Live in Color. Parrainage en mode mineur

par Julie Luong

Live in Color. Parrainage en mode mineur

Live in Color. Parrainage en mode mineur

Julie Luong
Photos : Pierre Vanneste
6 juillet 2018

En organisant le parrainage de mineurs étrangers non accompagnés (MENA) par des familles de volontaires, Live in Color fait le pari d’une intégration à long terme de ces jeunes. Mue par un «dynamisme entrepreneurial», l’asbl liégeoise prône une approche pragmatique: face à ces ados en totale rupture culturelle et affective, les bonnes intentions ne suffisent pas. Il faut être formé et informé. Au risque de creuser les malentendus.

Live in Color. Parrainage en mode mineur

On n’est pas un migrant comme un autre quand on a 17 ans. Arrivés en Belgique après un parcours semé d’embûches et de zones d’ombre, de nombreux jeunes se retrouvent livrés à eux-mêmes. À Liège, l’association Live in Color organise le parrainage de ces MENA, afghans pour la plupart, par des volontaires. Faire ses courses, trouver un logement, appréhender le fonctionnement culturel et institutionnel de la Belgique: le quotidien est au centre de cette démarche visant l’intégration.

Été 2015. Les images de migrants exténués arrivant en Cité ardente créent l’émotion. Chef d’entreprise dans le secteur de la communication, Nadine Lino décide avec quelques amis de mobiliser les forces vives citoyennes. Grâce à Facebook et au bouche-à-oreille, vivres et vêtements sont rassemblés, stockés et distribués en l’espace d’un week-end. Un franc succès qui marque le début de l’asbl Live in Color, installée dans les mêmes locaux que la boîte de Nadine Lino, Lusis Communication. Au cours des mois qui suivent, l’association déploie diverses activités orientées vers «le mieux vivre ensemble avec un accent sur la citoyenneté et l’enfance», comme nous l’explique Fabian Tasset, responsable du programme de parrainage au sein de l’association.

Au centre de la Croix-Rouge de Bierset, Live in Color met ainsi sur pied une école des devoirs. Et prend conscience qu’au-delà des besoins matériels et pédagogiques, la demande affective est immense. Naît alors l’idée d’un programme de parrainage MENA (mineurs étrangers non accompagnés), devenu aujourd’hui la principale activité de l’asbl, qui assume une approche artisanale et fondée sur le «dynamisme entrepreneurial». Limitées à la province de Liège, ses activités reposent en grande partie sur le réseau personnel et professionnel des initiateurs. «En termes d’approche pour faire connaître et financer l’association, le fait que Nadine Lino vienne du monde de la communication se ressent très fort, estime Fabian Tasset. En ce sens, nous nous distinguons pas mal de l’associatif classique. Nous nous sommes par exemple tournés vers le privé et non vers l’institutionnel pour obtenir des fonds pour le parrainage. Nous avons quelques subsides, mais minoritaires, et nous sommes essentiellement axés sur le volontariat, avec un réseau de personnes ressources qui peuvent donner un coup de main: une camionnette pour le déménagement d’un jeune, la recherche d’un logement, etc.»

Aujourd’hui, Live in Color coordonne le parrainage de quelque soixante mineurs et celui d’une petite vingtaine de «jeunes adultes» de 18 à 23 ans. «Le parrain s’engage à voir le jeune au moins trois fois par mois, pendant une durée de minimum trois ans et au moins jusqu’à sa majorité. Il ne s’agit pas d’organiser des activités pour lui, mais de l’intégrer à son quotidien. L’objectif du parrainage, c’est d’apprendre la langue et de découvrir comment les choses fonctionnent en Belgique afin de favoriser l’autonomie. Comment faire des courses? Quand aller chez un médecin? Comment s’adresser à un adulte? À une femme? Comment se conduire à table, avec les animaux de compagnie? Les chocs culturels sont partout. Or, au cours des décennies précédentes, on a pu observer que les effets de communautarisation étaient inévitables à partir du moment où il n’y a pas cette logique de la main tendue, estime Fabian Tasset. Le fait de pouvoir construire une relation forte permet de faire tomber certains clichés, certaines frontières. Prenons simplement l’exemple d’un jeune qui dirait ‘Allahou Akbar’ dans le bus en parlant au téléphone. Pour lui, cela veut juste dire ‘Dieu est grand’. Mais ici, ce sera perçu comme un cri de guerre. Quand on est parrain ou marraine et qu’on a développé une relation de confiance, on pourra se permettre d’expliquer ces choses.»

