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Daoust et le jobcoaching

Il y a près de cinq ans, la Fondation Roi Baudouin organisait un colloque sur le jobcoaching. Parmi ses conclusions : « Du jobcoaching, tout le monde a déjà l’impressiond’en faire peu ou prou. » Voilà un constat peu susceptible d’évoluer puisque désormais même le secteur de l’Intérim – ou en tout cas l’entrepise Daoust– semble s’y mettre… et réclame un soutien public pour continuer son action. Mais les mêmes mots signifient-ils la même chose ?

26-02-2006 Alter Échos n° 203

Il y a près de cinq ans, la Fondation Roi Baudouin organisait un colloque sur le jobcoaching. Parmi ses conclusions : « Du jobcoaching, tout le monde a déjà l’impressiond’en faire peu ou prou. » Voilà un constat peu susceptible d’évoluer puisque désormais même le secteur de l’Intérim – ou en tout cas l’entrepise Daoust– semble s’y mettre… et réclame un soutien public pour continuer son action. Mais les mêmes mots signifient-ils la même chose ?

On commencera donc à se référer à la définition utilisée par la Fondation Roi Baudouin : « le jobcoaching consiste en une intervention auprèsdu travailleur et de l’employeur pendant la recherche d’emploi ou de personnel, au moment de l’embauche, et au début de la période d’emploi. Dans une perspective d’insertionsocioprofessionnelle, le jobcoaching complète d’autres actions d’insertion. »

Trucs et astuces

En ce qui concerne les actions menées par Daoust1 – beaucoup plus ponctuelles que ce qui est décrit ci-dessus –, l’entreprise leur donne pour objectif de« remotiver les candidats juste avant leur recherche d’emploi et/ou d’interview avec les recruteurs. » Il s’agit de dispenser des « trucs et astuces », ainsi qu’un «regard concret sur les réalités du monde des ressources humaines et de l’intérim, et surtout le ‘punch’ nécessaire pour une recherche d’emploi active et efficace. »Notamment pratiquées lors de « Job Days », ces séances d’environ deux heures se font en groupe. L’idéal étant d’être face à une quinzaine depersonnes, même si Jean-Olivier Collinet, responsable des RH chez Daoust, dit avoir déjà expérimenté le concept avec succès face à des groupes d’unecentaine de personnes. Au cours de ces séances, aucun tabou n’est évité et les questions les plus sensibles (discriminations, codes culturels, préjugés), sontabordées de front par le coach. La volonté n’est pas de « modifier les comportements ni d’uniformiser mais bien d’informer sur les codes. »

Daoust insiste sur le fait que sa nouvelle activité « ne se présente nullement comme une alternative aux activités d’accompagnement proposées par les organismespublics [Recherche active d’emploi, simulation d’entretiens, etc. NDLR] mais s’affiche plutôt comme complémentaire. » Jean-Claude Daoust souhaiterait d’ailleurs développerdes partenariats avec ceux-ci, et dit avoir de bons contacts avec deux organismes publics – dont il n’a pas souhaité dire les noms avant que les discussions ne soient plusabouties2. Quel que soit, d’ailleurs, le résultat de ces discussions, la société se dit déterminée à continuer le développement de cetteactivité, qui constitue d’ores et déjà un nouveau département de son entreprise.

Éviter la confusion

Du côté des OISP, Claire Van Zeebroeck, chargée de projets jobcoaching chez Acfi (Action coordination formation insertion3), tient à énoncer lesdifférences qui séparent la pratique de Daoust de ce qui a pu être mis en œuvre par les OISP dans le cadre de projets-pilotes soutenus par la Fondation Roi Baudouin ou lefédéral : caractère collectif versus individuel ; aspect one-shot versus suivi sur la longueur ; « trucs et astuces » versus travail approfondi sur ladéfinition du projet et des attentes. Et de conclure : « À mon sens, ce qu’offre Daoust s’apparente plutôt à des ateliers collectifs de recherche active d’emploi :alors que le jobcoaching est trop souvent considéré comme guère plus qu’un terme à la mode, et que nous tentons d’en faire reconnaître l’intérêt auniveau politique wallon et bruxellois, cette nouvelle utilisation dans une autre acception risque de porter à confusion. »

Il y a quinze mois, dans les colonnes d’AÉchos, Marie-Christine Lefebvre, consultante chez Lconsult et accompagnatrice de longue date du jobcoaching en Belgique recommandait «la rédaction d’une charte, un peu à l’image de ce qui s’est fait dans l’économie sociale, pour que le terme jobcoaching ne devienne pas tout et n’importe quoi. »Jean-Olivier Collinet reconnaît que l’utilisation du terme peut s’avérer ambiguë mais que, tout simplement, aucun terme plus adéquat n’existe sur le marché : «Job Academy n’aurait pas moins porté à confusion ! »

1. Daoust Interim, Galerie de la Porte Louise, 203 à 1050 Bruxelles – tél. : 02 513 14 14 – fax : 02 513 06 50.
2. Contactés par nos soins, Forem et Orbem se disent « au courant de rien ».
3. Acfi, chaussée de Boondael, 6 (bte 14) à 1050 Bruxelles – tél. : 02 640 44 07 – fax : 02 648 08 65 – courriel : info@acfi.be On trouvera une série d’informations sur le jobcoaching en allant sur le site de l’Acfi, cliquez sur« Publications » puis sur « Jobcoaching ».

Edgar Szoc

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