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Extrascolaire : appel à projets pour l'accueil des plus petits

Catherine Fonck, ministre de l’Enfance, de l’Aide à la jeunesse et de la Santé de la Communauté française1, lance un appel à projets envue de l’octroi de subsides à l’équipement destinés aux opérateurs d’accueil extrascolaire pour l’accueil des 2,5 à 6 ans. Unedémarche positive qui suscite néanmoins quelques interrogations du côté de l’asbl Badje (Bruxelles Accueil et Développement pour la Jeunesse etl’Enfance)2

07-09-2007 Alter Échos n° 234

Catherine Fonck, ministre de l’Enfance, de l’Aide à la jeunesse et de la Santé de la Communauté française1, lance un appel à projets envue de l’octroi de subsides à l’équipement destinés aux opérateurs d’accueil extrascolaire pour l’accueil des 2,5 à 6 ans. Unedémarche positive qui suscite néanmoins quelques interrogations du côté de l’asbl Badje (Bruxelles Accueil et Développement pour la Jeunesse etl’Enfance)2

Le 3 juillet 2003, le décret de la Communauté française relatif à la coordination de l’accueil des enfants durant leur temps libre et au soutien del’accueil extrascolaire prônait l’organisation d’états des lieux destinés à identifier les besoins du secteur. Réalisés dans lafoulée, ceux-ci mirent notamment en évidence un manque important en matière d’accueil distinct et spécifique pour les plus petits. Afin de tenter de remédierà cette problématique et de susciter la mise en œuvre de nouveaux projets dans ce domaine, Catherine Fonck, la ministre de l’Enfance, de l’Aide à la jeunesse etde la Santé de la Communauté française, vient de lancer un appel à projets3 en vue de l’octroi de subsides à l’équipementdestinés aux opérateurs d’accueil extrascolaire pour l’accueil des 2,5 à 6 ans.

Cent mille euros seront ainsi alloués, par tranche de 1000 à 3500 euros, à une quarantaine d’opérateurs d’accueil dont les projets (aménagementd’un espace spécifique destiné aux 2,5 à 6 ans ou mise sur pied d’une initiative originale pour ces enfants) auront été sélectionnés parun jury composé de différents acteurs du secteur de l’accueil extrascolaire. Des critères comme l’originalité du projet, la réponse qu’il apporte aux besoinsrecensés ou encore son adéquation avec les termes de l’appel seront ainsi pris en compte. Pour être subsidiables, les opérateurs devront être de plusdéclarés à l’Office de la Naissance et de l’Enfance et faire partie de communes disposant d’une commission communale de l’accueil ; commission qui devradonner son avis à propos des projets émis par les opérateurs de la commune dont elle dépend.

Un secteur en difficulté

Si, du côté de Badje, on applaudit une initiative peu courante (la plupart des appels à projets visent en général le fonctionnement et nonl’équipement), on se pose aussi quelques questions. « Le secteur de l’accueil extrascolaire manque cruellement de moyens », explique ainsi Séverine Acerbis,directrice de cette asbl qui fédère, depuis 1998, un ensemble d’organismes bruxellois actifs dans le domaine de l’accueil de l’enfance et qui s’est donné pourmission de défendre un secteur que l’association présente comme étant en situation précaire. « Même si cet appel à projets est positif, je ne peuxm’empêcher de penser que c’est un emplâtre sur une jambe de bois. 100 000 euros c’est bien, mais quand on sait que, par exemple, le forfait alloué aux centres devacances est largement inférieur à ce qui est prévu par le décret du 17 mai 1999 relatif à ces mêmes centres et qu’il faudrait environ 500 000 eurospour combler ce manque, le « saupoudrage » d’argent prévu par le nouvel appel est interpellant. D’autant plus que ces centres de vacances, au même titre que lesécoles de devoirs, ne sont pas concernés par le nouvel appel à projets ».

Et Badje d’ainsi souligner que si différents décrets et appels à projets « saucissonnent » et financent séparément diverses branches de «l’accueil temps libre », ce sont bien souvent les mêmes opérateurs qui, sur le terrain, semblent concernés. Des opérateurs se retrouvant donc chargés, augré des dossiers à remettre, de fardeaux administratifs lourds à porter.

Au cabinet de Catherine Fonck on se dit conscient de la situation des centres de vacances mais on fait également remarquer que les écoles de devoirs ont, quant à elles,bénéficié d’un appel à projets l’année passée. Leur absence, de même que celle des centres de vacances, du champ d’application du nouvel appel àprojets participerait, quant à elle, d’une volonté de restreindre le nombre déjà très important de candidatures.

1. Cabinet Fonck,
– adresse : bd du Régent, 37-40 à 1000 Bruxelles
– tél. : 02 788 83 11
– courriel : gaetane.vanuytvanck@cfwb.be
2. Badje asbl,
– adresse : rue de Bosnie, 22 à 1060 Bruxelles
– tél. : 02 248 17 29
– courriel : severine.acerbis@badje.be
– site : www.badje.be et www.extrascolaire.be

3. Les documents sont accessibles sur le site de l’ONE :
http://www.one.be/act/act.htm

Julien Winkel

Julien Winkel

Journaliste (emploi et formation)

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