Se croire dans Charles Dickens

Lors des séances d’information que Live in Color organise régulièrement à destination des familles «candidates», pas question de flatter l’auditoire par un discours lénifiant sur les vertus de la solidarité. Fabian Tasset préfère insister sur les difficultés potentielles. Histoire de décourager d’emblée ceux qui n’auraient pas les épaules assez solides. «On veut aider, faire une bonne action, on se croit un peu dans Charles Dickens!, ironise le coordinateur. Mais une fois qu’on est lancé, il n’est pas possible de faire marche arrière, sans quoi on peut faire d’énormes dégâts. C’est pourquoi nous sensibilisons les personnes au fait que la relation risque de devenir rapidement très forte et sentimentale, car ces jeunes sont en situation de rupture affective. Il faut aussi avoir à l’esprit que, parfois, un jeune est dans un centre et n’en sortira pas. Qu’il aura un ‘non’ à la fin de sa procédure et qu’il sera alors en situation illégale sur le territoire. Il faut être capable de faire face à ça.»

Sur les 15 à 20 personnes qui assistent à chaque séance d’information, seule la moitié rentrera un dossier de candidature. «Nous ne relançons jamais les personnes: à elles de montrer qu’elles sont intéressées.» Car si les demandes de mineurs souhaitant se faire parrainer affluent, les familles candidates ne manquent pas non plus. «Nous n’avons aucune difficulté à recruter, ni dans un sens ni dans l’autre. Mais nous n’avons pas les moyens humains et matériels nous permettant d’encadrer plus de personnes que ce que nous faisons actuellement», explique Fabian Tasset, qui préfère «faire peu, mais bien». Les candidats suivent ensuite une formation de trois heures. On y aborde les chiffres clefs – 5.000 MENA arrivés en Belgique en 2015, dont une grande majorité de garçons afghans – et les causes possibles de départ. Recrutement militaire forcé, vendetta, appartenance à une minorité ethnique, religieuse ou sexuelle: voilà quelques-uns des «risques spécifiques» auxquels sont exposés les demandeurs d’asile de nombreux pays.«Nous sensibilons les parrains/marraines au secret. Il est probable qu’à un moment, le jeune aura besoin de confier des choses et il faut que cela reste au sein de la famille d’accueil. Cela ne doit même pas remonter vers nous.» La formation passe encore en revue le parcours institutionnel des demandeurs d’asile, de même que le rôle du tuteur, désigné et rémunéré par le Service des tutelles, qui représente le jeune dans tous les actes légaux. «Le tuteur est responsable du projet de vie, éventuellement du retour volontaire, de la scolarité, de l’autonomie. La seule différence avec un tuteur classique est qu’il n’a pas la responsabilité civile du jeune», détaille Fabian Tasset, lui-même tuteur de plusieurs MENA, indépendamment de ses activités au sein de Live in Color.

Un adulte de confiance

À la fin de ce processus, seules cinq ou six familles seront retenues. Avec les profils les plus divers: personnes âgées isolées, divorcés, couples homosexuels, amies en colocation… Pas besoin non plus d’avoir une grande maison, un bon revenu ou un métier passionnant. «Tout est possible. Les parrains sont le reflet de la société civile.» Les familles sont ensuite mises en contact avec un jeune qui en a fait la demande. Si ça «matche», ils signent alors, en présence du tuteur et de Live in Color, une «convention de parrainage» basée sur quelques grands principes: non-assistanat, protection et discrétion, respect du rôle de chacun. «C’est un engagement moral et non légal.»

