Alter Échosr
L'actualité sociale avec le décodeur

Archives

Comment relever le « défi de la formation » à Bruxelles ? Les pistes de la CCFEE

La Commission consultative Formation Emploi Enseignement (CCFEE) vient de remettre son dernier avis (n°66) intitulé La formation, un défi à relever en régionbruxelloise1. La CCFEE s’attache à y formuler quelques propositions à soumettre lors de la prochaine conférence régionale sur l’enseignement et laformation, prévue dans le cadre du C2E (Contrat pour l’économie et l’emploi).

02-07-2006 Alter Échos n° 211

La Commission consultative Formation Emploi Enseignement (CCFEE) vient de remettre son dernier avis (n°66) intitulé La formation, un défi à relever en régionbruxelloise1. La CCFEE s’attache à y formuler quelques propositions à soumettre lors de la prochaine conférence régionale sur l’enseignement et laformation, prévue dans le cadre du C2E (Contrat pour l’économie et l’emploi).

Composée de représentants des employeurs et des travailleurs bruxellois francophones, des trois réseaux d’enseignement, des organismes régionaux d’emploi et deformation et de l’initiative locale liée à la politique d’insertion (missions locales, organismes d’insertion socioprofessionnelle, CPAS, protection de la jeunesse, habitat-insertion etéducation permanente), la CCFEE a été instituée par le décret portant création de Bruxelles Formation. Dans son dernier avis, qui résulte deséminaires menés en commun avec son pendant néerlandophone (BNCTO), la Commission incite à mettre au centre de la dynamique du C2E, la qualification des jeunes et laréduction des inégalités. À la lecture des chiffres bruxellois en matière de chômage des jeunes, l’urgence de la première action ne fait guèrede doutes. En effet, si les jeunes (moins de 25 ans) représentent respectivement 15 % et 22 % du total des demandeurs en Flandre et en Wallonie, ce taux monte à 33 % à Bruxelles !

Favoriser stages et alternance

L’intérêt du document réside notamment dans l’évaluation des besoins en matière de stage et d’alternance : selon les estimations réalisées lors desséminaires, ce sont en effet chaque année 13 000 jeunes qui devraient être pris en charge en entreprise, dans le cadre d’un stage, d’un apprentissage ou d’une formation enalternance. Vu le nombre d’entreprises recensées à Bruxelles (environ 33 000), ce sont donc près de la moitié des employeurs privés et publics, qui devraientaccueillir chaque année un jeune. Et la CCFEE de plaider pour que ces places soient assurées avec une certaine stabilité, particulièrement dans les secteurs prioritairesou dans les fonctions critiques. Il s’agirait donc d’éviter que le nombre de places offertes varient au gré des retournements de conjoncture, et que celles-ci se voienttransformées en une espèce de variable d’ajustement. Reste à savoir précisément quel est le niveau le plus adéquat pour formaliser ces partenariats entre lesmondes de l’entreprise, de l’enseignement et de la formation : les fonds sectoriels, le secteur professionnel ou l’entreprise ?

En ce qui concerne plus spécifiquement l’alternance (Cefa) et la formation des classes moyennes (Infac-Infobo), l’avis plaide pour une harmonisation des contrats fondée sur un vraistatut pour le jeune en formation. C’est aussi du côté des travailleurs en charge des stagiaires que l’action doit se porter : tant les accompagnateurs Cefa que lesdélégués à la tutelle de la formation des petites et moyennes entreprises et les responsables de stage « méritent d’être reconnus et soutenus par lespouvoirs publics. » Une telle reconnaissance passe évidemment par une identification des compétences nécessaires pour assumer ces fonctions, et plus de précision surla durée de leurs missions et leur champ d’intervention. À l’intérieur de l’entreprise, c’est aussi le rôle du tuteur-parrain lui-même qui devrait être revu etvalorisé.

Réduction des inégalités

C’est principalement de renforcement de la lutte contre les discriminations en matière de genre et d’origine ethnique qu’il est ici question. En la matière, la Commissionpréconise un éventail de mesures qui vont de l’adoption d’un plan particulier pour le secteur public bruxellois (à l’image du Plan diversité adopté pour la fonctionpublique fédérale) ou encore un contrôle effectif mené par l’inspection sociale, un contrôle effectif qui passe par des sanctions non moins effectives àl’égard des employeurs ou des intermédiaires de placement lorsqu’un cas de discrimination est répertorié.

Enfin, comme souvent à Bruxelles, c’est une vision fine et cohérente de la situation du secteur qui fait défaut. Un état des lieux avait étéréalisé en 2001 par Claire de Brier, mais qui n’a plus été actualisé depuis lors. L’avis plaide en faveur d’un système de recueil de données etd’informations commun à la formation professionnelle (Bruxelles Formation, ISP, classes moyennes) et à l’enseignement (Promotion sociale, Cefa, enseignement technique et professionnel),informations et données à partir desquelles un état des lieux de la formation professionnelle à Bruxelles pourrait être réalisérégulièrement.

1. CCFEE, rue de Stalle, 67 à 1180 Bruxelles – tél. : 02 371 74.31 – fax : 02 371 74 33.

Edgar Szoc

Pssstt, visiteur, visiteuse du site d'Alter Échos !

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, notamment ceux en lien avec le Covid-19, pour le partage, pour l'intérêt qu'ils représentent pour la collectivité, et pour répondre à notre mission d'éducation permanente. Mais produire une information critique de qualité a un coût. Soutenez-nous ! Abonnez-vous ! Et parlez-en autour de vous.
Profitez de notre offre découverte 19€ pour 3 mois (accès web aux contenus/archives en ligne + édition papier)