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"Comment les partenaires sociaux voient l'avenir du Forem"

12-02-2001 Alter Échos n° 91

Les partenaires sociaux n’ont pas manqué de réagir sur les orientations annoncées en janvier par la ministre de l’Emploi sur la gestion du placement et le nouveau contrat degestion du Forem. Tous se réjouissent de l’architecture générale proposée et de la philosophie de service public déployant une action efficiente. Le 21décembre, l’Interrégionale wallonne de la FGTB émettait déjà deux avis généraux sur le Forem et le Parcours d’insertion. La CSC réagissait le26 janvier en attirant l’attention sur différents points, et l’Union wallonne des entreprises émettait un long communiqué le 31 janvier, reprenant des élémentsd’une note déjà approuvée le 8 décembre.
FGTB
Vu le moment où elle s’est positionnée, la FGTB1 reste fort générale dans ses positions. Pour ce qui est de l’organisation du placement, elle tente de formuler la placequ’elle veut voir le Forem occuper : “Le rôle du secteur public ne peut être réduit à organiser la transparence sur le marché de l’emploi et à proposeruniquement des services complémentaires à ceux des intermédiaires privés. La FGTB wallonne ne pourra signer un contrat de gestion dans lequel la mission réelle duForem serait ramenée à un rôle de sous-traitant du secteur privé.” Et un peu plus loin : “La FGTB estime que l’État doit assurer une fonction de régulation del’économie qui consiste à intervenir là où le marché n’assure ni l’équilibre entre l’offre et la demande, ni la satisfaction des besoins collectifsfondamentaux. Elle estime que cette fonction concerne aussi les marchés du travail”.
La sphère d’activités concurrentielles doit être séparée du reste du Forem et bénéficier d’un statut régulier, mais la FGTB attire cependantl’attention sur la particularité du marché du travail intérimaire : “La FGTB wallonne tient à rappeler que la structure du secteur du travail intérimaire estessentiellement oligopolistique puisque celui-ci est dominé à environ 80 % par moins de 10 grandes firmes qui font partie, pour la plupart, de groupes multinationaux. Elle constate quecette structuration a pour conséquence une guerre des prix sur le marché (…) Elle constate que le secteur privé a la possibilité de ne s’occuper que des personnesdirectement “employables” et ne peut se vanter d’avoir le “monopole du cœur” puisque les opérations menées actuellement dans le domaine de l’insertion n’ont étépossibles qu’avec un large soutien des pouvoirs publics fédéraux.”
Pour ce qui est de la transition, la FGTB refusera une généralisation pure et simple des projets pilotes en matière de nouveaux services (“chantiers expérimentaux”)lancés suite à l’audit du bureau Andersen. Elle estime que le Comité de gestion n’est pas assez informé des résultats pour se positionner en la matière sansen passer par une discussion approfondie avec toutes les parties concernées, y compris les travailleurs du Forem qui ont mis en œuvre ces chantiers.
Pour ce qui est du PI, la FGTB demande notamment
n la sortie d’un concept linéaire,
n la minimisation des interférences des matières communautaires,
n la simplification et l’harmonisation des procédures,
n l’élaboration de Chartes du stagiaire sur le modèle de l’initiative prise au sein du CSEF de Liège,
n l’amélioration et l’uniformisation des statuts pécuniaires des stagiaires,
n la généralisation des outils du type “portefeuilles de compétences” en tant que droits du stagiaire,
n la création de médiateurs sous-régionaux qui donnent un feedback des stagiaires vers les organismes de formation.
CSC
Pour l’organisation du marché du placement, elle2 demande que les nouvelles normes permettent au demandeur d’emploi de toujours savoir clairement si le service auquel il s’adresse est unemployeur telle une agence d’intérim, ou un intérmédiaire tel un bureau de sélection. Elle demande que la Commission d’agrément reste au sein du CESRW.
L’externalisation de la préformation ne peut quant à elle se traduire par une diminution des moyens destinés aux publics les plus précarisés, et elle attirel’attention sur le risque d’augmentation du hiatus entre préqualification et formation qualifiante.
La CSC s’attarde aussi sur la transition en regrettant l’accumulation de deux ans de retard dans la préparation de ce prochain contrat de gestion, et en qualifiant d'”intenables” lesdélais fixés par le gouvernement, d’autant plus qu’elle demande un travail “de conscientisation et de concertation” approfondi avec le personnel du Forem.
Les syndicats sont enfin unanimes à demander que la gestion paritaire du SPE soit appliquée non seulement à son Comité de gestion, mais aussi aux bureaux de ses troisentités.
UWE
Le banc patronal3 exige de ne pas travailler dans la précipitation et exige à cet égard que le contrat de gestion donne un cadre plus précis pour lasérénité de la gestion paritaire. Le contraire risquerait, dit l’UWE, d’éroder la confiance des entreprises dans le Forem et dans les opérateurs d’insertion engénéral… Elle insiste sur la nécessité de délimiter clairement les activités ” payantes ” et les articulations entre formation et emploi.
1 IW FGTB : rue Haute 42 à 1000 Bruxelles, tél. : 02 506 82 36, fax : 02 502 08 28.
2 CSC, chée de Haecht 579, BP 10, à 1031 Bruxelles, tél. : 02 246 34 18, fax : 02 246 30 10.
3 Union wallonne des entreprises, chemin du Stockoy 1-3 à 1300 Wavre, tél. : 010 47 19 40, fax : 010 45 33 43, site Web : http://www.uwe.be

Thomas Lemaigre

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