Si Fabian Tasset explique avoir fonctionné jusqu’à présent «au feeling» dans la sélection des familles, il s’est récemment adjoint les services de Fabian Battistoni, familier des problématiques liées à la migration aussi bien qu’à la parentalité. Objectif? «Professionnaliser l’accueil et le ‘matching’ entre les MENA et les familles», en organisant des entretiens préliminaires, mais aussi des ateliers de formation spécifique pour les familles qui le souhaitent. «Le parrain, symboliquement, est celui qu’on désigne au cas où les parents viendraient à disparaître. Ici, c’est la même chose, nous explique Fabian Battistoni dans les locaux de son asbl «Savoir-être». Celui qui devient parrain devient un parent affectif. Les adultes qui prennent cette responsabilité doivent être capables d’autoriser ces jeunes à redevenir des enfants. Car, lors du départ, parfois plusieurs années avant l’arrivée en Belgique, quelque chose s’est souvent figé chez ces jeunes.» Le psychologue rappelle ainsi que parmi les MENA, le syndrome de stress post-traumatique – avec son lot de cauchemars et somatisations diverses – est la norme. «Comme dans tout travail systémique, il est important de travailler en priorité avec l’adulte. Bien sûr, une bonne action ne se fait jamais sans ego. Cela n’existe pas. En revanche, il faut s’assurer que le parrain n’ait pas des attentes qui ne pourront être satisfaites, comme un désir de réparation par rapport à sa propre adolescence», explique le psy. Quant aux «prédateurs», Fabian Battistoni estime qu’ils sont rares, même si cette éventualité ne peut être tout à fait laissée de côté. «Dans un contexte de fragilité, avec des jeunes qui peuvent être en questionnement par rapport à leur sexualité, il faut rester vigilant.»

Famille recomposée

Dans le chaleureux petit salon de Nathalie, quelque part dans le quartier du Laveu (Liège), un sapin touffu prolonge l’ambiance des fêtes en ce début janvier. «Nous ne sommes absolument pas catholiques, mais nous voulions expliquer la signification de Noël à Hashma», nous explique cette marraine en désignant la crèche au pied de l’arbre. Une bonne odeur de cookies arrive de la cuisine: c’est la cadette de la famille, Louise, liane blonde de 16 ans, qui s’affaire aux fourneaux. Médecin ORL, Nathalie s’est associée à Live in Color parce qu’elle avait envie d’aider «autrement qu’en donnant de l’argent». Elle a fait la rencontre d’Hashma cet été. Avec sa silhouette frêle et ses airs réservés, le jeune homme ne paraît pas ses 17 ans. «Tu te souviens de notre première rencontre?, lui lance Nathalie. Il faisait très beau, j’avais préparé les vélos et, peu avant que tu arrives, je me suis dit que tu ne savais peut-être pas rouler!» Mais Hashma, dans son village non loin de Kaboul, a jadis pratiqué le deux-roues. C’était parti pour une balade en bord de Meuse, avec crèmes glacées à l’arrivée. Depuis, Nathalie s’est rendu compte qu’Hashma n’était pas un bec sucré: s’il s’écoutait, il ne mangerait que du riz et des haricots. «Le problème, au début, c’est qu’Hashma n’osait pas me dire quand il aimait ou qu’il n’aimait pas quelque chose. J’ai su que ça allait mieux quand j’ai changé de coiffure et que je lui ai demandé son avis. Là, il m’a dit que ma nouvelle coiffure était bien. Mais qu’avant, ce n’était pas bien du tout!», plaisante Nathalie, autrefois blonde platine.

