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Environnement

Nos Pilifs expérimente l’éco-digesteur

11 novembre 2015 Pierre Jassogne

Au cœur du parc d’activités de Neder-Over-Hembeek, la ferme Nos Pilifs entame une véritable révolution dans la gestion des déchets des entreprises, avec la mise en place d’un éco-digesteur, une machine qui transforme directement à la source des restes alimentaires en engrais biologique.

Depuis longtemps maintenant, la ferme Nos Pilifs ne cesse de mener des efforts dans le tri des déchets, la consommation de produits recyclables ou la gestion des énergies et de l’eau, en misant sur les synergies avec les entreprises à proximité et en favorisant l’économie circulaire. Dans l’avenir, la ferme bruxelloise n’entend pas baisser la garde. Dans ses cartons depuis deux ans, un projet ambitieux, soutenu par Ecores notamment, avec la réalisation d’un système de collecte et traitement des déchets alimentaires en provenance de différents établissements situés à proximité du parc d’activités de Neder-Over-Hembeek, tels des traiteurs, des maisons de repos, l’hôpital militaire Reine Astrid, ou le campus Solvay. La collecte et le traitement seront directement effectués par la ferme.

Quant aux déchets, ils seront traités dans un éco-digesteur. Cette machine permet, par une augmentation de température jusqu’à 70°C, par un brassage des déchets alimentaires, la réduction de ceux-ci jusqu’à 10 % de leur volume ainsi que la production d’un engrais, en moins de 24 heures, sous l’action d’une fermentation accélérée. « En tout, deux machines d’une capacité de 100 kg seront nécessaires pour pouvoir traiter la quantité de déchets produite chaque semaine par les partenaires de la zone d’activités, prenant part à ce projet », explique Benoît Ceysens, directeur de la ferme Nos Pilifs. En effet, en faisant fonctionner les éco-digesteurs cinq jours par semaine, 2000 kilos de résidus pourront être traités de manière hebdomadaire, ce qui donnerait un gisement annuel d’environ 108 tonnes de déchets alimentaires, en provenance des entreprises situées sur les zones d’activité économique de Neder-Over-Hembeek, grâce à la mise en place d’un système de récoltes des containers des sociétés par les travailleurs de la ferme.

Le système existe et est déjà exploité en France sur un modèle similaire, mais à Bruxelles, ce serait une première, d’où la volonté de la ferme Nos Pilifs de faire de ce projet de gestion des déchets un cas d’école. « Si le système fonctionne, l’idée est d’en faire un modèle exploitable à l’échelle d’autres parcs d’activités, sur une plus grosse chaîne de gestion de déchets, avec pourquoi pas, pour notre ferme, la création d’un parc à matière », poursuit Benoît Ceysens.

Le projet est encore à l’étude et attend encore une série d’autorisations, notamment de l’IBGE, pour être définitivement opérationnel. Quoiqu’il en soit, on sait que l’investissement total pour l’équipement et l’infrastructure reviendrait à 81.629 €. Le coût opérationnel annuel serait de 11.701 €/an. En facturant les entreprises à 0,19 €/kg pour la collecte de leurs déchets alimentaires, et en revendant l’engrais à 0,25 €/kg, le temps de retour sur investissement serait normalement de trois ans pour la ferme Nos Pilifs.

A propos de l'auteur(e)

Pierre Jassogne

Pierre est devenu journaliste en 2010 après des études en lettres lors desquelles il se passionne pour les rapports entre littérature et presse. Enfant, il voulait déjà devenir journaliste et se revoit très bien ennuyer parents et voisins en faisant des interviews avec un enregistreur Fisher Price à cassette avec micro incorporé pour un journal parlé imaginaire. Bref, il avait ce métier dans le sang, mais à la naïveté de ses premiers pas dans ce métier, sa conception du journalisme a rapidement évolué : au début, il était dans le flux de l’info, de l’événement, du scoop à tout prix, mais a très vite décroché pour tenter d’autres voies à l’instar de sa collaboration avec Alter Échos commencée en 2012. Selon Pierre, le journalisme doit être dans les marges du réel, en refusant l’évidence, en allant au-delà de ses propres convictions aussi, en se frottant aux contrastes du monde, mais en y puisant chaque fois une certaine expérience des hommes, des choses, à travers des visages ou des sensations. Idem pour le social : au-delà des politiques menées, des subsides octroyés, des noms de ministres, il en va davantage du témoignage d’un engagement, d’une conviction portée par des citoyens, souvent anonymes, pour rendre ce monde un peu plus juste, un peu plus vrai. « Comme journaliste, on tente de rendre audibles ces preuves de résistances humaines face au discours inquiétant de la financiarisation à outrance, du populisme politique ou de la numérisation sans visage ». « Se reposer ou être libre », disait le philosophe grec Thucydide, quatre siècles avant notre ère. Face à la montée de l’insignifiance, il en va de même pour le journalisme, même si la tâche est grande, difficile, mais néanmoins stimulante et passionnante.

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