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Nouveau plan de lutte contre les violences faite aux femmes

Le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le gouvernement wallon et la Commission communautaire française (Cocof) ont adopté début juillet le plan intra-francophone 2015-2019 de lutte contre les violences sexistes et intra-familiales. Avec pour priorité la lutte contre les violences sexistes et familiales. «Ces mesures resteront lettre morte si elles ne sont pas accompagnées du budget adéquat», s’inquiètent Amnesty International Belgique et SOS Viol.

25-08-2015
©Flickr CC

Le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le gouvernement wallon et la Commission communautaire française (Cocof) ont adopté début juillet le plan intra-francophone 2015-2019 de lutte contre les violences sexistes et intra-familiales. 

Une femme sur sept a été confrontée à au moins un acte de violence commis par son (ex)-partenaire au cours des 12 derniers mois. Chaque jour, 7 viols sont commis. En 2013, les statistiques policières ont recensé en Belgique 39.746 procès-verbaux relatifs à des faits de violences conjugales. 162 personnes sont mortes des suites de violences conjugales.

Ces quelques chiffres ont interpellé la ministre des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, Isabelle Simonis, à l’initiative du plan intra-francophone 2015-2019 de lutte contre les violences sexistes et intra-familiales.

Focus sur les luttes contre les violences sexuelles

Le plan précédent visait surtout les violences telles que les mariages forcés, les mutilations génitales et les violences liées à l’honneur. Pour les quatre années avenir, la lutte contre le viol, le harcèlement sexuel et la prostitution seront au cœur des priorités des trois gouvernements. 

Concrètement, ce plan intra-francophone contient six principales lignes directrices : 

  1. la violence conjugale et à l’égard des enfants ;
  2. les violences sexuelles (viol, harcèlement sexuel et prostitution) ;
  3.  les mariages forcés ;
  4.  les mutilations génitales féminines ;
  5. les violences liées à l’honneur ;
  6. les violences sexistes.

Parmi ces mesures, figurent notamment la création d’une ligne d’écoute gratuite pour les victimes de viol 7j/7, 24h/24.

Le plan promet aussi de soutenir les initiatives du secteur associatif apportant une aide psycho-médico-sociale et/ou juridique aux victimes ; de favoriser la formation continue sur les violences sexuelles des professionnels de la santé, du social et du secteur juridique et de renforcer les animations d’Éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) sur les violences liées au genre dès l’enseignement fondamental. La collecte de données statistiques concernant les différentes formes de violence envers les femmes fait également partie des priorités du Plan.

Les autres mesures phares concernent la lutte contre les mariages précoces et forcés, ainsi que la lutte contre les mutilations génitales. Sont prévus : la désignation de personnes référentes « mutilations génitales » au sein des hôpitaux, de l’ONE, des PMS, SAJ, services de police, etc., l’établissement d’un protocole d’intervention pour renforcer l’accueil et la prise en charge des victimes de mariages forcés et de violences liées à l’honneur.

Les associations prudentes

SOS Viol et Amnesty International Belgique francophone saluent dans un communiqué conjoint la prise en compte spécifique des violences sexuelles dans ce nouveau plan et la création d’une ligne téléphonique « SOS Viol » disponible 7j/7 et 24h/24. Les deux associations regrettent toutefois que « le Plan ne prévoie pas de lancer une campagne de sensibilisation contre le viol, mais seulement “d’envisager la pertinence” de le faire ». Les  deux associations s’inquiètent également « de ne pas voir de référence à la nécessité de travailler en réseau, la problématique des violences sexuelles touchant pourtant plusieurs secteurs (politique, judiciaire, santé, social, etc.) ». Aussi, notent-elles, « le Plan ne fait pas mention de l’amélioration du suivi de la procédure judiciaire de prise en charge des victimes de violences sexuelles ».

« Ces mesures resteront lettre morte si elles ne sont pas accompagnées du budget adéquat », s’inquiètent Amnesty International Belgique et SOS Viol. Les associations demandent « que la priorité accordée à la lutte contre le viol soit concrétisée lors du vote des budgets des différentes entités. Le financement des services ambulatoires d’accompagnement des victimes de violences sexuelles doit également être assuré. »

Reste aussi à espérer que le fédéral suive.  « Forts de cette concertation sur les volets sensibilisation, prévention, prise en charge des victimes et accompagnement pour sortir du cycle des violences, nous adresserons nos priorités au gouvernement fédéral pour que le nouveau Plan d’action national puisse proposer une action concertée de tous les niveaux de pouvoirs », a déclaré la ministre à ce sujet. 

Manon Legrand

Manon Legrand

Coordinatrice Alter Échos, journaliste (social, logement, environnement)

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