Récemment sorti du centre où il vivait depuis 2015, Hashma, comme beaucoup de jeunes mineurs «presque majeurs», doit à présent apprendre à vivre «en autonomie». Alors bien sûr, la promiscuité du centre ne lui manque pas. Mais la contrepartie est une solitude crasse, qui réveille les souvenirs douloureux et empêche parfois de trouver le sommeil. Heureusement, dès qu’il le veut, Hashma, qui a les clefs de la maison, peut venir chez Nathalie. Noël, il l’a d’ailleurs passé ici. Des amis de la famille lui ont même offert un dictionnaire français-pachtou, denrée rare dénichée sur le Net et qui devrait lui permettre d’améliorer un français encore vacillant. «Avec nous, Hashma a tout de suite dû s’adapter, car nous sommes une famille un peu spéciale! D’abord, je suis divorcée et j’ai un nouveau compagnon. Le divorce n’existe pas en Afghanistan… N’est-ce pas Hashma? Ensuite, je m’entends très bien avec mon ex-mari qui passe souvent à la maison et dont la nouvelle compagne est enceinte. Un de mes meilleurs amis, qu’Hashma a tout de suite adoré, est homosexuel. Quant à mes filles, elles sont plutôt du genre déluré!», rigole Nathalie.

Peu tradi, Nathalie n’en est pas moins sévère avec son protégé. Si Hashma paraît un peu sur ses gardes ce jour-là, c’est d’ailleurs parce qu’ils ont eu un différend quelques jours plus tôt. «Je lui ai trouvé quelqu’un pour des cours de français. L’autre jour, il avait rendez-vous avec cette personne: seulement, comme il avait fait la fête avec ses copains, il ne s’est pas levé à temps. Je n’étais pas contente! Je peux me montrer sévère, mais comme je le serais avec mes filles.» Nathalie doit d’ailleurs composer avec ces deux demoiselles, qui volent au secours du «petit frère» à la moindre occasion. «Mes filles me disent: ‘Mais qu’est-ce tu crois, maman? Nous aussi si on vivait seules, on ferait comme lui!’» Nathalie aimerait aussi qu’Hashma – actuellement en troisième année d’électromécanique – se concentre sur ses études plutôt que de chercher à tout prix un job d’étudiant. L’argent qu’il gagnerait, elle le sait, serait pour envoyer à sa famille. «Ses proches croient peut-être que pour lui c’est Byzance ici. Mais non: il est tout seul et c’est dur…», explique-t-elle. «Les jeunes sont souvent dans des conflits de loyauté entre la famille restée au pays et la famille qui les aide en Belgique. C’est inévitable. À chacun sa manière de réagir, mais, dans tous les cas, l’objectif n’est certainement pas d’éviter au jeune toute frustration parce qu’il aurait vécu des choses difficiles», commente Fabian Battistoni.

 

Pas Chinois

En cette période de Noël, Catherine a collé sur sa fenêtre du rez-de-chaussée une affiche au message chrétien. Volontaire active chez Live in Color, cette mère de quatre enfants est veuve depuis quelques années. Elle a d’abord été la marraine de Mehdi, avant de devenir pour lui famille d’accueil. Mehdi a donc désormais sa propre chambre à l’étage de la maison. Jeune Afghan chiite appartenant à la minorité des Hazaras, Mehdi a des traits turco-mongols, qui le font souvent prendre pour un Chinois. L’œil sourcilleux qu’on lève souvent sur lui quand il décline sa nationalité pourrait légitimement l’agacer, mais Mehdi, du haut de ses 17 ans, se veut philosophe. «Je suis habitué maintenant! Je n’y fais plus attention», commente-t-il dans un très bon français.

Avant de prendre les routes de l’exil, Mehdi vivait en Iran dans une famille de tailleurs, spécialisée dans la confection de vestes et manteaux. «Un jour, le petit voisin est revenu de l’école avec son blouson tout déchiré. Mehdi s’est installé à la table de la salle à manger et, en un tour de main, il a réparé le blouson», raconte Catherine, admirative du savoir-faire de son filleul. Récemment, Mehdi a d’ailleurs retrouvé un ami spécialisé dans la confection de pantalons. Ensemble, ils se verraient bien monter leur business de costumes. Mehdi avait même songé à apporter directement chez Primark leurs confections cousues main, mais Catherine a dû freiner son enthousiasme et lui expliquer la réalité de la «fast fashion» à l’occidentale. L’autre talent de Mehdi, c’est la cuisine. Il donne parfois un coup de main à Catherine et assure que, pour lui, la famille – cette famille – passe avant tout. «Ce qui est parfois difficile, c’est de trouver la juste place, explique Catherine. Mehdi a une maman en Iran et je ne veux pas non plus la remplacer.»

