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Le stage parental a son opérateur

On connaît aujourd’hui l’heureux élu pour l’organisation du stage parental en Communauté française, parmi les trois candidats. Il s’agitd’un projet présenté par Michel Amand, le directeur du Pensionnat Henri Jaspar (service d’accueil et d’aide éducative1 et centre d’accueild’urgence2).

28-08-2007 Alter Échos n° 233

On connaît aujourd’hui l’heureux élu pour l’organisation du stage parental en Communauté française, parmi les trois candidats. Il s’agitd’un projet présenté par Michel Amand, le directeur du Pensionnat Henri Jaspar (service d’accueil et d’aide éducative1 et centre d’accueild’urgence2).

L’appel d’offres lancé par le cabinet de la ministre de l’Aide à la jeunesse, Catherine Fonck, a résonné auprès de Michel Amand à doubletitre. La proposition a particulièrement fait écho au métier que le directeur exerce en tant qu’indépendant, auprès de familles «découragées par les interventions psychosociales ». Un travail sous mandat qui l’amène à rencontrer, à leur domicile, des parents qui « nerépondent plus guère » aux intervenants. Avec ses outils de thérapeute familial, il se fait « relais, passeur, traducteur » pour recréer du lien,à la fois intrafamilial, à la fois entre les parents et les intervenants sociaux.

Puis, en tant qu’acteur de l’aide à la jeunesse, Michel Amand estime qu’il est intéressant, voire essentiel, que les orchestrateurs du stage parental relèvent dece secteur. Et de se rallier au point de vue – certes mitigé – exprimé par le Conseil communautaire de l’aide à la jeunesse (cfr. alterEchos n°142), qu’il relit en cestermes : « quitte à organiser le stage parental, autant que ce soit par des opérateurs de l’aide à la jeunesse, et éviter que la mission ne glisse vers lescontrats de sécurité par exemple ». Les contacts pris avec quelques mandants, sont encourageants pour le projet : « si c’est vous qui le faites, on est plutôtrassurés ».

Les ressources des parents

La méthodologie qui prévaudra n’est pas pleinement élaborée, elle est au stade du spéculatif et se construira au fur et à mesure de sa mise enpratique ; quelques balises l’esquissent toutefois. Michel Amand évoque ainsi les formations et les lectures qui le nourrissent. Elles relèvent de la thérapie familiale, decette façon de considérer la relation entre l’intervenant et la famille comme un outil majeur, du champ de la thérapie brève, de la thérapie narrative et desinterventions orientées vers les solutions.

Il insiste sur la position de non-savoir adoptée par l’intervenant. Pour le nouveau service, il s’agira certes de répondre au mandat de remise en contact des parents avecleurs responsabilités pénales et éducatives ; mais le projet présenté par Michel Amand porte l’espoir d’aboutir à autre chose : la remobilisationdes ressources des parents. « Qu’ils recommencent à croire en un projet, le leur, pas le nôtre ; et si possible un projet avec des volets éducatifs. Si les parentsreprennent confiance en leurs moyens, les enfants vont reprendre confiance. » L’humilité de l’intervenant est capitale. Des rencontres en groupes multifamiliaux sont entreautres prévues. Un dispositif que Michel Amand imagine dans une perspective de réseau d’entraide, d’appui entre parents.

Constituer une équipe

Le service endossera également les missions d’un service de prestations éducatives et philanthropiques (SPEP)3. C’est une équipe de quatorze personnesqui est en constitution, pour une mise en place fonctionnelle le 1er septembre. Le nouveau service comptera quelques intervenants du Pensionnat Henri Jaspar, qui se lancent dansl’aventure, en démissionnant de leur fonction actuelle. Les premières étapes seront consacrées à la formation de cette équipe, à ladéfinition en commun de principes de travail. Avec une attention particulière aux expériences menées par d’autres, en France, en Angleterre, à Anvers, etc.,aux prises de positions, aux critiques – nombreuses – notamment des autres SPEP, rappelons-le.

Quant à la localisation, Anderlecht accueillera, sans doute, le siège bruxellois, tandis que Mons, Charleroi, Liège, Namur et Marche, devraient, selon les souhaits du cabinetFonck, voir s’implanter les antennes régionales du service. Une évaluation est prévue en décembre.

1. Les missions des SAAE :
• accueil et éducation de jeunes qui nécessitent une aide spécialisée en dehors de leur milieu familial ;
• réinsertion de ces jeunes ; aide aux jeunes et aux familles en difficulté par des actions socio-éducatives dans leur milieu de vie ;
supervision et encadrement de jeunes qui vivent en logement autonome.
2. Les CAU offrent un accueil collectif de jeunes nécessitant un hébergement en urgence et limité à un court laps de temps hors de leur milieu familial de vie. Ilstravaillent sur mandat du tribunal de la jeunesse, du conseiller ou du directeur de l’aide à la jeunesse.

3. Les SPEP ont pour mission d’apporter une réponse éducative et restauratrice à la délinquance juvénile en organisant des prestations éducatives etd’intérêt général, des médiations et des concertations en groupe, favorisant ensuite la réinsertion sociale des jeunes concernés.

Catherine Daloze

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