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"Insertion sociale : un avant-projet wallon qui entend partir de l'existant"

26-08-2002 Alter Échos n° 125

Le 18 juillet, le gouvernement wallon a pris connaissance en première lecture d’un avant-projet du ministre Detienne1 annoncé il y a deux ans : il vise l’agrément et/ou lesubventionnement d’actions d’insertion sociale.
De quoi on parle ?
D’année en année, les ministres de l’action sociale utilisent des crédits facultatifs pour octroyer des subventions ponctuelles, de 5.000 à 50.000 euros, à desnouveaux projets. Le mécanisme ne fonctionne pas toujours dans une grande clarté, et n’offre aucune garantie de stabilité aux actions soutenues. De plus, avec le temps, il envient à servir structurellement de recours pour répondre à de nouveaux problèmes sociaux, ce qui est à l’opposée de leur fonction.
Or ces dernières années, la plupart des actions en question consistaient à mettre en place des activités avec des personnes qui ne sont pas à même de trouverleur place sur le marché de l’emploi, tant elles cumulent toutes sortes de difficultés, y compris sur les plans de la personnalité, de la famille, etc. CPAS et services sociauxen particulier ont défriché différentes pistes d’action collective avec ce public, sous forme par exemple de toutes sortes d’ateliers, de la cuisine à la relaxation enpassant par la première initiation aux techniques du cirque. De plus, ce public est de plus en plus nombreux, de plus en plus jeune, et cumule des difficultés sur de plus en plus deplans à la fois. Ainsi, les travailleurs sociaux des CPAS, affirme une étude récente de l’UVCW, indiquent que plus de 50 % de leur public ne serait plus capable d’entrer dans desactions d’insertion et d’activation des CPAS, alors qu’en 1999, on ne parlait encore que de 40 %.
On se trouve donc ici au croisement entre éducation permanente en milieu populaire et resocialisation. Ces actions collectives ne doivent pas avoir pour but de préparer la personneà entamer un parcours d’insertion professionnelle : on parle plutôt de réinscription dans des réseaux de relations sociales, de remise en projet, etc.
Le décret transformera donc les subsides facultatifs en subsides de trois ans à des projets agréés qui innovent en matière d’insertion sociale, c’est-à-direclairement en amont du dispositif d’insertion socioprofessionnelle, et sans dimension sécuritaire.
Un nouvel agrément
En 2003 – le cabinet ne se prononce pas encore sur une date d’entrée en vigueur –, toute action d’insertion pourra solliciter un agrément pour trois ans. Cettereconnaissance sera une condition nécessaire pour demander un financement.
Le montant de l’allocation budgétaire ainsi reconvertie reste le même, soit 350.000 euros. « Mais cela pourra augmenter plus tard », précise Anne Renard au cabinetDetienne.
Les critères d’agrément et d’accès aux subventions ne sont pas encore rendus publics. Ils seront importants : en tout cas en 2003, le budget ne permettra pas de satisfaire toutesles demandes.
Relais sociaux
Pour des raisons de calendrier, et parce que les relais sociaux travailleront en réseau avec les actions d’insertion sociale, l’avant-projet de décret contient aussi la future baselégale d’agrément et de subventionnement des relais sociaux. Eux aussi sont soutenus par des subsides facultatifs, mais pour un budget total de 3.100.000 euros. Des relais fonctionnentà Liège et Charleroi, et sont en préparation à Mons et Namur (ouverture cette année). La Louvière et Verviers ouvriront l’an prochain, ainsi qu’au moins unpremier «relais social intercommunal» éloigné des principaux noyaux urbains.
1 Cab. : rue des Brigades d’Irlande 4 à 5100 Jambes, tél. : 081 32 34 11. Contact : Anne Renard.

Thomas Lemaigre

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