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La Confédération de la construction se prononce pour l’abaissement de l’obligation scolaire

À l’occasion de la présentation de son mémorandum aux partis politiques pour les élections fédérales du 10 juin, la Confédération de laconstruction (fédération patronale du secteur1) a relancé le débat sur l’obligation scolaire. Par la voix de son administrateur délégué,Robert de Mûelenaere, elle a proposé que les jeunes, à partir de 16 ans, puissent être engagés dans un secteur qui se plaint, de longue date, de pénuriesstructurelles. Ce point ne figure cependant pas explicitement dans le mémorandum présenté.

05-03-2007 Alter Échos n° 224

À l’occasion de la présentation de son mémorandum aux partis politiques pour les élections fédérales du 10 juin, la Confédération de laconstruction (fédération patronale du secteur1) a relancé le débat sur l’obligation scolaire. Par la voix de son administrateur délégué,Robert de Mûelenaere, elle a proposé que les jeunes, à partir de 16 ans, puissent être engagés dans un secteur qui se plaint, de longue date, de pénuriesstructurelles. Ce point ne figure cependant pas explicitement dans le mémorandum présenté.

Depuis 1983, l’obligation scolaire est fixée à 18 ans. Malgré le développement des filières en alternance qui permettent aux jeunes d’apprendre le métier,au moins partiellement, sur les lieux de travail, la Confédération juge l’obligation scolaire jusqu’à 18 ans contre-productive : elle maintiendrait beaucoup de jeunes dans unespirale de l’échec qui les éloignerait de l’emploi, même après leurs études. La Confédération se plaint également de la rigidité del’organisation scolaire, qui rend complexe l’intégration dans une équipe à l’occasion d’un stage ou dans le cadre d’une formation en alternance : « Les horairesscolaires sont peu compatibles avec ceux des chantiers », déplore Véronique Vanderbruggen, directrice de la communication au sein de la Confédération de laconstruction. Et de citer, par exemple les mercredis après-midi ou les vacances de Pâques.

Pour dépasser cette difficulté, la Confédération souhaiterait pouvoir offrir de véritables contrats de travail dès l’âge de 16 ans : il s’agiraitmême, dans l’ordre de priorité des revendications politiques du secteur, d’une exigence plus forte que celle d’augmentation de la flexibilité du travail.

« Mais il n’est pas question de proposer des jobs au rabais de nettoyeurs de chantier, se défend Véronique Vanderbruggen. De telles pratiques auraient pour effet dedéforcer l’image du secteur, et ce n’est évidemment pas notre objectif. » C’est au contraire une formation en entreprise, avec le soutien des organismes de formationrégionaux, plutôt que les écoles, qui est donc défendu. Les références nationales citées pour promouvoir l’efficacité d’une tellepolitique sont l’Allemagne et la Suède.

Demander plus pour obtenir un peu

Le mois de mars sera un mois de négociation dans le secteur de la construction. Syndicats et patrons devraient en effet conclure une nouvelle convention collective de travail,opérationnalisant l’accord interprofessionnel 2007-2008. Dans ces négociations, la mise en place d’un dispositif contournant l’obligation scolaire jusqu’à 18 ans devrait occuperune place centrale, côté patronal. Reste à voir quel serait l’attitude du gouvernement fédéral, au cas où une convention collective prévoyant ce typede possibilité (pour le moment illégale) devait être conclue. On rappellera en effet que la fixation de l’âge de l’obligation scolaire est un des rares domaines del’enseignement qui soit resté de compétence fédérale. « Nous ne comprendrions pas qu’un accord entre syndicats et employeurs pour aider un secteur d’avenir, enpénurie structurelle, puisse ne pas être rendu possible par les autorités politiques », anticipe Valérie Vanderbruggen.

• Du côté de la CSC Bâtiments, on se dit prêt à jeter des ponts plus solides entre l’école et le secteur, et à en discuter dans le cadre denégociations paritaires. Mais on ne prend pas au sérieux le discours sur l’abaissement de l’obligation scolaire (qui dépasse de loin les seuls enjeux du secteur dubâtiment).
• Même sentiment du côté de la Febisp (Fédération bruxelloise des organismes d’insertion socioprofessionnelle et d’économie socialed’insertion2), dont l’administrateur délégué Gabriel Maissin pointe le double discours qui consiste à demander des travailleurs formés en mêmetemps qu’un abaissement de l’obligation scolaire à 16 ans.

Bref la « bombe atomique » de l’obligation scolaire devrait surtout servir à obtenir des aménagements de nature beaucoup plus pragmatique concernantl’organisation des stages des étudiants.
Quant au cabinet de la ministre de l’Enseignement en Communauté française, Marie Arena, il n’a pas souhaité s’exprimer sur cette proposition.

La situation devrait s’éclaircir rapidement puisque le calendrier de négociations en commissions paritaires prévoit que la nouvelle convention collective pour lebâtiment entre en vigueur pour le 1er avril.

1. Confédération de la construction, rue du Lombard, 34-42 à 1000 Bruxelles – tél. : 02 545 56 00 – www.confederationconstruction.be

2. Febisp, Cantersteen, Galerie Ravenstein,3 bte 4 à 1000 Bruxelles –
tél. : 02 537 72 04 – courriel : secretariat@febisp.bewww.febisp.be

Edgar Szoc

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