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""Partenariat école entreprise" : projet pilote du CSEF du Hainaut Occidental"

18-06-2001 Alter Échos n° 100

Propre au Comité subrégionnal de l’emploi et de la formation (CSEF) du Hainaut occidental1, le « Partenariat École Entreprise » est un projet pilote pour la Wallonie. Plusde 100 entreprises et la plupart des écoles de l’enseignement technique et professionnel de la région y participent. Le programme s’adresse exclusivement auxélèves du secondaire supérieur et a touché jusqu’ici environ un millier d’élèves. Ce programme a été mis en place sur la base deconstats bien identifiés : « la différence entre la formation fournie aux élèves dans les écoles et les exigences des entreprises quant à lamain-d’œuvre qu’ils emploient » et « la détérioration du public qui fréquente les écoles professionnelles et techniques » ; par ailleurs, ce projet a laqualité de redonner prise aux élèves sur « un système de production de moins en moins visible », explique Marc Myle, secrétaire-coordinateur du CSEF. Pour IsabelleNuttin et Sandrina Gossart2, chargées du projet, le but essentiel est de montrer « que pour travailler, il faut être motivé et posséder diverses compétences, commeles langues. Peu d’élèves se font une bonne idée du monde de l’entreprise : conditions de travail, horaires, matériel utilisé… »
Objectif : proposer aux classes des visites en entreprise. La mission du CSEF est avant tout de servir de relais ; c’est-à-dire qu’il recherche les entreprises adéquates,puis met en contact les parties en tenant compte des souhaits de chacun. Le CSEF prépare la visite via la remise d’un dossier pédagogique aux enseignants et d’un CD-Romexplicatif. Du côté de l’enseignant, le travail préparatoire est essentiel : en classe, il doit susciter l’intérêt et donner toutes explicationspréalablement nécessaireý. Franoise Delcroix, de l’Institut Sainte-Union à Tournai témoigne de sa participation au programme ; elle estime que la visite enentreprise ne constitue qu’une amorce : « Bien des élèves du secondaire supérieur ne savent pas ce qu’ils veulent faire après l’école, etmême si leur volonté de sortir du monde de l’école est manifeste, deux heures de visite, c’est trop court. Le seul véritable moyen de faire connaissance avec unmétier est le stage, que je préconise d’ailleurs à mes élèves. Les visites en entreprise, si elles sont suivies de discussions en classe constituent seulementune base de réflexion ». L’effort de l’enseignant doit donc être poursuivi pendant et après la visite pour exploiter les apports de celle-ci.
Une telle initiative demande donc à l’enseignant de s’investir, même parfois de prendre entièrement en charge les visites (contacts, transports, etc.). Larigidité de l’organisation de certaines écoles se voit également bousculée, et devant l’effort que doit fournir l’enseignant, un soutien accru des PMSpour la partie orientation, de la direction des établissements scolaires pour l’organisation des activités, et des parents pour la motivation des élèves notamment,favoriseraient un meilleur fonctionnement du programme. Mais pour Françoise Delcroix, c’est surtout du côté des enseignants que la motivation fait le plus défaut : »la plupart ne veulent pas se bouger », regrette-t-elle.
On pourrait soupçonner l’éventualité d’une implicite remise en cause des enseignants face à ce programme, Sandrina Gossart évoque ainsi le cas où »lors des visites, les élèves découvrent un aspect important du métier qui n’est pas abordé au cours ». Mais Françoise Delcroix assure que ducôté enseignant, « on ne s’en inquiète pas trop, il faut pouvoir faire la part de choses. De plus, les entreprises ne font aucune critique et les classes sont trèsbien accueillies ».
Dans le chef des entreprises, on constate en effet une grande demande pour ce genre d’initiative. Sans doute parce que nombre d’entre elles éprouvent des difficultésà trouver du personnel qualifié, mais les chargées de projet au CSEF pointent aussi des éléments affectifs, relatifs à la fierté : les visitesétant l’occasion de revaloriser le personnel et leur métier tandis que les élèves réalisent les compétences que celui-ci requiert.L’intérêt des entreprises dans ce programme pourrait résider par ailleurs dans sa tendance à amener les écoles à faire évoluer leur enseignementdans le sens de l’industrie, voire simplement le subordonner au monde économique. Mais lorsqu’on évoque un semblable impact, les chargées de projet s’empressentde rappeler que « l’enjeu premier est bien de sensibiliser les élèves aux métiers et donc l’impact se situe plus au niveau de l’orientation que de laformation ».
Afin encore de sensibiliser les enseignants aux hautes technologies, le CSEF organise des visites dans les centres de compétences en Wallonie. Plus réticentes jusqu’ici(sensibilité plus distante de l’entreprise, peu de stages y sont organisés), les écoles de l’enseignement général devraient ainsi bientôtêtre intégrées dans un autre volet du programme. Ce volet, qui en est pour l’instant à sa phase exploratoire, concernera les élèves de dernièreannée et les métiers techniques et scientifiques de haut niveau, et devrait se concrétiser vers février 2002.
1 CSEF, rue Moulin de Marvis, 9 à 7500 Tournai – tél. : 069/22 21 78 – fax. : 069/22 19 68 – contact : Marc Myle (secrétaire-coordinateur).
2 Isabelle Nuttin et Sandrina Gossart, rue Moulin de Marvis, 9 à 7500 Tournai – tél. 069/22 21 78 – fax. : 069/22 19 68.

Agence Alter

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