistes professionnels se tournent vers les techniques des médias citoyens qui permettent selon eux, un retour au journalisme d’investigation. Certains décident de quitter les rédactions pour se concentrer sur leur blog et à ce qu’ils considèrent être du vrai journalisme. C’est le cas de l’ex-journaliste chez Sud Presse, Anne Löwenthal qui dénonce le manque d’opinion et d’esprit critique dans la presse « mainstream » « J’ai été journaliste, c’est un métier que j’aime mais qui me désole », explique-t-elle aux jeunes de la salle.

Même parcours pour Pierre Jassogne, lui aussi ancien employé chez Sud Presse, avec son blog intitulé « Lost my job, found an occupation ». Ce blog, qui a servi dans un premier temps à raconter son expérience de journaliste, est devenu ensuite son propre média où il publie ses reportages. Cette indépendance lui permet de revenir au journalisme d’investigation notamment pour son reportage « La France vue d’en haut (ép. 6) : un dimanche à Hénin-Beaumont ». Lors des dernières élections présidentielles, ce « journaliste intempestif et intermittent de l’information » (selon son compte Twitter) s’est rendu dans le fief électoral de Marine Le Pen. Le résultat : une journée de visite guidée de la ville, de ses habitants et surtout, de leur terrible malédiction d’être associés au nom de la candidate du FN. Pour Anne Lowenthal, il s’agit là d’un très bon exemple de vrai journalisme.

Une information lacunaire ?

Certes, les nouveaux médias donnent la possibilité à tout le monde de dire tout et n’importe quoi « online ». Néanmoins, le web permet de produire de manière indépendante de l’information de qualité. Selon Pierre Jassogne, les blogs vont plus loin dans le traitement de l’actualité car « dans les rédactions, aujourd’hui, la priorité c’est d’être le premier à diffuser l’info ».

Bien que les invités de ce débat aient dressé un triste tableau de la presse traditionnelle, force est de constater qu’ils ont de quoi la critiquer. Il n’existe pas de quotidien de référence dans la presse belge francophone, ce qui provoque la production d’une information lacunaire, consensuelle et qui est très souvent copiée-collée dans tous les médias. De plus, cette presse a du mal s’adapter aux outils du web 2.0 contrairement à d’autres presses dans le monde, notamment celle anglo-saxonne.

Néanmoins, être journaliste indépendant et faire du « vrai » journalisme a un prix. Anne Lowenthal et Pierre Jassogne s’adonnent à cette « occupation » de manière bénévole.

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