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"L'actualité des EFT wallonnes à l'aube du chantier de leur nouveau décret"

04-03-2002 Alter Échos n° 115

L’actualité politique en coulisses a été dense ces derniers mois pour les entreprises de formation par le travail wallonnes. Et elle va continuer à l’être.Étape importante pour la concrétisation des accords du non-marchand de 2000, un “projet de protocole d’accord” est signé entre le gouvernement wallon et la CP 329 dessecteurs socioculturels (descriptions de fonction, etc.)1, et le décret qui refond les Plans de résorption du chômage (PRC) est enfin déposé au Parlement, Laprochaine étape pour le secteur : la rédaction d’un nouveau décret. Le point avec Éric Mikolajczak, président d’Aleap, la fédération pluraliste desEFT wallonnes2. Un bilan en demies-teintes : positif pour ce qui est de la reconnaissance et de l’association des fédérations aux différents chantiers en cours;mitigé vu la lenteur de certains de ces chantiers (réforme du parcours d’insertion, organisation de la préqualification, décret PRC, etc.) et les problèmes auquotidien (liquidation de subsides, fermetures d’EFT, etc.).
“Ratios” : le retour ?
Alter Échos – L’histoire de la reconnaissance légale des EFT est traversée par des tensions sur la mesure dans laquelle leur subventionnement ne produit pas des distorsionsde concurrence. Où en est-on sur cette question ?
Éric Mikolajczak – Dans l’arrêté de 95, il est stipulé qu’une méthode doit être trouvée pour régler le problème. Malgréquelques évaluations, c’est plus ou moins tombé dans les limbes. Puis il y a quelques mois, les tensions se sont ravivées avec le secteur de la construction et le refusd’accès aux marchés publics pour l’EFT “1001 choses à faire”. Or c’était le moment où on recommençait à travailler dans la perspectived’un décret. Le cabinet Arena a donc créé un groupe de travail avec les EFT, l’administration et l’inspection, et a confié une étude au Service d’études etde statistiques du ministère, pour comparer les EFT avec des entreprises équivalentes des mêmes secteurs, histoire d’objectiver le débat. Le travail estclôturé, et la primeur des résultats en est réservée à la Commission d’agrément.
AE – Un autre chantier important qui s’est ouvert, les mécanismes de subvention des EFT.
ÉM – Ce qui est potentiellement intéressant, c’est que par ailleurs, voyant ces chiffres, la ministre a voulu en profiter pour créer une norme de financement des EFT. Ellepropose un système, a priori plus transparent et plus équitable, qui fonctionne avec une norme de subvention par heure de formation. On en est à un point où lesfédérations d’EFT ont fait des contre-propositions. Le mécanisme envisagé pourrait en effet permettre de compenser par des apports de la Région des baisses definancement du Fonds social européen ou des diminutions de l’enveloppe PRC par entreprise …sous réserve qu’un budget suffisant soit dégagé.
Les glissements dans le paysage
AE – Au-delà des questions plutôt techniques, comment évolue la place des EFT dans le paysage wallon de l’insertion ?
ÉM – L’élément important, c’est sans doute que le futur service public de la formation va externaliser toute la préqualification, “avec les moyensnécessaires”, nous assure-t-on. Cela concernerait seulement les actuels CA-COISP, mais on ne sait rien de concret. Est-ce que cela nous concerne ? Nous réaffirmons en tout cas lavolonté de l’associatif de ne pas être confiné dans la préqualification ; les discussions en cours laissent place à ce point de vue, notamment par l’ouverture descritères d’évaluation des EFT-OISP, à d’autres aspects que le simple placement dans l’emploi.
AE – Cela nous renvoie à l’architecture du “Dispositif d’insertion”, le décret que la ministre Arena a annoncé préparer pour réformer le “Parcoursd’insertion”.
ÉM – Nous avons pris connaissance en la matière d’une première note d’orientation, que la ministre a soumise à la Commission consultative qui réunit lesacteurs du parcours d’insertion. La note va encore évoluer, mais nous avons mis l’accent sur l’articulation à créer avec le nouveau système de validation descompétences professionnelles, en particulier sur la question des publics auxquels le destiner en priorité, et sur la nécessité d’associer au dispositif les asbld’insertion.
Vers d’autres remises en question ?
AE – Les derniers mois ont aussi été marqués par quelques fermetures ou fusions d’EFT. Vous interprétez cela comment ?
ÉM – Cela veut surtout dire, je crois, qu’il y a une taille critique, en volume d’activités et en nombre de stagiaires, en deçà duquel une EFT n’est pas viable. Celapose aussi la question, à aborder dans les prochaines discussions sur le décret, des EFT créées par les CPAS qui, en nombre, semblent compenser les fermetures.
AE – Cela renvoie aussi à la diminution du public de l’insertion, qui touche semble-t-il tous les opérateurs et s’accélère même depuis un an.
ÉM – Il y a là des questions importantes à se poser. Pour ce qui est des EFT, on a beaucoup investi sur la structuration, avec la mise en route de l’Interfédépuis avec les accords du non-marchand. Il est temps aujourd’hui de se tourner plus vers l’extérieur, de réfléchir sur nos méthodes de travail et de trouver des nouveauxoutils. Mais la manière dont les jeunes, en particulier, se positionnent par rapport à l’offre d’insertion – ou dont ils s’en détournent ? –, et de ce que lasociété peut leur proposer comme modes de participation au sens large, c’est un débat à avoir plus globalement.
1 Même s’il reste encore des questions à trancher, à la demande de la ministre de l’Emploi

Thomas Lemaigre

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