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Article 27 : la demande va croissant tandis que les subsides stagnent

Depuis 1999, le projet « Article 27 »1 permet aux plus démunis d’accéder aux spectacles en ne payant qu’une quote-part minimale. Nous avons souvent parlé de cetteinitiative dans Alter Echos. Aujourd’hui, l’asbl tire la sonnette d’alarme : faute de subsides supplémentaires, elle ne peut plus faire face à la demande sans cesse grandissante. Depuis2000, l’association est soutenue par les autorités publiques. Si au départ, elle n’était soutenue que par la seule Région bruxelloise (via la Commission communautairefrançaise), aujourd’hui, par l’intermédiaire d’un contrat-programme, les subventions émanent également de la Communauté française. Soit pour 2003, un totalde 445.000 euros à répartir entre l’antenne bruxelloise et les dix autres antennes créées en Région wallonne, un budget largement insuffisant au regard de lademande… « Article 27 a vécu une année 2002 contrastée selon qu’on se trouve en Wallonie ou à Bruxelles, explique Laurence Adam, responsable de l’antennebruxelloise. En effet, la croissance a continué en Région wallonne où les tickets utilisés sont passés du simple au double, où deux nouvelles cellules ontété créées à Huy et Verviers, où nous avons obtenu un emploi Plan Rosetta en janvier et 2 postes PRIME en fin d’année et où les cellulesrégionales se sont étendues. Néanmoins les moyens financiers de l’asbl n’ont pas augmenté dans les mêmes proportions et il a fallu réduirel’utilisation des tickets à Bruxelles, conséquences : interruption de partenariats, pas de tickets en juillet et août, 50 associations en attente de conventionnement.Actuel-lement, la demande de places est proche du double de ce qu’il est possible de compenser. Contraste encore au niveau des moyens humains. Si à Bruxelles, la stabilité desemplois a permis de développer l’aspect qualitatif de l’action via notamment les ambassadeurs culturels ; en Wallonie, le manque de moyens humains (il manque plus de neuf emploistemps plein), se traduit par une croissance inégale et insuffisante des cellules régionales. Or, on constate que les cellules qui disposent d’un emploi temps plein sedéveloppent plus rapidement et plus efficacement. »

01-08-2005 Alter Échos n° 140

Depuis 1999, le projet « Article 27 »1 permet aux plus démunis d’accéder aux spectacles en ne payant qu’une quote-part minimale. Nous avons souvent parlé de cetteinitiative dans Alter Echos. Aujourd’hui, l’asbl tire la sonnette d’alarme : faute de subsides supplémentaires, elle ne peut plus faire face à la demande sans cesse grandissante. Depuis2000, l’association est soutenue par les autorités publiques. Si au départ, elle n’était soutenue que par la seule Région bruxelloise (via la Commission communautairefrançaise), aujourd’hui, par l’intermédiaire d’un contrat-programme, les subventions émanent également de la Communauté française. Soit pour 2003, un totalde 445.000 euros à répartir entre l’antenne bruxelloise et les dix autres antennes créées en Région wallonne, un budget largement insuffisant au regard de lademande… « Article 27 a vécu une année 2002 contrastée selon qu’on se trouve en Wallonie ou à Bruxelles, explique Laurence Adam, responsable de l’antennebruxelloise. En effet, la croissance a continué en Région wallonne où les tickets utilisés sont passés du simple au double, où deux nouvelles cellules ontété créées à Huy et Verviers, où nous avons obtenu un emploi Plan Rosetta en janvier et 2 postes PRIME en fin d’année et où les cellulesrégionales se sont étendues. Néanmoins les moyens financiers de l’asbl n’ont pas augmenté dans les mêmes proportions et il a fallu réduirel’utilisation des tickets à Bruxelles, conséquences : interruption de partenariats, pas de tickets en juillet et août, 50 associations en attente de conventionnement.Actuel-lement, la demande de places est proche du double de ce qu’il est possible de compenser. Contraste encore au niveau des moyens humains. Si à Bruxelles, la stabilité desemplois a permis de développer l’aspect qualitatif de l’action via notamment les ambassadeurs culturels ; en Wallonie, le manque de moyens humains (il manque plus de neuf emploistemps plein), se traduit par une croissance inégale et insuffisante des cellules régionales. Or, on constate que les cellules qui disposent d’un emploi temps plein sedéveloppent plus rapidement et plus efficacement. »

Croissance et conséquences

La croissance annoncée d’Article 27/Bruxelles aurait pu s’effectuer avec une augmentation substantielle des subventions. En mars 2002, une analyse de l’utilisation destickets2 avait permis de projeter une utilisation d’au moins 42.000 tickets pour l’année entière. « Sans la certitude d’obtenir des moyens financierssupplémentaires, il nous a été impossible d’encourager une telle utilisation, regrette Laurence Adam. Nous avons au contraire été contraints d’agir surdifférents axes pour limiter tout débordement financier excessif :

