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"Manifestation "Bien-être pour tout le monde" : réponse du gouvernement et malaise syndical"

05-06-2001 Alter Échos n° 99

Les syndicats, les mutuelles, les grands mouvements associatifs, le PS, Écolo et le PSC défilaient dans les rues de Bruxelles le 20 mai sous le slogan « Le bien-être pour toutle monde ! Pas d’exclusion sociale ». Il s’agissait d’obtenir du gouvernement fédéral que les « fruits de la croissance » soient également destinés auxallocataires sociaux, parce que ceux-ci sont relativement peu touchés par la réforme fiscale entérinée le 18 mai par la coalition arc-en-ciel. Les revendicationsétaient chiffrées : 60 milliards.
Le lendemain, le lundi matin, le gouvernement fédéral se réunissait spécialement autour du cahier de revendications de la manifestation. Il s’étaitengagé à répondre par une série de propositions. Il en ressort principalement un calendrier des grands débats à mener d’ici à la fin del’année pour une refonte de la Sécurité sociale. » Le gouvernement propose les thèmes suivants :
> sécurité sociale et liaison au bien-être : objectif, instruments, financement,
> financement futur de la Sécurité sociale (dont le Fonds de vieillissement),
> égalité des chances et protection sociale (adaptation aux nouvelles formes de vie commune, familles monoparentales, discriminations, conciliation vie privée/vieprofessionnelle, pensions alimentaires,…),
> Europe sociale,
> des allocations sociales plus équitables (minima, plafonds salariaux, modulation familiale, etc.),
> économie socialement responsable (fermetures d’entreprises, labels sociaux),
> accessibilité pour tous à des soins de qualité (entre autres maximum à facturer),
> nouveaux risques professionnels (prévention, stress, modernisation des régimes accidents du travail et maladies professionnelles,…),
> augmentation du taux d’emploi,
> lutte contre la pauvreté (Plan national d’action contre la pauvreté, minima de moyens d’existence, participation),
> priorités fédérales en ce qui concerne les personnes âgées,
> politique des handicapés.
Le gouvernement précise en fait les grandes lignes ébauchées dans la déclaration gouvernementale de l’été 99. Pour les ministres Vandenbroucke etOnkelinx, la sécurité sociale doit servir à atteindre le plein emploi et à lutter contre la pauvreté1.
Les réactions syndicales ont été rapides. En substance : la sécurité sociale doit d’abord rester le mécanisme de solidarité et d’assuranceface aux risques sociaux. Question de mots ? Pas seulement : dans les pistes du gouvernement, on propose que le bonus de 30 milliards de la sécu, dû à la bonne conjoncture depuisun an et demi, puisse être réinjecté dans le budget de l’État pour le remboursement de la dette publique. Pour les syndicats, pas question : cette manne doit servirà rehausser les minima sociaux des plus défavorisés, en allant plus loin que les mesures déjà envisagées par le gouvernement. Plusgénéralement, ils se disent déçus et trompés :
> l’effort budgétaire du gouvernement en 2002 serait de 10 milliards, six fois trop peu, d’ailleurs déjà prévus depuis octobre,
> le débat serait ouvert trop largement au risque de dérives,
> et le calendrier ne serait pas assez volontariste, surtout comparé au « marathon » de la réforme fiscale.
Pour Guy Verhofstadt, aller dans le sens de plus de dépenses serait purement et simplement céder à la tentation du court terme : « Une protection sociale durable requiert uneassise économique solide et durable », affirme le communiqué du gouvernement. Les syndicats promettent un bras de fer, si nécessaire.
Le mardi 22, les esprits s’apaisent quelque peu lors d’une rencontre gouvernement-syndicats à 16 h. Le gouvernement s’engage à explorer toutes les marges possiblesdans le budget 2002 pour déplafonner les 10 milliards, à ne pas élargir les débats à mener à des interlocuteurs qui ne participent pas déjàà la gestion de la sécu, et à les clôturer pour la fin de l’année. Pas de réactions syndicales notables. On attend les premières tablesrondes.
1 Communiqué « Rencontrer les défis de la solidarité sociale », 21 mai 2001, http://vandenbroucke. fgov.be/Zbijlage010521.htm

Thomas Lemaigre

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