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Les méthodes de transition : petit traité de mobilité

En transition vers la mobilité. Des méthodes pour faire bouger les jeunes et particulièrement les plus défavorisés.

15-12-2010 Alter Échos n° 306

Lors d’un séminaire organisé par le BIJ, un atelier était consacré aux « méthodes de transition ». L’occasion de nous pencher sur un peu dethéorie, avec une question en tête : comment favoriser la mobilité des jeunes ?

Du 9 au 12 décembre, le BIJ1 a organisé un séminaire à Namur intitulé : « Jeunes et mobilité : un luxe ? ». Un atelier yétait consacré aux « méthodes de transition » et au rôle des travailleurs de jeunesse.

La transition vers où ? Vers la mobilité, bien sûr – qu’elle soit sociale, géographique ou culturelle. On découvre qu’il existe un éventail depratiques, de démarches éducatives visant à favoriser l’ouverture, afin de « passer d’une sphère de la vie à une autre ». Les jeunes de milieurural, ou des quartiers défavorisés sont concernés, car pour eux, la mobilité est souvent un concept abstrait, réservé à un petit groupe de jeunesplutôt nantis. Mais avant de bouger physiquement et de s’ouvrir aux autres, la mobilité se joue en travaillant l’estime de soi. Puis elle émerge par des rencontres ou des projetsconcrets.

Ces techniques de transition relèvent de l’éducation populaire – ces projets et méthodes qui ont permis aux classes ouvrières de se structurer en acteurs. C’estMajo Hansotte, chargée de mission citoyenneté pour le BIJ, qui nous en explique les enjeux  : « On part toujours du local. Il s’agit de commencer par biendifférencier les sphères de la vie, l’école, la famille, la religion. En ces temps de mondialisation, nous vivons un paradoxe. Les jeunes n’ont jamais été autantcloisonnés dans une logique d’appartenance. Il y a une montée du communautarisme qui fait que les gens – et surtout les moins privilégiés –s’enferment. »

C’est dans ce contexte décrit par Majo Hansotte que le travail de jeunesse doit aider à quitter sa sphère d’appartenance. Et ce passage se fait par étapes : « Ilfaut oser aller dans des espaces qu’on ne connait pas, oser franchir des portes, manger ce qu’on ne connaît pas. L’idée est de sortir de son milieu. Car comment parler demobilité internationale si le jeune n’ose pas pousser une porte. »

« La mobilité nécessite toujours de prendre des risques »

Concrètement, cette méthode est divisée en étapes. « Il faut d’abord faire un diagnostic avec le jeune sur les problèmes personnels ou propresà un groupe de jeunes, précise Majo Hansotte. Puis il faut travailler sur le symbolique, à base d’expression écrite, orale, vidéo, musicale. C’est alors que letravailleur de jeunesse voit comment provoquer des « chocs », par une rencontre inattendue par exemple. Cela favorise les initiatives et les échanges entre jeunes. Il y a un gros travail enamont à faire, avant de parler de mobilité. Et ce travail correspond aux missions d’éducation non-formelle des Maisons de jeunes. » Un travail qui implique de fairefront à des injonctions contradictoires, « d’un côté on parle toujours du respect des cultures, mais de l’autre, la mobilité implique de s’extirper un peu de saculture d’origine », ajoute Majo Hansotte.

Enfin, la chargée de mission du BIJ souhaite pointer un hiatus qui rend plus complexe la concrétisation de cette transition : «Entre ce que voient les travailleurs de terrainet le pouvoir politique, il y a un fossé. Le politique cherche avant tout à financer des projets qui garantissent la paix sociale alors que travailler sur la mobilité, favoriserun trajet et des initiatives ne se fait pas sans frictions. Des projets musicaux peuvent impliquer des nuisances sonores. Des projets de théâtre peuvent supposer des loupés. Allervers la mobilité nécessite toujours de prendre des risques.»

1. Bureau international de la jeunesse :
– adresse : rue du Commerce, 20-22 à 1000 Bruxelles
– tél.  : 02 548 38 88
– site  : www.lebij.be
– courriel : bij@cfwb.be

Cédric Vallet

Cédric Vallet

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