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La Région adopte un Plan pour l'emploi des jeunes bruxellois

35 % ! C’est, bon an mal an, le taux de chômage des jeunes en Région bruxelloise depuis 2005. Pas étonnant, donc, que le gouvernement bruxellois ait décidéd’adopter, à l’initiative de son ministre-président, Charles Picqué (PS), et de son ministre de l’Économie et l’Emploi, Benoît Cerexhe (CDH), un Plan pour l’emploides jeunes. Ayant reçu le soutien des interlocuteurs sociaux, il se décline en cinq axes et vingt-six mesures, qui constituent soit un approfondissement de politiques existantes, soitdes dispositions nouvelles.

15-02-2008 Alter Échos n° 245

35 % ! C’est, bon an mal an, le taux de chômage des jeunes en Région bruxelloise depuis 2005. Pas étonnant, donc, que le gouvernement bruxellois ait décidéd’adopter, à l’initiative de son ministre-président, Charles Picqué (PS), et de son ministre de l’Économie et l’Emploi, Benoît Cerexhe (CDH), un Plan pour l’emploides jeunes. Ayant reçu le soutien des interlocuteurs sociaux, il se décline en cinq axes et vingt-six mesures, qui constituent soit un approfondissement de politiques existantes, soitdes dispositions nouvelles.

Il est impossible de faire la liste exhaustive des mesures proposées dans les cinq axes retenus1 : multiplier les expériences professionnelles, lutter contre ladualisation scolaire, améliorer les compétences des chercheurs d’emploi, renforcer l’accompagnement de chaque chercheur d’emploi, et développer de l’emploi pour les peuqualifiés. On notera toutefois la place de choix accordée à l’enseignement, preuve de l’intérêt particulier de la Région pour cette politique communautaire :en l’occurrence, celui-ci se matérialise, entre autres, par la décision de « convoquer une conférence régionale relative aux synergies entre l’emploi, la formationet l’enseignement », la création de vingt nouvelles places de stagiaires en alternance dans les organismes d’intérêt public régionaux, et l’augmentation «substantielle » de la subvention octroyée aux établissements d’enseignement et de formation en alternance dans le cadre d’un partenariat mené avec Actiris pour assurer unesupervision plus proche (« similaire à du jobcoaching ») des stagiaires.

Pas de CPP obligatoire

Au cours des discussions avec les interlocuteurs sociaux, le point le plus litigieux concernait la généralisation de la signature des CPP (Contrats de projet professionnel entre lesdemandeurs d’emploi et Actiris) à l’ensemble des jeunes demandeurs d’emploi de moins de vingt-cinq ans. Cette disposition, souhaitée par le ministre Cerexhe mais rejetée par lessyndicats, en raison de son caractère contraignant et de ses difficultés d’opérationnalisation, a été grandement assouplie dans le document final. Celui-ci nementionne plus que la nécessité « d’inciter d’avantage ces jeunes chercheurs d’emploi à s’intégrer dans la démarche qui leur est proposée pour profiterdes outils qui sont mis à leur disposition », sans donner plus de précisions quant aux modalités de cette incitation. Celle-ci pourrait bien tenir en fait dans unaccroissement de « l’effet parapluie » du CPP par rapport aux contrôles pratiqués par l’Onem. Le Plan prévoit en effet de « prendre des dispositions afin que laparticipation active aux actions déterminées par le CPP corresponde aux exigences de l’Onem quant à l’activation du comportement de recherche d’emploi et, le caséchéant, faire valider cette correspondance par un protocole de collaboration. »

En outre, les jeunes demandeurs d’emploi qui s’engageraient – de manière volontaire, donc – dans la démarche d’un CPP verront l’accompagnement dont ilsbénéficient nettement renforcé. En effet, pour ceux dont l’objet du CPP est une recherche autonome d’emploi, un « suivi actif » sera mis en place tous les quinzejours, incluant « un bilan régulier de la situation ». Suite à la demande des syndicats qui craignaient d’entrer dans une logique d’activation pour l’activation,déconnectée de « l’emploi réellement existant », ces bilans bimensuels fourniront également l’occasion de présenter à ces jeunes demandeursd’emploi des offres répondant à leur profil. Ces demandeurs seront en outre « repris systématiquement dans les sélections d’offres d’emploi effectuées par lesgestionnaires d’offres ».

Reste donc à voir si cette incitation, qui tient surtout en une « protection contre le gendarme » (l’Onem), permettra d’augmenter le taux de signature de CPP. Celui-ci demeureen effet relativement bas actuellement : seuls 7 980 des 19 298 jeunes qui ont reçu un entretien de présentation du CPP entre juin 2004 et juillet 2006 ont en effet décidéde le signer.

1. L’intégralité du plan est disponible sur le site de Benoît Cerexhe : http://www.cerexhe.irisnet.be/…/06-02-2008-plan-pour-lemploi-des-jeunes

Edgar Szoc

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