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Citoyenneté

Isabelle Stengers : contre la démocratie pastorale, la démocratie problématisante

Isabelle Stengers, chimiste de formation et professeure de philosophie des sciences (ULB), analysant comment les prises de décision sont aux mains d’«experts» considérés comme les seuls détenteurs du savoir, nous invite à résister à cet art de domestiquer un troupeau, exercé sans imagination, en «réactivant le sens commun».

© Mathieu Van Assche

Sa pensée lucide et féconde nourrit la réflexion, donne de la matière à penser cette crise et, par là, contribue à nous protéger du désarroi. La philosophe Isabelle Stengers étudie les discours scientifiques, les relations entre les sciences et le pouvoir, et explore d’autres modes de production du savoir. Ses plus récents ouvrages analysent comment les prises de décision sont aux mains d’ «experts» considérés comme les seuls détenteurs du savoir. Elle invite à résister à cet art de domestiquer un troupeau, exercé sans imagination, en «réactivant le sens commun». Des pistes éclairantes pour interroger la santé de notre démocratie, et réinventer une santé en commun.

Alter Échos: Pensez-vous que les scientifiques et le gouvernement ont une définition trop restrictive de la santé?

Isabelle Stengers: Santé mentale et santé physique sont extrêmement liées. Le corps est pensant, on le sait en médecine. «C’est un battant», «Accroche-toi!», entend-on souvent. Et pourtant, on n’en tient pas beaucoup compte dans les soins hospitaliers et dans le rapport qu’on a à la médecine. Durant cette épidémie, on s’est dit assez tardivement que des vieux dans les maisons de repos se laissaient mourir. Cela ne veut pas dire que le virus n’y a pas mis du sien, mais il a trouvé un corps qui n’attendait que ça. Cela m’a vraiment frappée en France quand les autorités médicales ont an...

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Isabelle Stengers: Santé mentale et santé physique sont extrêmement liées. Le corps est pensant, on le sait en médecine. «C’est un battant», «Accroche-toi!», entend-on souvent. Et pourtant, on n’en tient pas beaucoup compte dans les soins hospitaliers et dans le rapport qu’on a à la médecine. Durant cette épidémie, on s’est dit assez tardivement que des vieux dans les maisons de repos se laissaient mourir. Cela ne veut pas dire que le virus n’y a pas mis du sien, mais il a trouvé un corps qui n’attendait que ça. Cela m’a vraiment frappée en France quand les autorités médicales ont an...

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Manon Legrand

Manon Legrand

Coordinatrice Alter Échos, journaliste (social, logement, environnement)

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