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Étude du Serv : en faire plus aussi pour les "allochtones" hautement qualifiés

Depuis quelques années, les « allochtones » peu qualifiés font l’objet de beaucoup d’attentions. Mais quid de ceux qui ont fait des études ? Eux aussirencontrent pas mal de difficultés et le Serv recommande des actions ciblées.

06-06-2008 Alter Échos n° 253

Depuis quelques années, les « allochtones » peu qualifiés font l’objet de beaucoup d’attentions. Mais quid de ceux qui ont fait des études ? Eux aussirencontrent pas mal de difficultés et le Serv recommande des actions ciblées.

Par allochtones diplômés de l’enseignement supérieur, on entend : avoir au moins un parent ou deux grands-parents issus d’un pays hors de l’Europe des Quinze(UE15) ; être en possession d’un diplôme universitaire acquis en Belgique ou à l’étranger ou d’un diplôme supérieur de type court acquis enBelgique. Le taux de chômage de ce groupe est trois fois plus élevé que celui des Belges : 21 % au lieu de 7 %. D’autres chiffres sont disponibles mais ils ne tiennentcompte que de la nationalité. Selon ceux-ci, il y a en Flandre 34 850 ressortissants d’un pays hors UE15 qui sont diplômés de l’enseignement supérieur. Parmiceux-ci, 57,4 % de ceux qui sont en âge de travailler ont un emploi, contre 77,8 % des ressortissants de l’Europe des Quinze, et 85,3 % des Belges dans la même situation.

Le Conseil social et économique de Flandre (Serv) parle dans son dernier rapport de « gaspillage du capital humain » dans un contexte où 50 000 offres d’emploi– essentiellement en Région flamande – ne trouvent pas preneurs. Les causes de cet état de fait ? La mauvaise adéquation entre les qualifications de ces allochtoneset les besoins du marché du travail, le manque d’expérience à un niveau adéquat et la faiblesse ou l’inexistence de leurs réseaux. Et le Conseild’émettre quelques propositions pour changer cet état des choses.

Compétences plutôt que diplômes

Tout d’abord, les pouvoirs publics devraient montrer l’exemple en engageant davantage de diplômés d’origine étrangère que les autres secteurs. Orc’est le contraire qui se produit : le secteur public est plus pointilleux que le privé sur les diplômes alors que, justement, en matière d’équivalence dediplômes, on n’est pas très loin. Il faudrait, selon le Serv, des procédures plus rapides, un meilleur soutien et suivi des candidats et des solutions alternatives(formations accélérées, par exemple) en cas de refus d’accorder l’équivalence. Les réseaux d’enseignement supérieur peuvent jouer unrôle dans cette histoire-là. Les procédures de dispense, déjà existantes, en vertu de « compétences acquises à l’extérieur »(EVC en néerlandais), pourraient être rendues plus transparentes et devraient coûter moins cher. La grande autonomie des institutions d’enseignement supérieur peutparfois constituer un obstacle à cet égard. Il est déroutant pour le candidat d’être confronté à des approches radicalement différentes enfonction de l’institution d’enseignement à laquelle il s’adresse. Et de citer un exemple de bonne pratique : le projet « United colours of nursing » pour laformation d’infirmières. Les universités et les hautes écoles devraient également développer leur offre de cours pour adultes ainsi que de cours denéerlandais. Mais le Serv a d’autres recommandations à formuler.

Tout d’abord, pour ce qui est des discriminations à l’embauche, il faudrait mettre en place un système plus accessible et plus efficace d’enregistrement desplaintes.
Le VDAB devrait créer des trajets sur mesure pour cette catégorie de demandeurs d’emploi et mieux inventorier dans ses dossiers les diplômes éventuels obtenusà l’étranger, ainsi que le niveau de formation et d’expérience professionnelle, de manière à ce que ces chômeurs aboutissent à des emploisplus adaptés à leur niveau réel. Et aussi à ce qu’ils évitent de tomber dans un carrousel sans fin de formations successives, très démotivantà moyen terme. Les offres d’emploi elles-mêmes devraient également mettre davantage l’accent sur les capacités demandées que sur les diplômespréalables. Par ailleurs, le secteur de l’intérim pourrait aussi être plus attentif à cette population.

Aux entreprises, il suggère de mettre en place un système de parrainage ou de tutorat pour faciliter l’intégration des allochtones en usine. Et puis de mettre en avantleurs employés et ouvriers allochtones pour les rendre visibles au monde extérieur.
Enfin, les allochtones eux-mêmes devraient davantage saisir les opportunités qui se présentent, clairement définir et affirmer leurs ambitions professionnelles,s’inscrire dans un processus d’apprentissage continu et… mieux apprendre le néerlandais.

D’après De Morgen et De Standaard

Pierre Gilissen

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