> Restreindre le nombre de tickets à recevoir par personne (1 ticket maximum par mois au lieu de 4)

> Refuser de conventionner de nouvelles associations alors que leurs propositions de partenariats correspondaient à nos critères de conventionnement

> Mettre en place un règlement organisant les « ayants droits » au sein des missions locales

> Rechercher des manifestations accessibles à bas tarif à diffuser dans le programme. »

Les balises qui avaient été mises en place se sont révélées insuffisantes. D’une part, la sensibilisation à Article 27 effectuée par lestravailleurs sociaux et les ambassadeurs depuis 99, le désir d’intégrer la vie culturelle, le bouche-à-oreille, la qualité des spectacles proposés,…ont créé un besoin d’une partie du public potentiel. D’autre part, la diminution de la distribution des tickets (en regard de la demande) a engendré une croissance dupourcentage d’utilisation de 10 %. À la suite des premières restrictions, il a été décidé de suspendre l’utilisation des tickets en juillet et enaoût.

Après mars 2002, le maigre nombre de tickets distribués a amené les travailleurs sociaux à choisir entre :

> l’organisation d’une sortie mensuelle voire bimensuelle en groupe

> la diffusion des tickets de manière individuelle auprès d’un public connaissant déjà Article 27 … en abandonnant du même coup toutesensibilisation auprès de nouveaux publics

Certains travailleurs sociaux ont refusé de choisir. Ils n’ont pas accepté les tickets, soulignant la quantité insuffisante reçue pour effectuer tout travail dedémocratisation culturelle.3

Article 27 en chiffres

Au 31 décembre 2002, Article 27 comptait :

> 433 partenaires sociaux dont 330 en Wallonie et 103 à Bruxelles

contre un total de 373 en 2001

> 262 partenaires culturels dont 177 en Wallonie et 85 à Bruxelles

contre un total de 222 en 2001

> 81.079 tickets distribués dont 36.004 en Wallonie et 45.075 à Bruxelles

contre un total de 71.543 en 2001

> 37.535 tickets utilisés dont 13.914 en Wallonie et 23.621 à Bruxelles contre un total de 34.238 en 2001

> Soit un pourcentage moyen d’utilisation de 46,3 % qui correspond à un taux d’utilisation de 39 % en Wallonie et de 52 % à Bruxelles contre un total de 42% en2001.

Les subsides

En 2002, la Cocof / Culture, la Cocof/ Maison d’accueil & Casu, la Cocom/CPAS ont augmenté leurs subventions pour un montant global de 575.000 FB. « Nous avons converti cessubventions en places supplémentaires en Région bruxelloise, poursuit Laurence Adam. Néanmoins, parce que Article 27 a rééquilibré les subventions enprovenance de la Communauté française Wallonie-Bruxelles vers les deux Régions en fonction de la croissance de l’activité en Région wallonne, nous avonsdisposé d’un montant inférieur pour le remboursement des places en regard de l’année 2001 : le montant correspondant au remboursement de places s’élevaiten 2001 à 108.301 euros pour 25.186 places, en 2002 à 97.583 pour 22.700 places4. Sans augmentation en 2003, il s’élèvera à 75.677 euros, pour 19.500places… »

La solution ? « Un budget multiplié par deux… mais on sait que ce n’est pas réaliste, répond lucide, Laurence Adam. Ce que nous espérons surtout c’est que lefinancement de la Communauté française (via les deux ministres Miller et Demotte) pour le contrat-programme 2004-2007, qui devra bientôt être renégocié, soitdoublé pour 2007. Il s’agit de savoir si on veut vraiment favoriser l’accessibilité culturelle au niveau politique. »

Ce 11 avril, les responsables de l’asbl sont allés plaider leur cause lors d’une conférence interministérielle qui rassemblait les différents niveaux de pouvoirrégionaux et communautaires. Des ministres qui ont semblent-ils prêté une oreille attentive aux doléances de l’association et auraient promis de faire ce qu’ils peuvent,dans la mesure de leurs moyens bien sûr…

1. Article 27 asbl, rue de Lisbonne, 31 à 1060 Bruxelles, tél. : 02 646 30 28.

2. En janvier et février, 7000 tickets ont été échangés auprès des partenaires culturels, soit pour un an : 42.000 tickets.
3. Pour fonctionner de manière réaliste – avec un ticket par personne et par mois tout en effectuant un travail de sensibilisation-, le nombre total de tickets qui devraient êtreutilisés annuellement serait de 58.500. D’après les réponses de 69 associations (67 %) en date du 20 janvier 2003, 38.000 tickets devraient être nécessaires.Sur base de ces chiffres, on peut postuler le nombre de 58 500 tickets pour l’ensemble des partenaires sociaux.
4. Coût moyen estimé de la place : 4,3 euros

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