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Regard critique · Justice sociale

Police et associatif au chevet des sans-abri

Une plate-forme sans-abri pourrait bien voir le jour au sein du service prévention de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles. On y retrouverait le Herscham team et le secteurassociatif. Mais tout reste à faire.

03-07-2010 Alter Échos n° 298

Une plate-forme sans-abri pourrait bien voir le jour au sein du service prévention de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles1. On y retrouverait le Herscham team et lesecteur associatif. Mais tout reste à faire.

On n’en est encore qu’aux balbutiements, mais… une plate-forme sans-abri pourrait bien voir le jour au sein du service prévention de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles (Polbru).Elle regrouperait autour du Herscham team – ayant récemment intégré la police locale – la Ville, la zone de police, le CPAS et le secteur associatif. C’est en toutcas l’intention de Pablo Alonso, directeur du service « prévention » de la zone en question. Licencié en travail social, cet ancien conseiller de Charles Picqué (PS),lorsque ce dernier avait en charge la Politique des grandes villes, fait partie du personnel civil de la police. Il constate que la police a peu accès au monde plutôt hermétiquedes sans-abri. Cette plate-forme viserait à changer des approches pratiquées jusqu’ici par les services de police, le plus souvent répressives et liées à l’ordrepublic.

Pablo Alonso a identifié trois problèmes concernant les sans-abri quand on les observe par le biais de l’œil du policier :
• « Premièrement, constate-t-il, il y a un problème de sécurité pour le SDF. Celui-ci n’a pas accès à la sécurité minimale, or c’estun milieu où il y a beaucoup de violences : coups de couteau, agressions. » Et d’ajouter que le policier est plus souvent perçu comme un ennemi, il n’y a donc pas de «capital confiance » pour la police au sein des SDF.
• Deuxième problème identifié : les nuisances. Pour notre responsable du service prévention, « il faut restaurer la « dignité » chez les SDF et enmême temps, il faut trouver une solution par rapport à un problème de nuisance qui existe et qui est réel au centre-ville, en termes de tranquillité publique etd’image. »
• Troisième élément pointé par notre interlocuteur, la méconnaissance et le manque d’informations sur les sans-abri. « Il y a un déficitd’informations concernant le milieu des sans-abri, qui en fait partie, car la police n’a pas de contact dans ce milieu. Or les SDF voient beaucoup, savent beaucoup… Il y a un potentiel pourélucider certaines affaires », explique Pablo Alonso. Et d’ajouter : « Le SDF est très précarisé, car personne ne les réclame en cas disparition.»

Notre interlocuteur observe aussi que certaines choses ont changé : « Avant, il y avait le pouvoir de collocation du bourgmestre quand la personne avait des problèmes desanté mentale. Depuis la fin de la collocation, on constate une augmentation des problèmes de santé mentale en rue. Les SDF divaguent, il ne s’agit plus d’un problème depauvreté. Soit on se dit que cela ne relève pas de la police, soit on fait quelque chose. » D’où l’idée de mettre en place une plate-forme spécifique.

Le retour du Herscham team

Après avoir mené pendant six ans un travail préventif de terrain auprès des sans-abri dans les stations de métro et les gares bruxelloises, le Herscham team – fort de trois policiers – a repris du service le 3mai dernier au sein de Polbru pour s’occuper des sans-abri en surface , laissant son ancien terrain d’action à la nouvelle cellule fédérale Hestia (voir AÉchosnº 293 : Nouvelles locomotives pour les SDF du rail).Concrètement, le Herscham team va continuer à faire le travail qu’il faisait jusqu’ici. « Mais ce qui l’aiderait, poursuit Pablo Alonso, c’est un groupe pluridisciplinaireprofessionnel de l’intervention auprès des SDF. »

Plus précisément, la plate-forme pourrait regrouper des partenaires tels que la Ville de Bruxelles, la commune d’Ixelles, les deux CPAS. Mais aux côtés de ceux-ci, onpourrait retrouver des acteurs du milieu associatif, tels l’asbl Bravvo, le Samu social, Diogènes (travail de rue avec les SDF), La Fontaine (soins infirmiers pour personnes sans-abri), laPlate-forme pauvreté, Dune (service actif en matière de toxicomanies), le Forum bruxellois de lutte contre la pauvreté, le Smes-B (service de santé mentale), les maisonsd’accueil, etc. À notre connaissance, les partenariats ne sont pas encore concrétisés à ce jour. Mais le service prévention de Polbru souhaiterait s’appuyer sur cesacteurs. Pour son directeur, une telle plate-forme permettrait de trouver des solutions d’urgence et des solutions structurelles pour les SDF.

1. Zone de police Bruxelles-Capitale,Direction générale :
– adresse : rue du Marché au charbon, 30 à 1000 Bruxelles
– tél. : 02 279 79 07
– site : http://polbru.be

Baudouin Massart

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