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Les maisons de naissance font des petits

Lentement mais sûrement, les maisons de naissance prennent leur place dans le paysage de la petite enfance en Communauté française.

30-01-2009 Alter Échos n° 266

Lentement mais sûrement, les maisons de naissance prennent leur place dans le paysage de la petite enfance en Communauté française.

Les deux premières ont vu le jour en 1998 dans le Hainaut et dans le Brabant flamand, les maisons de naissance1 sont aujourd’hui au nombre de huit en Belgique, dont unefraîchement éclose à Ixelles et deux autres en gestation (à Charleroi et en province de Luxembourg). Ces maisons sont situées à proximité d’unhôpital – parce que le risque zéro n’existe pas – et sont accessibles aux femmes en bonne santé, dont la grossesse se déroule normalement. Cesdernières y sont suivies médicalement, ont la possibilité d’y accoucher et d’y trouver des services en lien avec la maternité et la petite enfance. Quelquesheures après la naissance du bébé déjà, la famille rentre à son domicile.

Institutions de santé primaire, les maisons de naissance sont gérées par une ou plusieurs sages-femmes sous statut d’indépendante. Quant au nombre debébés qui y voient le jour, il varie de 10 à 50 maximum par année et par maison de naissance.

« Les maisons de naissance préservent le droit des couples d’accoucher dans un milieu moins médicalisé et de recevoir des soins et des services axés sur lasanté globale », explique Bénédicte de Thysebaert2, sage-femme fondatrice de la maison de naissance namuroise. Et d’ajouter : « On constate uneévolution de la demande de ce type d’accompagnement personnalisé en extra-hospitalier, particulièrement ces trois dernières années. Parallèlement, lestatut des sages-femmes a évolué vers une meilleure reconnaissance et leur formation a fait un bon en avant grâce aux exigences des directives européennes. »

Les actes des sages-femmes, tant au niveau des consultations que de l’accouchement, sont intégralement remboursés par l’Inami, ce qui fait de cette manière denaître une source d’économie pour la collectivité, également, puisqu’elle permet d’éviter une hospitalisation.

Des recherches en santé primale

Qu’en est-il cependant de la santé du bébé, lors d’une naissance en milieu extra-hospitalier ? Du côté de l’Organisation mondiale de lasanté, les données statistiques parlent d’elles-mêmes : « Les Pays-Bas – où un tiers des accouchements se déroulent à domicile – sontle seul pays à cumuler un taux de mortalité périnatale inférieur à 10 pour 1000, un taux de mortalité maternelle inférieur à 10 pour 100 000 etun taux de césarienne inférieur à 6 %. »

Le chirurgien et obstétricien français Michel Odent, à qui l’on doit le concept de « santé primale »3 va plus loin encore dans son analysede l’hypermédicalisation de la naissance. Il pointe les conséquences de l’absence d’intimité du couple pour mettre au monde son bébé, la positionde l’accouchement, l’augmentation des actes médicaux tels que le déclenchement de l’accouchement au moyen d’une perfusion d’ocytocine synthétique, la pratique del’épisiotomie, de la péridurale et de la césarienne (le nombre de césariennes pratiquées en Belgique a augmenté de 44  % en dix ans). « Unensemble de conditions qui font qu’alors que la nature a prévu la production par la femme, lors de la naissance de son enfant, d’un cocktail complexe d’hormones, laplupart des femmes des pays industrialisés, aujourd’hui, deviennent mères sans s’imprégner de telles hormones », insiste Michel Odent. Il ajoute : « Lesétudes compilées par le centre de recherche en “santé primale” – qui s’intéresse à la période incluant la vie fœtale, la naissance et lapremière année de vie – sont riches d’enseignements. Ainsi, elles révèlent qu’une naissance très médicalisée serait un facteur aggravantpour des problèmes ultérieurs, comme des formes d’altération de la “capacité d’aimer” les autres ou soi-même… »

Tant ces considérations que le désir des parents de construire leur propre projet de naissance invitent ainsi à une question  : naître autrement ne serait-il pas,aussi, un acte de santé publique  ?

1. La liste des maisons de naissance peut être obtenue à l’Union professionnelle des sages-femmes belges :
– adresse : rue de Baume, 203 à 7100 Haine-Saint-Paul
– tél. : 064 22 36 83
– courriel : contact@sage-femme.be
– site : www.sage-femme.be
2. Bénédicte de Thysebaert siège au Conseil fédéral des sages-femmes belges, organe du ministère de la Santé qui propose des modifications de loisconcernant la profession de sage-femme.
3. www.birthworks.com

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