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Namur réfléchit sur « l'inburgering à la wallonne »

Le contexte n’est pas le même qu’en Flandre ou à Bruxelles, mais en Wallonie aussi on réfléchit aussi à la mise en place d’un dispositif d’accueil desprimo-arrivants. Ici, en province de Namur.

03-04-2011 Alter Échos n° 313

Le CAI Namur (Centre d’action interculturelle de la province de Namur) réfléchit à la mise en place d’un dispositif d’accueil des primo-arrivants. La provincecompte plusieurs centres d’accueil.

« Le contexte n’est pas identique à ce qui se passe en Flandre ou à Bruxelles mais en Wallonie aussi on réfléchit effectivement à la mise en placed’un dispositif d’accueil des primo-arrivants qui se déclinera : l’apprentissage de la langue française, l’insertion sociale (logement, santé, impôts,participation, vivre ensemble) et l’insertion socioprofessionnelle (recherche active d’emploi, équivalence des diplômes, formation continue) mais à la différence dumodèle flamand, il n’y aura pas d’obligation et le travail devrait s’appuyer essentiellement sur les initiatives locales des opérateurs existants », déclareBenoîte Dessicy, directrice du CAI Namur.

Le travail de ce CRI (centre régional d’intégration des personnes étrangères ou d’origine étrangère), actif en province de Namur, n’est pasvraiment facilité par l’étendue du territoire (3666 km.2) et le morcellement des pouvoirs (trois arrondissements et 38 communes) pour environ 465 000 habitantsvivant dans un contexte plus rural. « Des centres urbains comme Bruxelles, Liège ou Charleroi accueillent évidemment plus de primo-arrivants que Namur mais la province comptebeaucoup plus de centres d’accueil (Florennes, Gembloux ou Dinant). Il y a parfois des problèmes de mobilité par manque de décentralisation des services et surtout un manque dela quantité de l’offre pour le public cible découlant du peu de moyens mis à disposition des opérateurs de terrain. Nous devons rapidement renforcer les opérateurslinguistiques, mieux coordonner les actions et chercher des moyens pour augmenter l’offre », ajoute la directrice.

Le CAI Namur cible prioritairement ses actions sur cinq villes de la province (Namur, Sambreville, Gembloux, Florennes et Dinant) avec, d’une part, un plan local d’intégration làoù la problématique est plus aiguë (Namur et Sambreville) et, d’autre part, avec une attention particulière pour les problèmes d’intégration des personnesétrangères dans les plans de cohésion sociale (ex.  : Gembloux) pour les communes qui privilégient l’axe de la cohabitation entre population étrangère etpopulation autochtone wallonne.

Le principal défaut actuel de la situation en Wallonie est l’insuffisance de l’offre de services, l’absence d’uniformisation des services et le manque de coordination desacteurs locaux. « C’est à ce niveau qu’on espère régler le problème avec l’élaboration d’un état des lieux plus précis de chaqueassociation pour éviter, notamment, que chacun reste dans son coin. La mise en commun des expériences et une meilleure formation des animateurs et des fonctionnaires permettrontd’améliorer le vivre ensemble. Dans certaines communes, nous avons aussi initié des formations pour les fonctionnaires communaux afin de les sensibiliser à ladiversité », conclut Benoîte Dessicy.

Destination privilégiée notamment par les nouveaux migrants russophones et albanophones, la province de Namur devrait relever le grand défi de l’intégration rapide despopulations dans un contexte de crise économique et politique de plus en plus difficile.

En 2008, la province de Namur comptait 465 380 habitants dont 19 868 étrangers (4,27  %), mais ces chiffres ne tiennent pas compte des demandeursd’asile ou des personnes ayant acquis la nationalité belge.
Les communes namuroises comptent sur la présence durable des « anciens immigrés » (Italiens, Espagnols, Grecs, Turcs et Marocains), mais aussi surl’arrivée plus récente des nouveaux migrants de pays de l’Europe de l’Est, des Balkans et de l’Afrique subsaharienne, pour lesquelles les politiquesd’accueil et d’intégration ne sont pas toujours les mêmes à mettre en place.
A l’exception des demandeurs d’asile, 71  % des étrangers en province de Namur sont originaires d’un pays membre de l’Union européenne contre 7 %d’Européens hors UE et 13  % d’Africains. Les demandeurs d’asile sont principalement originaires d’Afrique noire, des Balkans, des pays de l’ex-URSS et duMoyen-Orient (Afghanistan et Iraq). L’analyse des prestations des interprètes du Setis de Namur (un organisme de traduction et d’interprétariat social) indique une fortedemande pour les langues albanaise, russe et arménienne, en particulier dans le secteur de la santé mentale.

1. Centre d’action interculturelle de la province de Namur :
– adresse : rue Docteur Haibe, 2 à 5002 Saint-Servais
– tél. : 081 73 71 76.

Mehmet Koksal

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