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Menace sur les emplois "grandes villes" à La Louvière

La constitution du gouvernement prend du temps. Une valse-hésitation qui, en période d’affaires courantes n’arrange pas les bénéficiaires de subventions. Dans le cadrede la Politique des grandes villes, l’inquiétude quant au changement de donne politique a conduit les édiles de plusieurs localités à anticiper de six mois la fin duprogramme de subsides1, mettant ainsi en péril des dizaines d’emplois à travers la Région wallonne, dans les associations dépendant de cette mannefédérale.

28-08-2007 Alter Échos n° 233

La constitution du gouvernement prend du temps. Une valse-hésitation qui, en période d’affaires courantes n’arrange pas les bénéficiaires de subventions. Dans le cadrede la Politique des grandes villes, l’inquiétude quant au changement de donne politique a conduit les édiles de plusieurs localités à anticiper de six mois la fin duprogramme de subsides1, mettant ainsi en péril des dizaines d’emplois à travers la Région wallonne, dans les associations dépendant de cette mannefédérale.

À La Louvière, l’Action Prévention Proximité du Plan Stratégique de Prévention et de Sécurité x]2[/x], le Centre régional d’ActionInterculturelle du Centre3, La Louvière Plus, mais aussi les Maisons de Quartiers, la Maison des Associations, et encore le Centre de jeunes Indigo4 ont en commun debénéficier des subsides reçus dans le cadre de la Politique des grandes villes. Il s’agit pour la plupart de subsides de fonctionnement. Or, début juin, les quarante-troistravailleurs louviérois dépendant de ces associations se sont vus signifier leur préavis « pour absence de subsides », six mois avant la date fatidique de fin deprogramme. Reçus mi-juin par le bourgmestre louviérois, Jacques Gobert (PS), les travailleurs, apprendront qu’il appartiendra au futur gouvernement de négocier la suite duprogramme.

« Si seize villes sont concernées par la mesure, La Louvière a été la seule à ne pas anticiper l’éventualité d’un arrêt de subvention», dénonce Jean-Pierre Michiels, conseiller communal, pour le parti Ecolo. « Nous sommes conscients que le travail pourrait être mis à mal si la politique des grandesvilles n’était pas reconduite, regrette le bourgmestre Louviérois, mais rien n’indique que les mêmes axes seront repris… »

Les syndicats sur le qui-vive

Un lobbying intensif a été entrepris auprès du formateur, sans succès jusqu’à présent. De leur côté, les organisations syndicales (SetcaCentre et CGSP) s’inquiètent de la « politique éminemment préventive de la ville » ; tentent de ramener toutes les parties autour de la table de négociationset fourbissent leurs armes. Un préavis d’action a été déposé pour la rentrée.

Le paradoxe de cette situation, se situe dans les bons résultats de ces différentes associations, maintenant menacées « de mettre la clé sous le paillasson»5. Les syndicats insistent sur la plus-value positive dégagée par tous les services. Mais surtout, la ville de La Louvière paie là de manièretrès claire et très chère, le « tout au subside » mis en place lors de la législature précédente, qu’impliquait – et qu’implique encore– une gestion financière particulièrement limitée par des budgets très serrés. Tout le monde en convient, il serait dommage de se priver de la plupart desservices créés grâce à la Politique des Grandes Villes6.

1. La politique des Grandes villes se présente sous la forme d’un programme organisé selon un cycle de trois années, dont l’échéance est fixée pour le 31décembre 2007.

2. Il s’agit des animateurs de rue, qui constituent pour certains le seul lien social avec les jeunes en difficulté dans certains quartiers difficiles. Avec les Maisons de quartiers, ilsorganisent à l’attention des habitants des activités sportives et culturelles.
3. les médiateurs interculturels ont pour mission de mettre sur pied un accueil spécifique aux nouveaux habitants de la commune et de faciliter leur intégration, ainsiqu’à l’attention des personnes d’origines étrangères.
4. Il s’agit d’associations qui militent dans le travail de type communautaire, dans les secteur de l’action sociale, ou multiculturelle, la réinsertion professionnelle.
5. La ville de La Louvière devrait trouver quelque 3 millions d’euros pour pérenniser le personnel du programme.
6. Dans le cadre de la Politique des Grandes Villes, le gouvernement fédéral porte une attention particulière aux problèmes spécifiques rencontrés dans lesvilles (le chômage, l’exclusion, la détérioration du cadre de vie). Les autorités locales bénéficient d’une aide de l’État fédéral, ellessont appelées à élaborer des projets et établir un plan d’action visant les zones urbaines en difficulté.
(Amélioration du cadre de vie, des conditions de vie, de la sécurité, renfort de la fonction économique). Le programme est également impliqué dans laréhabilitation de logement et dans la sécurité routière.

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