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Regard critique · Justice sociale

Au CPAS de Liège, les questionnaires TOK-EFD posent des problèmes de conscience. Mme Sauvage, du Service Réinser, tout comme Claude Emonts, Président du CPAS,s’inquiètent de la quantité de travail à accomplir pour remplir ces questionnaires concernant les personnes sous contrat «article 60». Mme Sauvage se demandemême sérieusement ce que TOK-EFD entend faire de «ces milliers de pages, sans compter le temps de dépouillement». «Au lieu de s’en tenir à un encadrementde type insertion professionnelle, souligne en outre notre interlocutrice, on creuse véritablement dans l’intimité des gens».
Les questions qui dérangent Mme Sauvage et Claude Emonts sont notamment : «Y a-t-il des obstacles à la suite de facteurs psychosociaux ? (dépressions, alcoolisme, drogues,…) ; Y a-t-il des obstacles à la suite de la situation familiale ?» «Où vont ces documents ? s’interroge Mme Sauvage. Si au moins ils restaient au sein du CPAS avec despersonnes qui sont tenues au secret professionnel. Car, chaque questionnaire est nominatif. Cela tient bien à une personne dont on donne toutes les coordonnées». Et de poursuivreen prenant d’autres questions relatives à «l’évaluation personnelle du client» :
«Est-ce que le client, depuis la participation au projet a rencontré des problèmes dans un des domaines suivants ?
n santé («de quoi faire bondir les médecins», observe Mme Sauvage) ;
n relations avec les membres du ménage ;
n relations avec les membres de la famille ;
n amis/voisins/connaissances ;
n alcool ou drogue ;
n police ou justice en général ;
n financiers ;
n logement ;
n autres événements marquants ; lesquels ?»
«S’il faut non seulement passer les minimexés à la loupe, mais en plus au scanner, constate Mme Sauvage, socialement, humainement, c’est inacceptable».
Plus loin dans le questionnaire, une autre question attire l’attention : «Est-ce que le client s’est plaint depuis sa participation au projet d’un des éléments suivants ? Maux detête, fatigue, insomnies, dépressions, nervosité, etc». En regard figurent les options «souvent», «parfois», «rarement» … L’option«jamais» est absente.
Mme Sauvage remarque toutefois qu’il y a «des questions qui ciblent tout à fait l’insertion professionnelle, mais certaines choquent. Quel type de relation Réinser va-t-ildéfinir avec ses clients ?» Et Claude Emonts de conclure que «si dans le cadre de TOK-EFD, la situation a évolué favorablement en faveur des Régions wallonneet bruxelloise, il faut en effet s’interroger sur la déontologie et la lourdeur administrative des questionnaires».
Du côté de TOK-EFD, on se veut rassurant : on affirme que les données récoltées ne sortiront pas de l’asbl.

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