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Cinq asbl bruxelloises actives dans la garde d'enfants sont dans l'expectative

Cinq asbl bruxelloises organisant l’accueil d’enfants dont les parents suivent un parcours d’insertion socioprofessionnelle vivent des heures difficiles. Bénéficiaires jusqu’ici dessubsides du Fonds social européen (FSE), elles risquent de voir ce soutien réduit ou supprimé alors que Catherine Fonck (CDH), la ministre de l’Enfance, de l’Aideà la jeunesse et de la Santé de la Communauté française1, chargée de redistribuer celui-ci, tarde à donner des nouvelles. Nageant en pleineincertitude, une des associations a déjà commencé à licencier du personnel, et d’autres y songent sérieusement…

18-01-2008 Alter Échos n° 243

Cinq asbl bruxelloises organisant l’accueil d’enfants dont les parents suivent un parcours d’insertion socioprofessionnelle vivent des heures difficiles. Bénéficiaires jusqu’ici dessubsides du Fonds social européen (FSE), elles risquent de voir ce soutien réduit ou supprimé alors que Catherine Fonck (CDH), la ministre de l’Enfance, de l’Aideà la jeunesse et de la Santé de la Communauté française1, chargée de redistribuer celui-ci, tarde à donner des nouvelles. Nageant en pleineincertitude, une des associations a déjà commencé à licencier du personnel, et d’autres y songent sérieusement…

Secteur déjà en difficulté à Bruxelles, l’accueil à destination de la petite enfance pourrait souffrir encore un peu plus dans les semaines à venir. Eneffet, cinq asbl (la « Maison en plus », les « 1001 pantoufles », les « Quatre saisons », l’ « Aquarelle » et les « Amis d’Aladdin ») organisant la garded’enfants de parents en insertion socioprofessionnelle risquent de se voir obligées de cesser ce type d’activité, faute de subsides. C’est la Fébisp (Fédérationbruxelloise des opérateurs de l’insertion socioprofessionnelle)2 qui, la première, a tiré la sonnette d’alarme en publiant un communiqué de presse sur son siteinternet, où la fédération affirme que pas moins de 35 emplois seraient menacés par cette situation.

« Mais au-delà des 35 emplois, ce sont aussi 105 places d’accueil pour enfants en bas âge qui pourraient disparaître à terme, déclare ainsi Tatiana Vial,attachée de communication de la Fébisp. Je m’explique d’autant moins cette démarche que l’insertion socioprofessionnelle est présentée comme une priorité parle gouvernement et que ces structures ont justement été créées afin de favoriser celle-ci puisqu’elles permettent aux parents en cours d’insertion professionnelle de fairegarder leurs enfants à bas prix durant cette période. » Une situation dommageable alors qu’il n’existe déjà que 13 500 places d’accueil pour 40 000 enfants en basâge à Bruxelles et que, bien souvent, les parents se trouvant en situation d’insertion socioprofessionnelle n’ont pas les moyens de s’offrir des gardes d’enfantsprivées.

Les subsides du Fonds social européen en cause

Coupables désignés pour expliquer cette mauvaise passe, les subsides du Fonds social européen alloués à la Communauté française, dontbénéficiaient les cinq asbl, ont effectivement vu leur montant diminuer d’un quart (passant de 4 millions à 3 millions d’euros) pour la période allant de 2007à 2013 ; entraînant un risque de coupes sombres dans le financement de ces mêmes asbl. Une diminution due, entre autres, à l’arrivée des nouveaux États membresau sein de l’Union européenne et donc à une plus grande division des ressources disponibles au niveau européen.

« Cette situation est effectivement problématique, déplore à ce sujet Thierry Vanderhaeghe, porte-parole du cabinet de la ministre, Catherine Fonck, en charge de larépartition des subsides du FSE. Nous en sommes bien conscients puisque, en 2007, nous avons organisé une période transitoire pour ces asbl en maintenant leur financement. Pourla suite des opérations, nous avons mis sur pied un appel à projets pour l’octroi des subsides du FSE. Un groupe d’experts indépendants examinera la recevabilité deceux-ci et remettra un avis en juin 2008. Les projets reçus bénéficieront des subsides du FSE. ». Mais là où le bât blesse, c’est que les cinq asblactuellement menacées ne semblent financièrement pas en mesure d’attendre aussi longtemps. Pire, certaines ne sont apparemment pas au courant de l’échéance de juin 2008 etattendent en vain des nouvelles de la ministre.

« Nous travaillons à d’autres solutions »

Ainsi, du côté de « 1001 pantoufles »3(NDLR : 10 équivalents temps plein y seraient menacés pour 36 places d’accueil d’enfants de 0 à 3ans), Giovanna Angius, directrice de l’association affirme se trouver « (…) dans une situation impossible. Nous sommes dans l’urgence la plus totale. Nous avons demandé àla ministre Catherine Fonck de nous dire quoi au plus vite, dans les jours ou les semaines qui viennent, mais nous n’avons toujours pas de nouvelles. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps.D’ailleurs, ne sachant pas s’ils bénéficieront ou pas des subsides à l’avenir, certains de nos collègues des autres asbl (NDLR : l’asbl les « Amis d’Aladdin »)ont déjà licencié leurs employés à titre conservatoire. De notre côté, nous nous refusons encore à le faire afin de ne pasdétériorer l’adhésion de nos travailleurs au projet des 1001 pantoufles, mais la situation est difficilement tenable… ».

La communication de la ministre de l’Enfance, de l’Aide à la jeunesse et de la Santé de la Communauté française semble donc laisser à désirerdans ce cas-ci, même si Thierry Vanderhaeghe s’emploie à relativiser un climat de panique et une situation d’autant plus mal venus que la création de places d’accueil pour enfantsen bas âge est devenue, par l’entremise notamment du plan Cigogne II (dont le but est de créer 8 000 places entre 2005 et 2009), un des leitmotivs de la Communautéfrançaise. « Je tiens à préciser que ces asbl bénéficient d’autres sources de financement que le Fonds social européen. Et d’après nos chiffres,ce sont seulement 35 places d’accueil qui seraient menacées par une éventuelle diminution de celui-ci. Du reste, nous travaillons actuellement à d’autres solutions… ». Ducôté des « 1001 pantoufles » et de leurs collègues, certains doivent espérer que celles-ci arriveront vite…

1. Cabinet de Catherine Fonck, ministre de la Santé, de l’Enfance et de l’Aide à la jeunesse :
– adresse : bd du Régent, 37-40 à 1000 Bruxelles
– tél. : 02 788 83 11
– fax : 02 788 83 92.

2. Fébisp :
– adresse : Cantersteen, Galerie Ravenstein, 3 te 4 à 1000 Bruxelles
– tél. : 02 537 72 04
– fax : 02 537 84 04
– courriel : secretariat@febisp.be
– site : www.febisp.be
3. Maison d’enfants les «1001 pantoufles», Maison de Quartier D’Helmet :
– adresse : square Fr. Riga, 39 à 1030 Schaerbeek
– tél. : 02 241 03 27 – 02 215 04 96
– fax : 02 245 55 79.

Julien Winkel

Julien Winkel

Journaliste (emploi et formation)

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