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“Polémiques sur la formation des jeunes à la suite du sommet de Luxembourg”

15-12-1997

A l’issue du sommet extraordinaire sur l’emploi de Luxembourg, Jean-Luc Dehaene et Miet Smet, Premier ministre et ministre fédérale de l’Emploi et du Travail1, déclaraientqu’une plus grande pression pourrait être exercée sur les chômeurs afin qu’ils acceptent une formation, un stage ou un travail à temps partiel.
Le sommet de Luxembourg a en effet abouti sur la décision d’augmenter significativement le nombre de chômeurs en formation/insertion. Les mesures d’exécution de ces lignesdirectrices sont à spécifier au niveau national à l’issue de concertations avec les partenaires sociaux.
Pour Dehaene, «La pression pourrait aller jusqu’à retenir une partie de l’allocation de chômage», à l’instar de ce qui se fait dans d’autres pays européens. EtMiet Smet d’avancer, quelques jours plus tard, l’exemple danois pour argumenter la réduction d’un tiers des allocations de près de 33.000 jeunes chômeurs
Différentes réactions ont suivi.
Pour les organisateurs des marches européennes2, il s’agit d’un «ballon d’essai qui vise à mettre la pression avant les négociations du printemps sur le pacte social» : ils rappellent que l’assurance-chômage est d’abord un droit et refusent toute mesure coercitive. De telles modalités d’activation des allocation jouent pour eux le détricotagede la sécurité sociale et la précarisation des emplois.
Elio Di Rupo, vice-premier ministre, s’est quant à lui manifesté à l’issue de la réunion du Gouvernement fédéral du 11 décembre : il affirme sonaccord sur les objectifs (plus de chômeurs en formation) mais pas sur les méthodes. Voyant les jeunes chômeurs comme des gens actifs dans leur recherche d’emploi, il dit vouloirdes politiques qui les stimuent au lieu de les contraindre.
Les responsables régionaux de l’emploi et de la formation ont eux aussi réagi : ils rappellent qu’ils devront au moins en partie supporter la charge financière induite par lesdécisions européennes, et préfèrent diagnostiquer les problèmes du chômage des jeunes du côté de l’offre de formation. Et d’affirmer qu’il fautéviter de faire de la formation pour la formation, et privilégier des processus d’insertion à destination de jeunes qui sont dans une démarche volontaire, et quimènent à des emplois.
D’autres réactions ont encore émané de différentes jeunesses politiques et syndicales.
1 Cabinet : rue Belliard 51-53 à 1040 Bruxelles, tél. : 02/233 41 11, fax 02/233 44 88.
2 c/o AP, rue de la Tulipe 34 à 1050 Bruxelles, tél. : 02/502 37 80.
3 Cabinet : square de Meeüs 23 à 1000 Bruxelles, tél. : 02/506 51 11, fax : 02/514 46 83.

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