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Le Bateau Vivre ou un projet théâtral un peu fou réunissant des demandeurs d'asile

Ce mercredi 20 juin, à l’occasion de la Journée mondiale du réfugié, l’Espace Flagey accueillait le spectacle “le Bateau Vivre”. Une pièce dethéâtre conçue, réalisée et jouée par des personnes demandeuses d’asile.

29-06-2007 Alter Échos n° 232

Ce mercredi 20 juin, à l’occasion de la Journée mondiale du réfugié, l’Espace Flagey accueillait le spectacle “le Bateau Vivre”. Une pièce dethéâtre conçue, réalisée et jouée par des personnes demandeuses d’asile.

On les appelle d’habitude des réfugié(e)s, demandeurs d’asile. Cette fois, ils seront acteurs, ils monteront sur scène pour exprimer au public belge cequ’ils ont à lui « dire » et à partager… Le Bateau Vivre, c’est une pièce de théâtre conçue et réalisée par unecinquantaine de personnes demandeuses d’asile ; une prise de parole collective se voulant représentative de tous ceux et celles qui vivent cette situation en Belgique et qui se trouventactuellement sur le chemin de l’exil. Mais Le Bateau Vivre, c’est aussi le résultat d’un formidable défi : celui de réunir des demandeurs d’asile venantde l’ensemble des centres d’accueil Croix-Rouge1, de monter avec eux un spectacle à partir de leurs paroles pour partager leur message avec le public belge.

Un véritable travail collectif

Au départ de la démarche, la question « Que souhaiteriez-vous dire à la population belge ? ». Et à l’arrivée une tournée dans toute laCommunauté française. Pour concevoir et réaliser cette pièce, les centres d’accueil Croix-Rouge se sont associés à Acteurs del’Ombre2, asbl qui met la création artistique et surtout théâtrale au service d’objectifs culturels, politiques et sociaux.

L’équipe d’Acteurs de l’Ombre s’est d’abord lancée à la conquête de participants, en allant présenter le projet dans lesdifférents centres d’accueil. Les personnes intéressées ont été rassemblées par province, à fréquence régulière, pourprendre part à des ateliers d’écriture d’abord, des jeux théâtraux et de création de personnages ensuite. Ont suivi les créations et laréalisation de la scénographie, du décor et des costumes. Ce travail a été pris en charge par l’asbl Détruitu, qui pour ce faire, s’est inspiréedu texte, des thèmes, des situations et des personnages créés dans le cadre des ateliers. Pour la dernière et plus importante étape de l’élaboration duspectacle, la mise en scène, les participants ont tout rassemblé en un seul lieu, pour un stage intensif de dix jours.

En raison des incertitudes liées à la procédure d’asile, cette période de tournée a dû être concentrée sur un laps de temps assez court.Ils étaient initialement 50 participants à se lancer dans l’aventure. Ensuite, les réponses aux demandes d’asile tombant progressivement, le groupe s’est peu àpeu clairsemé, conservant malgré tout le souvenir et la trace de ceux qui devaient quitter le projet. Certains pour un avis positif, d’autres pour une réponse négative,d’autres encore avec un ticket vers un centre fermé. Malgré ces difficultés et inconnues, le groupe a continué d’exister ; ils étaient près d’unevingtaine, tous des hommes, sur la scène de l’Espace Flagey ce 20 juin.

À la question initiale : “Que souhaiteriez-vous dire à la population belge ?”, les réponses auront été diverses. Certains ont voulu parler de la discriminationdont ils se sentent victimes. D’autres ont préféré profiter de la rencontre pour partager leur culture ou leur sens de l’humour. D’autres encore ont choisi d’aborder desréalités très précises de leur pays d’origine et/ou de leur pays d’arrivée, comme la liberté de la presse ou l’esclavage. Certains se sontpenchés sur le monde imaginaire : y a-t-il une procédure d’asile sur la Lune ? D’autres enfin ont voulu faire comprendre leur situation de demandeurs d’asile au jour le jour. Etça donne des scènes bourrées d’humour, notamment celle sur le recours intensif au Dafalgan dans les centres d’accueil, médicament utilisé pour soigner aussi bienles maladies du corps que de l’esprit.

Un spectacle étonnant, surtout lorsqu’on sait le peu de temps et les circonstances avec lesquelles les initiateurs du projet et les acteurs ont dû composer…

1. Département Accueil des demandeurs d’asile Croix-Rouge de Belgique – Communauté francophone
– contact : Damienne Martin
– tél. : 084 36 00 84
– courriel : damienne.martin@redcross-fr.be
2. Acteurs de l’Ombre asbl
– contact : Jean-Marc Munaretti
– tél. : 04 344 58 88
– courriel : jean-marc@acteursdelombre.be

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