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Foyer ixellois  : bonne gouvernance, mode d'emploi

Confronté à un bilan catastrophique en 2007, le Foyer ixellois a cherché à se redéfinir une culture d’entreprise… Avec succès.

07-03-2011 Alter Échos n° 311

Confronté à un bilan catastrophique en 2007, le Foyer ixellois1 a cherché à se redéfinir une culture d’entreprise. Mission accomplie en un peuplus de deux ans avec l’aide d’une consultante externe.

Face aux nombreuses irrégularités dans l’attribution des logements et aux dysfonctionnements constatés, ainsi qu’à l’absence de direction etd’encadrement, Anne Delvaux (PS), présidente du Foyer ixellois depuis avril 2007, se doit de réagir. « Nous avons adopté un point de vue généralvisant à faire la synthèse de l’ensemble de la gestion de la Sisp. Un audit financier était insuffisant. L’audit fut donc à la fois organisationnel,opérationnel, financier et juridique », explique-t-elle.

Avec Gauthier Calomne, nommé administrateur délégué (MR) après l’éviction justifiée de Paul Van Gossum contre lequel plainte aété déposée par la présidente et la SLRB (Société de logement de la Région de Bruxelles-Capitale), un binôme s’installe avec unevision commune au niveau éthique. La mise à plat de l’audit débouche sur le plan Paix  : Plan d’amélioration pour le Foyer ixellois.

Un accompagnement externe bien utile

Ce plan consiste en 48 recommandations autour de sept axes qui ont constitué une feuille de route pour le changement dans lequel toute l’équipe a étéimpliquée. Anne Delvaux insiste sur l’importance de la décision d’un accompagnement par une consultante extérieure. « Au début du processus,j’ai animé quelques réunions personnellement. Les gens ne s’exprimaient pas, ils attendaient mes instructions. La présence de la consultante externe areprésenté plusieurs atouts  : la transversalité de l’accompagnement, un certain détachement, l’externalité s’enrichissant del’expérience acquise ailleurs, l’absence d’enjeux interne de la personne », explique la présidente.

Pour sa part, la consultante Sophie Fétu2 accorde beaucoup d’importance à la dimension pédagogique et à la transmission de sens. « Ladiscrétion et la confiance ont donné de bons contacts avec l’équipe », ajoute-t-elle. A l’heure actuelle, environ 80  % des recommandations ontété mises en place. Les acquis  : une charte et un vrai plan stratégique, un organigramme mieux construit autour des missions de la Sisp, des procédures plusrespectueuses de la législation notamment sur les marchés publics, une augmentation des compétences internes. Sophie Fétu souligne l’importance de l’outil CAFmis en place. « Le Common Assessment Framework est un cadre d’auto-évaluation des fonctions publiques qui définit des paramètres mettant l’usager au centredes questions posées », décrit-elle.

Construire un plan de cohésion sociale

Anne Delvaux donne un exemple de pratiques nouvelles. « Pour améliorer la gestion des rénovations, nous avons fait approuver un marché-stock pour un montant de800 000 euros. Le cahier des charges définit un logement type avec un budget global. Le nombre de logements n’y est pas défini. Nous y gagnons en souplesse, mais respectonsla loi sur les marchés publics. Nous sommes les premiers à faire cela. La SLRB n’est pas d’accord. Elle voudrait que le cahier des charges soit plus précis, mais ellene peut s’y opposer car il s’agit de contrats sur fonds propres et sur fonds communaux », précise-t-elle.

Seul l’engagement d’un directeur financier qui n’a pas tenu toutes ses promesses « Il s’est révélé défaillant. Cela a fait perdre pasmal de temps », regrette la présidente. Pour Sophie Fétu, cette opération a permis de remettre le cœur du métier au centre du fonctionnement :gérer un patrimoine à l’usage d’un public particulier socialement défavorisé. « Cela fut notamment possible par une augmentation descompétences en interne. La culture de l’entreprise a franchement évolué avec la création d’un vrai encadrement  : un directeur-gérant, un directeuradministratif et financier, un juriste, un architecte », décrit-elle.

Quant à l’avenir, Anne Delvaux est optimiste. « Mon objectif est qu’après 2012, on puisse laisser l’institution en gestion plus indépendante et enayant effectué la rénovation de l’essentiel du parc immobilier trop vétuste. Il restera à construire un plan de cohésion sociale visant à autonomiserle locataire », conclut-elle. Un processus extensible à d’autres Sisp ? Anne Delvaux n’a pas de recommandations à donner mais se félicite du vent frais quia soufflé apportant remotivation et nouvelle cohésion à son équipe.

1. Le Foyer ixellois :
– adresse : rue des Cygnes, 8-10 à 1050 Bruxelles
– tél.  : 02 649 20 13
– site  : www.foyerixellois.be

2. Plus d’infos  : www.fetu.be

Jacques Remacle

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