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Le Forem au rapport

Comme chaque année à la rentrée, le Forem a présenté son rapport d’activités1. L’année concernée – 2005 –était une année charnière, marquée par le lancement du Plan Marshall – dont l’axe 5 concerne le Forem au premier chef, puisqu’il touche à la formation, et enparticulier à la lutte contre les pénuries et au développement des compétences linguistiques. De plus, 2005 était la dernière année avant lasignature, ce 15 juin, du nouveau contrat de gestion 2006-2011.

21-09-2006 Alter Échos n° 215

Comme chaque année à la rentrée, le Forem a présenté son rapport d’activités1. L’année concernée – 2005 –était une année charnière, marquée par le lancement du Plan Marshall – dont l’axe 5 concerne le Forem au premier chef, puisqu’il touche à la formation, et enparticulier à la lutte contre les pénuries et au développement des compétences linguistiques. De plus, 2005 était la dernière année avant lasignature, ce 15 juin, du nouveau contrat de gestion 2006-2011.

En plus des chiffres habituels concernant ses divers secteurs d’activités et de leur décomposition sous-régionale, selon les bassins industriels ou les divisionsadministratives du Forem, la présentation se double cette année d’une analyse géographique basée sur les grands axes de communication. Ainsi, l’axe N4 – depuisBruxelles jusqu’à la frontière avec le grand-duché de Luxembourg – présente des taux de demandes d’emploi bien inférieurs à la moyenne : ils oscillententre 10 et 15 % pour une moyenne de 17,5 % sur l’ensemble du territoire. Au contraire, le sillon Sambre et Meuse passant par Liège, Mons et Charleroi présente fréquemment destaux supérieurs à 20 %.

Des menaces sur les emplois à faible valeur ajoutée

En 2005, le Forem a également procédé à des « études d’écosystèmes », présentées comme des « sortes dephotographies de secteurs économiques, mettant en relief les besoins actuels et futurs, exprimés par les travailleurs et les employeurs, en matière d’emploi et de formation». Sur un des axes forts du Plan Marshall, les pôles, les données fournies par le Forem n’infirment pas les choix politiques effectués, mais les nuancent et les affinent.Ainsi, le secteur « chimie-pharmacie » gagne-t-il globalement des emplois (4 000 en dix ans) mais ce gain global amalgame des hausses dans les segments à haute valeurajoutée, et des pertes, évidemment moins élevées, dans les segments à faible valeur ajoutée. Sur un mode plutôt alarmiste, le rapport ajoute que« l’existence des entreprises présentes dans les secteurs à faible valeur ajoutée semble menacée à terme en Wallonie (entre autres en raison dedélocalisations), alors qu’elle représente encre 60 % de l’emploi de la chimie-pharmacie. » Voilà donc de quoi préciser les politiques à mener pour lepôle biotechnologie-santé.

Du côté de Forem Conseil, les deux changements majeurs enregistrés en 2005 concernent l’extension aux travailleurs de 30 à 40 ans, du plan d’accompagnement et de suivides chômeurs, et le lancement du Plan de lutte intégré contre les pénuries de main-d’œuvre. Pour le premier de ces chantiers, le Forem lançait son appelà projets en septembre 2004. Répliqué en 2005 et 2006, il a débouché sur des partenariats inédits tant avec le secteur marchand que non marchand. Le rapportatteste également de la véritable transformation du travail qu’induit l’outil informatique. Ainsi, le nombre moyen de CV diffusés par le site a-t-il étémultiplié par 2,5 en l’espace de trois ans – pour atteindre le nombre moyen de 8544 CV accessibles quotidiennement. De même, le nombre d’offres d’emploi diffusées est, luiaussi, en constante augmentation – une tendance qui devrait encore s’affirmer grâce au partage d’offres signé avec l’Orbem et le VDAB.

Du côté de Forem Formation, c’est sous le signe de la transition qu’a été placée l’année 2005. Il s’agit en effet pour le département de remplir lesobjectifs que lui a fixés le « Plan Marshall ». À cette fin, l’encadrement des centres de formation a été renforcé et le recrutement des formateursnécessaires pour faire face à l’augmentation du volume de formation a été lancé.

De nouveaux indicateurs dès l’année prochaine

Reste que la question de la performance de l’organisme régional est intrinsèquement liée à celle des critères choisis pour l’évaluer, et donc desindicateurs. Sensible, la question avait été reportée de six mois, lors de la confection du contrat de gestion du Forem. C’est donc d’ici décembre que devraient êtreavalisés les nouveaux indicateurs de performance. Sous la pression des employeurs notamment, le Forem devrait se doter d’indicateurs d’impact et d’efficience alors que la plupart des outils demesure utilisés jusqu’à présent portaient surtout sur la production « brute » et peu sur les résultats concrets de cette production, en termes decertification, d’insertion, de mises à l’emploi, etc. Cette révolution symbolique dans la méthode d’évaluation de l’organisme sera évidemment progressive mais,dès l’année prochaine, ces indicateurs d’un nouveau type devraient faire leur entrée dans le rapport d’activités. Une nouveauté qui devrait permettred’évaluer plus qualitativement les effets du travail du Forem… Si la lecture des chiffres d’activités de cette année ne laisse planer aucun doute sur la quantité detravail abattu, celle du nombre de demandeurs d’emploi (18,8 % de la population active fin 2005) n’incite, en revanche, pas à l’optimisme.

1. Le rapport est téléchargeable sur le site du Forem

Edgar Szoc

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