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Centre d'entreprises Dansaert, dix ans après

Le Centre d’entreprises Dansaert a dix ans. Bilan.

06-02-2011 Alter Échos n° 309

Le Centre Dansaert1 a dix ans. Il est exemplaire du développement des centres d’entreprises à Bruxelles. Mais s’il héberge aujourd’hui cinquante-et-uneentreprises, les associations n’y ont plus leur place.

En 2000, le centre Dansaert fut initié par l’échevin de l’Urbanisme de la Ville de Bruxelles de l’époque, Henri Simons (à l’époque Ecolo), pourréhabiliter les anciens dépôts et ateliers des grands magasins de la Bourse, grâce à l’obtention de fonds européens. Aujourd’hui, Henri Simons en esttoujours le président. « Le premier des centres d’entreprises, reconnu, financé par le Feder2, s’est créé une identité autour demétiers à vocation intellectuelle : l’édition, la communication, l’audiovisuel, le design », précise-t-il.

Ce premier centre d’entreprises a favorisé la construction d’un secteur aujourd’hui reconnu par une ordonnance votée en janvier 2009. L’ordonnance concerne lareconnaissance et la subsidiation des centres d’entreprises et des guichets d’économie locale3. Le centre Dansaert exerce les deux missions. Le bilan est plutôt positif. Auniveau de l’accueil d’entreprises, le centre héberge toujours 51 entreprises. 81 autres sont passées par ses lieux. Parmi elles, 67 sont toujours en activité, soit untaux de réussite de plus de 82  %. Au niveau du développement, le guichet d’économie locale qui accompagne des projets qui ne réside pas dans le centre a pour sapart favorisé la création de 104 activités économiques dont 87 sont toujours en exercice, là aussi un taux de pérennisation supérieur à 80 %.

Ces bons résultats amènent la Région à soutenir le centre de manière accrue par une majoration de sa subvention de l’ordre de 125 000 euros (dès2010) et la participation à une augmentation de capital du centre à hauteur de 62 000 euros. « Cet apport de liquidité permettra au centre de bénéficierd’un réel effet de levier, lui ouvrant en effet la possibilité d’emprunter les moyens financiers nécessaires à la restructuration des espaces intérieursmis à disposition des entrepreneurs », souligne Benoît Cerexhe (CDH), ministre de l’Economie de la Région de Bruxelles-Capitale4. Cet effort accompagnecelui de la Ville de Bruxelles qui accroît sa participation au capital de 152 740 euros en 2010 et a réservé un second montant de 96 416 euros au budget 2011.

Cette augmentation de capital s’accompagne de la prise en charge de travaux à la toiture dont l’état empêche l’affectation d’une partie importante deslocaux au troisième étage. « Ces travaux auraient normalement dû être pris en charge par le Centre, mais la prise en charge par la Ville de Bruxelles de ces travauxd’isolation et de rénovation constitue un coup de pouce supplémentaire et permettra de réduire l’empreinte écologique du centre », soutientl’échevin des Propriétés communales, Mohamed Ouriaghli (PS).

Et les associations ?

Les guichets d’économie locale sont liés à l’activité communale. Leur rôle n’est pas de ne soutenir que les entreprises pouvants’installer dans le centre, mais bien toutes les activités « économiques potentielles du territoire de la zone ». A Bruxelles, c’est le Centre Dansaert quiexerce cette mission, alors qu’un second Centre existe : les ateliers des Tanneurs. « C’est pourquoi nous avons mis en place une collaboration consistant enl’organisation d’une séance d’information mensuelle aux ateliers des Tanneurs », nous explique Corinne Bernair, conseillère au guichetd’économie locale de Bruxelles-Ville qui souhaite accentuer cette décentralisation. « Un suivi et une permanence sur place seraient sans doute plus productifs. Ceserait plus dynamique », soutient-elle.

Mais en chemin, le centre Dansaert a aussi perdu des opérateurs présents au début de l’aventure : les associations. « Nous disposions de 4 400 m2.L’Europe intervenait pour 2 500, nous avions donc une marge pour cela et de réels besoins », se souvient Henri Simons. Mais les complications n’ont pas tardéà venir. « Nous avions des problèmes avec l’Union européenne sur le financement des communs. Puis certains locataires ne payaient pas leur loyer. Enfin, leministre-président de la Région a souhaité qu’on abandonne l’expérience », précise Henri Simons en rappelant qu’une association (nonsubsidiée) a encore son siège à Dansaert : les Alcooliques anonymes !

1. Centre d’entreprises Dansaert :
– adresse : rue d’Alost, 7-11 à 1000 Bruxelles
– tél. : 02 213 36 31
– site : www.dansaert.be.

2. Feder, Fonds européen de développement régional.
– Plus d’infos : http://europa.eu/legislation_summaries/employment_and_social_policy/job_creation_measures/l60015_fr.htm
3. Le texte complet de l’ordonnance peut être téléchargé à l’adresse Internet suivante : http://staatsbladclip.zita.be/moniteur/lois/2009/02/19/loi-2009031091.html
4. Cabinet du Benoît Cerexhe :
– adresse : rue Capitaine Crespel, 35 à 1050 Bruxelles
– tél. : 02 508 79 11
– courriel : info@cerexhe.irisnet.be
– site  : www.cerexhe.irisnet.be

Jacques Remacle

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