La porte ouverte

À quelques pas de la Médiacité, nous avons rendez-vous avec notre troisième duo Live in Color. L’impasse où vit le jeune Samin est introuvable sur Google Maps, mais qu’importe: son parrain, Pierre, nous guide par téléphone avant de nous accueillir à l’entrée de cet inattendu ensemble de maisonnettes en retrait d’une voie rapide. Dans la petite pièce de vie du rez-de-chaussée, Samin a préparé du thé à la menthe. À 17 ans, il a lui aussi quitté le centre où il vivait pour prendre son autonomie. Trouver un appart, faire les démarches pour le CPAS, s’inscrire dans une école alors que l’année scolaire est entamée: pour Samin comme pour les autres MENA, cette liberté longtemps fantasmée a pris dans les faits des allures de dédale kafkaïen. Heureusement, il y a Pierre. Directeur technique dans le milieu du théâtre, celui-ci consacre désormais au jeune homme chaque plage libre de sa vie bien remplie. «Avec ma compagne, qui est comédienne, nous n’avons pas d’enfants: c’est un choix que nous avons fait, pour des raisons notamment démographiques. Nous avions envie de nous impliquer par rapport aux jeunes étrangers qui arrivent en Belgique, mais devenir famille d’accueil nous paraissait un peu trop contraignant, au vu de nos activités professionnelles. Le parrainage nous est apparu comme une bonne solution.» Entre deux démarches, Pierre tente d’expliquer à Samin comment fonctionne le plat pays. «Si Samin se présente au CPAS en réclamant son allocation comme si cela lui était dû, ça va très mal passer. Mais lui voit seulement que d’autres personnes dans sa situation l’ont eue. Si on ne lui explique pas ce qu’est la sécurité sociale, que ce sont des gens comme nous qui payons pour que ce système puisse exister, il y aura forcément un malentendu», explique-t-il, soucieux de ne pas donner du grain à moudre aux anti-migrants de tout poil.

À bientôt 15 h 30, il est temps pour Samin de se rendre à sa table de conversation hebdomadaire. «Son français s’est beaucoup amélioré depuis que nous nous sommes rencontrés, raconte Pierre. Mais dès qu’il est avec ses amis, bien sûr, il parle dari…» Nous continuons la discussion en marchant en direction de la bibliothèque de Fétinne, à quelques pas de là. Plus tard, Samin se verrait bien infirmier, histoire d’avoir un métier stable et d’«être accepté par la société belge». Vrai rêve professionnel ou discours formaté? Pierre l’ignore. Pour les demandeurs d’asile comme Samin qui ont eu tant de fois à justifier leur parcours et leur projet, parler de soi est devenu une compétence. Dire le vrai, un risque rarement récompensé. C’est pourquoi, afin de rompre avec ce climat de défiance, les parrains et marraines savent qu’il vaut mieux ne pas poser trop de questions. «L’important, c’est de ne pas être harcelant, explique Fabian Battistoni. Évidemment, le cerveau humain est ainsi fait que, lorsqu’on ne sait pas, on a tendance à imaginer le pire. Et pour contrer cela, on a tendance à vouloir savoir, de manière à pouvoir maîtriser les problèmes. Il faut tempérer ces désirs égoïstes, mais laisser une porte ouverte. Poser de temps en temps des questions non spécifiques et pouvoir accueillir la parole si elle vient.» Sur le chemin d’un cours de français. Dans la file d’attente d’une administration. Devant un thé à la menthe ou sous le sapin. Bref, au quotidien.