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Carence de kots bruxellois

Chaque année à la même époque, des milliers d’étudiants cherchent désespérément un logement dans la capitale. Des alternativesexistent, mais pas assez pour compenser le déficit.

11-09-2011 Alter Échos n° 322

Chaque année à la même époque, des milliers d’étudiants cherchent désespérément un logement dans la capitale. Le traditionnel kot,rare, cher et pas toujours de qualité, n’est plus le seul en lice. La colocation et l’habitat intergénérationnel sont des alternatives, mais elles sont souventdécrites comme des solutions sparadraps. A Bruxelles, la pénurie de logements est un fait et, à court terme, elle pourrait bien devenir une entrave à l’accèsaux études.

Quand un jeune décide d’entamer des études supérieures, il choisit d’abord son orientation académique et ensuite sa future université ou hauteécole. Ces dernières années, des milliers d’étudiants ont surtout choisi la ville où ils allaient étudier. Cette dernière a étésélectionnée en fonction des logements disponibles sur le marché. « Certains futurs étudiants préfèrent étudier à Mons, Liège ouNamur. Dans ces villes, la pénurie de logements est moins dramatique qu’à Bruxelles ou à Louvain-la-Neuve », témoigne Michael Verbauwhede, président dela Fédération des étudiant(e)s francophones1.

Lorsque l’on aborde la thématique de l’hébergement estudiantin à Bruxelles, des termes tels que pénurie, construction ou encore rapport qualité/prixsont récurrents. Bruxelles manque cruellement de logements et le boom démographique des années à venir n’arrangera rien. Les kots y sont rares et onéreux.Selon une étude menée par la plateforme ResPact en 2008, le poste le plus important dans le budget annuel d’un étudiant est celui du logement, il s’élèveà 3 150 euros par an.

L’Université libre de Bruxelles (ULB), qui accueille plus de 24 000 étudiants, ne met que 900 hébergements à leur disposition alors qu’ils sont plus de 8 500à koter. Luc Massaer, directeur de résidence2, comprend que les étudiants à revenus modestes soient prioritaires dans l’accès au parc locatif del’Université, mais il redoute cependant qu’à long terme, celui-ci ne se transforme en ghetto. « Les logements universitaires ont toujours accueilli un brassage depersonnes de cultures et de niveaux sociaux différents. J’ai peur que dans le futur, cela ne soit plus le cas. »

Le parc des propriétaires privés aux alentours de l’ULB représente pour sa part plus ou moins 3100 logements mais ces derniers sont souvent chers et pas toujours dequalité. Au Parlement wallon, les députés humanistes Dimitri Fourny et Benoît Langendries ont déposé en mai dernier la proposition d’augmenterl’offre de logements étudiants décents et abordables. En Wallonie et à Bruxelles, nombreux sont ceux qui ne répondent pas aux conditions légales desalubrité et de sécurité. « L’Office du logement de l’ULB, interface entre les étudiants et les petits propriétaires privés, demandeà ces derniers de leur fournir un “certificat de conformité” », dit Luc Massaer. Mais tous les propriétaires privés ne passent pas par cet office etcertains ne se sont jamais vu octroyer de certificat.
« Le nombre de logements universitaires est insuffisant. Les propriétaires du secteur privé se croient donc tout permis », détaille Michael Verbauwhede. « Pourfaire face à cette pénurie, il faut construire ! » La FEF préconise le transfert de moyens publics aux universités et aux hautes écoles ou laréaffectation de bâtiments publics inusités. Augmenter le nombre de logements publics de qualité à un prix raisonnable devrait avoir une incidence sur les prix duprivé mais le budget serré du gouvernement de la Région rend ces propositions difficilement réalisables.

La colocation ou l’habitat intergénérationnel sont d’autres alternatives très en vogue. L’asbl « 1 toit 2 âges »3 propose par exempleà des étudiants et à des seniors de vivre ensemble. Mais cette alternative qui demande de l’engagement et de la responsabilité ne correspond pas à tous.« Certains jeunes intéressés ont habité un kot insalubre, bruyant et trop cher. Ils sont à la recherche d’un endroit plus calme, de qualité et abordable», explique Claire De Kerautem de l’asbl.
Ces deux dernières options ne résolvent cependant pas le problème de pénurie de logements d’étudiants à Bruxelles. Cette problématiquegénérale devrait peut-être amener à une réflexion plus globale sur les différentes manières d’habiter en ville.

1. Fédération des étudiant(e)s francophones :
– adresse : rue de la Sablonnière, 20 à 1000 Bruxelles
– tél.  : 02 223 01 54
contact@fef.be
2. Office du logement de l’ULB : CP166,
– adresse : avenue Fr. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles
– tél.  : 02 650 21 73
– courriel  : offlogem@admin.ulb.ac.be
3. 1 toit 2 âges
– tél.  : 0475 93 28 28
– site  : www.1toit2ages.be

Nathalie San Gil Coello

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