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Portrait pluriel des familles solo

Le nombre de familles monoparentales a fortement augmenté ces dernières années. Une étude de l’Onafts1 en dresse le portrait et confirme leur plusgrande vulnérabilité.

25-09-2008 Alter Échos n° 259

Le nombre de familles monoparentales a fortement augmenté ces dernières années. Une étude de l’Onafts1 en dresse le portrait et confirme leur plusgrande vulnérabilité.

En octobre 2007, le premier portail belge consacré aux familles solo et à leurs enfants2 pointait le nez, signe d’une évolution certaine. C’estqu’en treize ans, le nombre de familles monoparentales3 a augmenté de 32  %. Au 31 décembre 2004, il y avait en Belgique, 414 258 parents isolés, dont260 302 avec des enfants cohabitants de moins de 20 ans. Une évolution qui n’est pas seulement sociétale mais qui a également des répercussions nonnégligeables sur les revenus de ces familles, comme l’indique la dernière étude4 de l’Office national d’allocations familiales pour travailleurssalariés (Onafts).

Les familles monoparentales constituent ainsi 20,48 % de tous les ménages avec enfant en Belgique. Leur part varie toutefois selon la région. Ainsi, en Région bruxelloise,elle est presque deux fois plus élevée que dans la Région flamande, respectivement 30,86 % et 15,74 %. Alors qu’en Région wallonne, elle se monte à 25,52 %.

Presque la moitié des parents isolés ont entre 35 et 44 ans. 86  % des parents sont des femmes. À noter que les pères isolés avec enfants sont souvent plusâgés que les mères. Les pères isolés ont aussi en moyenne des enfants plus âgés que ceux des mères. Les familles monoparentales ont souvent moinsd’enfants que la moyenne. Il est rare d’en retrouver avec trois enfants ou plus.

Les femmes isolées s’en sortent moins bien

92 % des enfants dans une famille avec deux parents ont au moins un parent qui travaille. Par contre, seule une moitié (51 %) des enfants de famille monoparentale ont un parent quitravaille. Dans 28 % des cas, le parent isolé perçoit une allocation de chômage. Un peu plus de la moitié des mères isolées ont un emploi payé, contre7 sur 10 pères isolés. Le taux de chômage des mères isolées est deux fois plus élevé que celui des pères isolés (34,77 % contre 16,96 %).

Il y a plusieurs explications au taux de chômage élevé chez les parents isolés et, surtout, chez les mères isolées. En premier lieu, le droit à uneallocation de chômage de parent isolé ne peut pas être suspendu. En outre, les chefs de famille (ou cohabitants avec charge de famille) perçoivent pendant toute leurpériode de chômage 60  % de leur dernier salaire (plafonné). « De ce fait, les parents isolés, plus souvent que les personnes dans d’autres situationsfamiliales, sont confrontés aux pièges à l’emploi », expliquent les auteurs de l’étude.

Autre signe des temps, la famille monoparentale a fait son entrée dans le régime d’allocations familiales pour travailleurs salariés. Depuis le 1er mai 2007,en effet, les enfants de famille monoparentale dont le revenu se situe sous un certain plafond, ont droit à un supplément à leurs allocations familiales (cf. encadré). Au31 décembre 2007, ce supplément était payé à 50 867 parents isolés pour 78 636 enfants.

Relèvement des plafonds

À partir d’octobre 2008, un plus grand nombre de familles monoparentales auront droit à un supplément aux allocations familiales. Le gouvernement a en effetdécidé, d’une part, de majorer le plafond des revenus autorisés pour les parents isolés et, d’autre part, d’augmenter le supplément pour les familles monoparentalespour le premier et pour le deuxième enfant. L’objectif de cette mesure est de faire correspondre le supplément social pour les familles monoparentales à celui des chômeursafin que ces derniers ne perdent pas le supplément social s’ils retrouvent du travail.

À partir du 1er octobre 2008, le plafond des revenus passera donc de 1 846,53 euros à 2 060,91 euros brut par mois (= plafond des invalides avec charge de famille) pourtoutes les familles monoparentales. Et le supplément pour les parents isolés sera majoré à 42,46 euros pour un premier enfant et à 26,32 euros pour undeuxième enfant (= supplément social des chômeurs/pensionnés). À partir du troisième enfant, le supplément pour les familles monoparentales restefixé à 21,22 euros comme par le passé.

1. Onafts, Office national d’allocations familiales pour travailleurs salariés :
– adresse : rue de Trèves, 70 à 1000 Bruxelles
– tél. : 02 237 21 12
– site : www.onafts.be

2. http://www.soloupiot.be
3. Sont pris en considération pour cette étude, les parents isolés avec enfants cohabitants âgés de moins de 20 ans.
4. Focus 2008-2 : Les familles monoparentales en Belgique, téléchargeable sur : http://www.onafts.be, ongletPublications

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