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Jobcoaching au féminin

Une étude sur le jobcoaching auprès de femmes en insertion socioprofessionnelle vient d’être présentée : tableau brossé des profils et desspécificités des employeurs et des personnes en insertion selon la région.

19-05-2007 Alter Échos n° 229

Une étude sur le jobcoaching auprès de femmes en insertion socioprofessionnelle vient d’être présentée : tableau brossé des profils et desspécificités des employeurs et des personnes en insertion selon la région.

Déterminer le profil des personnes qui bénéficient du jobcoaching, mieux connaître les attentes des employeurs qui y font appel, ou encore évaluer l’importancejouée par l’origine, la région, l’âge ou le genre – le sexe du travailleur – dans le processus de jobcoaching : autant de questions auxquelles l’étude menée parFlora1 a tenté de répondre.

L’asbl a travaillé avec l’unité de recherche Egid de l’ULg2 pour mener cette enquête-action auprès de jobcoaches. Comme l’explique Annie Cornet, qui adirigé l’étude, « nous nous sommes attardés aux spécificités des publics féminins en insertion pour en relever les défis particuliers ».

En termes d’âge, on rencontre une forte proportion de personnes de moins de 40 ans, parmi lesquelles de nombreuses jeunes femmes en décrochage. Un premier profilspécifique, celui des femmes de plus de 40 ans, est également mis en avant. La question de la possibilité de retrouver un emploi après cet âge se pose rapidement,malgré une plus grande proportion de ce sous-groupe à disposer d’une expérience professionnelle. Un autre élément handicapant à noter : 55 % d’entre ellesn’ont pas de permis de conduire.

L’origine est aussi présentée comme un critère déterminant et pousse à l’analyse d’un deuxième profil : celui des femmes allochtones. La plupartsont âgées de moins de 40 ans et disposent d’une expérience professionnelle. Le plus souvent, elles ont des enfants à charge.
« Des défis liés à l’acceptation et à l’insertion sont à relever par les jobcoaches puisqu’un cinquième de l’échantillon est d’origineafricaine », souligne Annie Cornet qui note aussi « des enjeux liés à la maîtrise de la langue de la région habitée et à la valorisation des autres languesmaîtrisées dans le parcours d’insertion ».

En ce qui concerne la situation familiale, l’enquête montre que plus de 20 % sont des femmes monoparentales, c’est le troisième profil épinglé. 75 % d’entre ellesne disposent pas du permis de conduire et presque toutes n’ont pas de diplôme du supérieur, ce qui, en plus de leur situation familiale, pèse lourdement sur la recherche d’unemploi.

Pour celles qui ont un conjoint, c’est à Bruxelles que la situation est préoccupante puisque 40 % de ces conjoints sont au chômage (contre une proportion similaire desalariés dans les autres régions). L’étude démontre aussi une majorité de personnes en insertion qui n’ont pas dépassé le secondaire inférieuret qui bénéficiaient principalement d’un revenu de remplacement avant d’être jobcoaché. Par contre, plus de 70 % ont déjà connu le monde du travail… mais 80 % des femmes en insertion sont au chômage. « Nous devons rechercher les meilleurs moyens pour valoriser ces expériences passées, souligne la directrice de l’étude. Commentmieux gérer le passage à l’emploi est tout aussi essentiel. »

Les plus-values pour ces personnes s’articulent autour de :
• l’autonomisation,
• la meilleure connaissance de son profil
• l’accompagnement individuel qui facilite la mise à l’emploi.

Les employeurs et leurs besoins

Au niveau des motivations, le groupe des employeurs ciblé souhaiterait répondre à une pénurie de main-d’œuvre en Wallonie et en Flandre. La motivation desemployeurs bruxellois est elle à 80 % d’insérer des publics fragilisés, ce qui peut s’expliquer par la forte représentation des secteurs public et non marchand dansl’échantillon étudié. Tous se rejoignent dans leur volonté de réduire le turnover du personnel peu qualifié. Les autres avantages dont ils peuventbénéficier via le jobcoaching sont une meilleure connaissance des aides dont ils peuvent disposer, une plus grande mixité « de genre » dans l’embauche et une meilleure connaissancedes personnes en insertion.

Le jobcoach intervient comme interlocuteur des deux parties, peu de rencontres directes entre celles-ci ayant lieu. Il est perçu comme utile aux personnes en insertion pour desquestions administratives relatives à la tâche à réaliser ou liées à la recherche d’emploi.

L’étude propose également des pistes pour des outils à développer : allant de l’échelle d’autonomisation guidant le jobcoach à une typologie despartenariats en entreprise (selon qu’elle soit plutôt axée rentabilité ou responsabilité sociale). La définition d’un projet personnel et l’utilisation d’entretiensorientés sur les compétences des personnes complètent les conseils proposés aux professionnels.

1. Flora, réseau pour la formation et la création d’emploi avec des femmes, rue du Progrès, 323/7 à1030 Bruxelles – tél. : 02 204 06 40
L’étude s’intitule : « Enquête sur les pratiques de jobcoaching – réseau Flora – Croisement par sexe et région », elle devrait prochainement être disponible sur le sitede Flora.
2. Études sur le genre et la diversité en gestion de l’Université de Liège,
B31, boîte 48, Sart Tilman à 4000 Liège – tél. : 04 366 27 95 –
site : www.egid.hec.ulg.ac.be

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