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CISP : un secteur malmené et sous le choc

CISP : un secteur malmené et sous le choc

25 juin 2019 Pierre Jassogne

C’est l’ultime rebondissement d’une très mauvaise histoire entre Pierre-Yves Jeholet et les centres d’insertion socioprofessionnelle (CISP). En affaires courantes, et alors que la formation d’un futur gouvernement wallon est en cours, le ministre de l’emploi (MR) a menacé les centres de ne pas leur verser leurs subsides, soit près de 30 millions d’euros. Cette somme doit leur être réglée ce 30 juin, sans quoi 2000 emplois risquent de passer à la trappe.

Depuis son arrivée à la tête de ce ministère en 2017, le libéral n’a cessé de mettre la pression sur les CISP, allant jusqu’à remettre en cause leur action à l’égard des demandeurs d’emploi peu qualifiés ou leur autonomie de gestion. Dans ce dernier round, le ministre souhaite enclencher la procédure de suspension ou de retrait d’agrément des CISP s’ils ne signent pas le contrat de coopération avec le Forem, un texte jugé insatisfaisant par les centres qui n’ont cessé de demander de poursuivre les négociations avec le Forem et le ministre. “Signer ce contrat de coopération dans la version qui nous a été présentée, alors qu’il y a encore des révisions à y apporter et qu’il devrait encore faire l’objet de négociations revient pour les CISP à signer un chèque en blanc”, explique Anne-Hélène Lulling, secrétaire générale de l’Interfédé.
Une rencontre a eu lieu ce 24 juin avec le ministre et le secteur, mais selon l’Interfédé, Pierre-Yves Jeholet campe toujours sur ses positions : les centres qui n’ont pas signé au 30 juin ne recevront pas leurs subsides. Faute de compromis, les CISP se retrouveront ce 26 juin à Namur devant le parlement pour manifester et faire part de leur inquiétude aux différents chefs de groupe. Le ministre de l’emploi et de la formation sera par ailleurs interrogé lors de la séance parlementaire par les député.e.s Hélène Ryckmans (Ecolo) et Philippe Courard (PS) avec l’objectif de rectifier le tir d’une décision jugée “inique” et “infondée”.

A propos de l'auteur(e)

Pierre Jassogne

Pierre est devenu journaliste en 2010 après des études en lettres lors desquelles il se passionne pour les rapports entre littérature et presse. Enfant, il voulait déjà devenir journaliste et se revoit très bien ennuyer parents et voisins en faisant des interviews avec un enregistreur Fisher Price à cassette avec micro incorporé pour un journal parlé imaginaire. Bref, il avait ce métier dans le sang, mais à la naïveté de ses premiers pas dans ce métier, sa conception du journalisme a rapidement évolué : au début, il était dans le flux de l’info, de l’événement, du scoop à tout prix, mais a très vite décroché pour tenter d’autres voies à l’instar de sa collaboration avec Alter Échos commencée en 2012. Selon Pierre, le journalisme doit être dans les marges du réel, en refusant l’évidence, en allant au-delà de ses propres convictions aussi, en se frottant aux contrastes du monde, mais en y puisant chaque fois une certaine expérience des hommes, des choses, à travers des visages ou des sensations. Idem pour le social : au-delà des politiques menées, des subsides octroyés, des noms de ministres, il en va davantage du témoignage d’un engagement, d’une conviction portée par des citoyens, souvent anonymes, pour rendre ce monde un peu plus juste, un peu plus vrai. « Comme journaliste, on tente de rendre audibles ces preuves de résistances humaines face au discours inquiétant de la financiarisation à outrance, du populisme politique ou de la numérisation sans visage ». « Se reposer ou être libre », disait le philosophe grec Thucydide, quatre siècles avant notre ère. Face à la montée de l’insignifiance, il en va de même pour le journalisme, même si la tâche est grande, difficile, mais néanmoins stimulante et passionnante.

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